L’exemple tunisien..Ou, les acteurs providentiels!

Haiba1Sans doute, la société civile tunisienne a relevé le challenge de la différence et réussi à s’élever au dessus des querelles insidieuses de partis politiques obnubilés par le pouvoir.

Un quartette bien issu de celle-ci, voyant le pays – à peine sorti vainqueur, d’un bras de fer inédit avec une dictature solidement ancrée – sombrer dans une nouvelle épreuve fâcheuse qui peut conduire au désastre, s’est épaulé dans un élan solidaire sans précédent pour amener autour de la table les parties en conflit à concéder et admettre des concessions salutaires et apaisantes.

Un tour de bras inattendu qui a scellé les ententes et sauvé une démocratie arraché au terme d’un printemps chauds et dramatique. Voilà pour l’histoire, mais qu’en est-il de la réalité des choses riche en enseignements sur la conduite par ce quartette d’un processus original de rapprochement de parties divergentes et contradictoires en discours, en vision et approches de gouvernance d’une part, et du déroulement d’un dialogue périlleux sans véritable terrain d’entente idéologique probable et que tout montrait en conséquence impossible?

Cet exercice inédit visait par une grande volonté à contribuer à la construction du pluralisme et de la démocratie en Tunisie avec l’éveil de la révolution du jasmin de 2011″; Exercice et contribution qui ont aussi valu l’attribution, haut la main, au quartette du dialogue national tunisien Le prix Nobel de la paix 2015.

A l’origine d’une telle volonté il y a un patriotisme qui ne reconnait pas les divergences prônées et véhiculées par les dogmes rigides des doctrines et des idéologies qui forgent et balisent les profils politiques des uns face aux autres coupant ainsi tous ponts de rencontres et d’échanges.

C’est en effet le quartette composé de l’UGTT, un syndicat historique en Tunisie et fer de lance pour son indépendance, du patronat (Utica), de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et de l’Ordre des avocats, qui a organisé un long et difficile « dialogue national » entre les islamistes et leurs opposants, les obligeant à son terme à s’entendre pour sortir d’une paralysie institutionnelle.

N’est-ce pas qu’ici en Mauritanie, l’on a urgemment besoin d’une tendance neutre, une troisième voie, soucieuse de préserver la cohésion d’un pays fortement ébranlée depuis l’indépendance, sa gouvernance toujours amoindrie et instable, aux mains de tendances rebelles et iconoclastes, solidement ancrées dans les entendements passéistes indétrônables qui consacrent impunément le tribalisme, les prétentions et les préjugés de castes.

Les acteurs de cette tendance neutre et engagée ne peuvent que provenir de la société civile qui, par définition n’ayant pas de compte à rendre aux gouvernements, se trouve bien en bonne posture pour arborer la casquette du médiateur et prêcheur de l’entente et de l’accord.

Or, la société civile en Mauritanie bien truffée d’organisations en tous genres et de multiples orientations, qui épousent toutes les domaines et activités, n’est pourtant pas prête, de par son mercantilisme voyant doublée de sa léthargie patente, à cet exercice patriote et fortement souhaité en ce tournant exceptionnel de l’histoire du pays.

La raison en est que ses locataires sont simplement beaucoup plus orientés dans leurs démarches vaseuses vers l’action politique occulte bien plus que ceux des partis eux-mêmes avec lesquels d’ailleurs ils composent fort bien et régulent ensemble les hauts et les bas, les tenants et aboutissants d’un paysage politique morne, accidenté et semé d’embuches.

Qui sait? Peut-être qu’un jour l’exemple tunisien va inspirer des acteurs providentiels.

 Par El Wely Sidi Haiba

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