L’horreur, comme fin

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C’est en Algérie que l’État islamique a trouvé l’écho le plus prompt à son appel. Rien d’inédit dans la barbarie, si ce n’est que l’État islamique a inspiré un surplus d’horreur, à travers la sauvagerie sans nom de l’exécution de ses victimes.

L’islamisme, dans la version aujourd’hui dominante de son expression violente, a atteint ses sommets de “déshumanité”. Il n’est plus un projet, puisque sa doctrine ne lui donne plus aucune chance de cohabiter avec l’humanité ; il est devenu l’expression, à la fois meurtrière et suicidaire, de l’inhumanité.

Cela fait quelque trois décennies que l’islamisme, fort de ses “succès” en Afghanistan, mène une guerre sans merci, usant pour cela de méthodes les plus abjectes, contre le genre humain. Ayant à son actif l’exécution de personnes et de groupes de personnes de tout sexe, de tout âge, de toute condition, de toute religion, de toute couleur, de toute nationalité, de toute profession. Il n’y a pas une catégorie d’hommes ayant échappé à la criminelle pulsion de “ses soldats”.

Depuis plus de vingt ans qu’il y sévit, c’est en Algérie que le terrorisme islamiste a déployé le plus gros de ses capacités de nuisance. Depuis longtemps, la lutte des forces de sécurité et la résistance citoyenne, même contrariées par l’effet démobilisateur de la mystificatrice “réconciliation nationale”, ont réduit et minimisé les possibilités destructrices des groupes armés successifs de l’AIS, du GIA, du GSPC, de l’Aqmi…

L’avènement de l’EI offre l’occasion au terrorisme islamiste en Algérie de relancer la promotion sanglante dont il raffole et qui lui manquait depuis que la lutte armée et le rejet populaire l’ont affaibli. Sur le plan opérationnel, l’argent des royaumes et émirats sponsors, voire l’argent du pétrole d’Irak qu’il brade, a donné à l’EI une attractivité, qu’Al-Qaïda, en difficulté militaire et financière, avait commencé à perdre. Sur le plan idéologique, l’islamisme dispose toujours de cette facilité d’action que lui permet le distinguo suicidaire qui s’est universellement immiscé entre la doctrine et sa mise en œuvre. À chaque fois que le terrorisme est militairement battu, sa matrice idéologique continue à entretenir les conditions mentales et culturelles de sa régénération. On lui a même inventé une gradation qui présente un projet par nature totalitaire dans des versions molles ou dures qu’on décline au gré des contextes politiques locaux.

Hervé Gourdel a été assassiné parce qu’il était Français. Mais il compte désormais parmi nos martyrs. Si rien de profond pour la préservation de la société n’est entrepris, le lâche et odieux assassinat sera le point de départ d’une résurrection terroriste dans le pays. On observe déjà, depuis l’enlèvement du touriste français, et aux premières nouvelles de son exécution, que les “forces politiques” ne se sont pas bousculées pour clamer leur condamnation de ce crime de plus. La plus préoccupée d’entre nos élites politiques des questions de sécurité nationale, Louisa Hanoune, reste murée dans son silence. Elle, qui voit partout la menace extérieure des soldats américains sur le point de nous envahir, pense, peut-être, que l’EI n’est pas “une menace extérieure” !

Le mirage de la “réconciliation nationale” ne peut plus continuer à cohabiter avec la réalité d’un terrorisme, dont l’horreur n’est visiblement plus un moyen, mais une fin.

M. H.

 

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