Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie

Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Je voudrais, à travers la présente lettre ouverte, vous livrer mes perplexités, d’une part, face à ce qui apparaît déjà aux yeux des plus alarmistes d’entre nous comme une dérive autoritaire et, d’autre part, eu égard à votre promesse non satisfaite à ce jour.

Excellence, les citoyens mauritaniens vous ont élu sur la foi et la sincérité d’un programme politique dont vous n’avez pas respecté les engagements et auquel vous avez maintes fois tourné le dos depuis votre élection 2009.

Monsieur le Président, aujourd’hui vous vous présentez une nouvelle fois au suffrage du peuple mauritanien et vous menez une campagne reposant sur une double imposture : la promesse d’une nouvelle rupture et l’oubli de votre bilan.

Bien plus, vous utilisez les services de l’État au bénéfice de votre campagne et vous n’hésitez pas à exploiter les événements politiques, économiques et sociaux à des fins électoralistes et avec le soutien de nombreux médias qui propagent une insidieuse politique de la peur sur laquelle vous espérer bâtir une popularité.

Aveuglé par votre hyper présidence et votre conduite autoritaire des affaires de l’Etat, vous avez dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement.

Excellence
, en refusant obstinément de vous mettre à l’écoute des citoyens, en méprisant le peuple et les institutions, vous avez délité les liens sociaux et provoqué une crise démocratique et institutionnelle sans précédent dont vous portez l’entière responsabilité.

Responsabilité encore aggravée par le choix de la provoquer en une période de grave crise économique et financière que vit notre pays depuis votre accession au pouvoir, crise que vous exploitez et que votre politique alimente en choisissant d’accabler les plus pauvres et en ne cessant d’enrichir la classe des mauritaniens les plus aisés. En cinq années d’exercice de votre pouvoir, vos gouvernements ont considérablement aggravé les inégalités sociales et économiques.

Monsieur le Président, il est grand temps que vous écoutiez votre peuple, ce peuple qui a voté pour vous et doit retourner dans les urnes pour une nouvelle élection certes gagnée d’avance, mais sa carte compte.

Saviez-vous que Barack Obama dirige le pays le plus puissant au Monde, et prend le plus grand soin d’écouter ses conseillers peu importe leur domaine, ne prend jamais seul une décision sans l’avis de ces derniers, saviez-vous que le Sénégal n’ayant aucune richesse a pu se faire une très belle carte pour les investisseurs (de part les infrastructures etc…)

Comment notre pays, la Mauritanie riche en sous-sol, a la population la plus pauvre du continent Monsieur le Président?

Monsieur le Président, vous êtes ambitieux, à voir vos projets fantomatiques, Chami, Zone franche, on concrétise que vous êtes encore un rêveur éveillé, mais je vous prie de bien vouloir réviser le codes des investissements, codes pénal et celui des impôts si vous souhaitez vraiment voir des investisseurs atterrir dans le pays comme au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou bien au Maroc.

A la veille des élections, le peuple se prépare à écouter encore vos fameuses promesses électorales, sachant que l’on veille ou pas vous seriez réélu et je pense que cette fois-ci, Monsieur le Président vous direz :

« Oh citoyens, citoyennes, Je vous promets qu’il n’y aura plus de malades, plus de chômeurs, plus d’analphabète, plus de crime et enfin tout le peuple sera riche » Mohamed Ould Abdel Aziz. (Le candidat de tous les espoirs).

Monsieur le Président, vous vivez dans un monde illusionniste fait de vos rêves mal nourris et nourris par les rêves flatteurs de courtisans qui courent le long de vos cours pour vous caresser dans le sens du poil. Vous vivez dans l’écrasement d’un protocole trop protocolaire.

Monsieur le Président, je vous l’ai dit à plusieurs reprises, écoutez votre peuple, ce peuple qui a eu confiance en vous peu importe l’ethnie, leur aspiration politique, leur couleur, sachez que ce peuple souffre aujourd’hui de tous les maux que vous pouvez imaginer :

L’éducation, la santé, la pauvreté, le chômage, la haine entre nous-mêmes, l’insécurité, l’injustice et surtout ce fameux recensement à but d’éliminer une composante gênante, etc… (il vous suffit de parcourir la ville et de faire le constat vous-même sans s’attendre aux mensonges de vos soi-disant conseillers).

Monsieur le Président, ce peuple s’en fout des querelles avec l’opposition, ou de votre cheval de bataille qui est la Gabegie, ce pauvre peuple cherche à ce que vous le dites quelles sont les techniques que vous comptez lui proposer pour trouver un emploi, se loger, se soigner, s’éduquer, faire son recensement sans distinction et surtout accéder aux denrées alimentaires.

Vous vivez non seulement hors du peuple qui vous applaudit, mais aussi hors du groupe de flatteurs que vous constituez.

Excellence Monsieur le Président,
vous vivez malgré vous dans l’illusion, dans les rêves. Vous vous contentez presque trop du chant mielleux des corbeaux que vous payez au frais de l’État. Ils sapent votre vision et annihilent votre visibilité. Ces corbeaux ruinent vos projets et vos aspirations les plus justes pour vos pays.

Et tout cela à cause de vous-mêmes monsieur le Président. Oui, vous manquez d’humilité. Le pouvoir d’un Président est si fort que déjà tout le monde le craint. Pourquoi en rajouter ?

Monsieur le Président, savez-vous que vos collaborateurs ont peur de vous parler ?

Savez-vous qu’ils ont peur de vous dire autre chose que ce que vous voulez entendre ?

Savez-vous qu’ils sont obligés de faire des montages pour vous contenter ?

Monsieur le Président
, descendez au milieu des vôtres, descendez au milieu de vos collaborateurs, descendez au milieu du peuple ; c’est une injonction de la raison, une recommandation fraternelle, un cri du cœur, et ma part pour le développement de la MAURITANIE NOUVELLE qui m’est si chère.

Monsieur le Président, savez-vous ce que disent de vous vos propres ministres quand ils doivent, presque que comme tout le monde, demandez audience, dans les mêmes conditions que nous, avant de vous voir ? Ou quand ils attendent longtemps le long des longs couloirs avant de vous voir ? Vos propres plus proches collaborateurs vous diront : c’est cela la sécurité ; Mais sachez juste qu’ils vous conditionnent mieux, pour mieux vous mentir.

Monsieur le Président,
je vous le demande derechef, descendez au milieu des vôtres, descendez au milieu de vos collaborateurs, descendez au milieu du peuple ; c’est une injonction de la raison d’État.

Monsieur le Président
, avez-vous jamais entendu cette anecdote ? Moi je vous la conte.

« Un Président Africain (votre semblable) demanda à son cuisinier de lui faire de l’omelette et attendait pour la consommer. L’attente devint longue et presque vaine. Le cuisinier tournait en rond. Un collaborateur extérieur, honnête du Président lui rendit visite, et lui dit sans appel et sans fard : Monsieur le Président, savez-vous qu’il n’y a pas de pain dans votre pays ? La consternation du Président fut grande ». Imaginez la suite.

Il manque du pain dans son pays qu’il aime, ce pays à qui il a voué une partie de sa vie, et lui n’a pas été informé. Même le cuisinier le tourne en bourrique au lieu de lui dire la vérité.

Monsieur le Président
, où vous situez-vous par rapport à cette anecdote ?

C’était ma part de réflexion pour le développement de la MAURITANIE NOUVELLE.

Merci de faire parvenir ce courrier à Son Excellence monsieur le Président sans protocole.

Diabira Elimane

Source : Diabira Elimane

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