Libérez Biram: l’UNPO accueille avec enthousiasme l’annonce de la résolution du Parlement Européen sur les activistes et l’esclavage en Mauritanie

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Les efforts de l’UNPO auprès des institutions de l’UE, au nom de Biram et de ses compagnons activistes du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie qui restent emprisonnés à ce jour, se sont avérés fructueux cette semaine lorsque la Conférence des Présidents du Parlement Européen a confirmé qu’une résolution urgente sur la Mauritanie – et en particulier sur le cas de Biram Dah Abeid – sera soumise à un vote jeudi prochain, le 18 décembre, lors de la session plénière à Strasbourg.

Cette information, exactement un mois après l’arrestation de Mr. Abeid et ses collègues lors d’une manifestation pacifique dans la ville de Chgara, est l’aboutissement de semaines de lobbying, qui ont aussi permis la soumission d’une question parlementaire prioritaire par les députés européens Charles Tannock et Mark Demesmaeker à Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’une campagne de l’UNPO qui a rassemblé les signatures de nombreux députés européens.

Cette semaine, l’UNPO était censé accueillir Biram Dah Abeid pour coordonner ses meetings avec plusieurs législateurs européens. En son absence deux de ses associés, le président européen de l’IRA-Mauritanie Abidine Merzough et le coordinateur européen du parti mauritanien contre l’esclavage (APP) Baba Jiddou, se sont rendus à Bruxelles du 8 au 10 décembre afin de présenter les dernières informations aux législateurs sur la situation de l’esclavage en Mauritanie, ainsi que la répression récente de la société civile et des partis d’opposition par le gouvernement mauritanien, en particulier contre le mouvement abolitionniste. La délégation a rencontré de nombreux députés européens, des fonctionnaires de la Commission et des organisations de la société civile, qui se sont tous engagés à aider la cause abolitionniste. A l’occasion de leur visite, l’IRA-Mauritanie en Belgique a organisé une manifestation réduite devant le Parlement Européen appelant à la libération des activistes emprisonnés.

Biram Dah Abeid, lauréat du Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies 2013 et candidat aux élections présidentielles mauritaniennes en 2014, a été arrêté ainsi que 7 autres activistes le 11 novembre 2014 lors d’une manifestation pacifique en faveur de l’éradication de l’esclavage en Mauritanie. Quelques jours avant et après cette date, les autorités mauritaniennes ont arrêté 9 autres membres éminents du mouvement anti-esclavage – menant à un total de 17 personnes emprisonnées – et ont fermé les bureaux de l’IRA.

Mr. Abeid a été accusé d’incitation à la violence, de trouble a l’ordre public, d’être membre d’une organisation non-enregistrée et d’outrage à un représentant de l’autorité. Le 20 novembre 2014 il s’est présenté au tribunal, qui lui a refusé la libération sous caution. Notre délégation a répété les allégations que certains des activistes emprisonnés ont été soumis à la torture.

Manifestants à l’extérieur du Parlement Européen, demandant la libération des activistes anti-esclavage retenus à l’heure actuelle dans les prisons mauritaniennes.

Tandis que la répression se poursuit, le Global Slavery Index a publié ses dernières conclusions il y a un mois, qui ont établi que la Mauritanie avait la plus haute prévalence d’esclavage au monde proportionnellement à sa population. Les esclaves en Mauritanie appartiennent à la communauté Haratin (un membre de l’UNPO), aussi appelés « Maures noirs », et qui représentent entre 40% et 60% de la population mauritanienne. Mr. Merzough et Mr. Jiddou ont réaffirmé que même les esclaves Haratin libérés demeuraient dépendants culturellement, économiquement et psychologiquement de leurs anciens maîtres, et que l’approche du gouvernement mauritanien à cette crise reste profondément inadéquate, donnant de fait la priorité aux droits des esclavagistes sur ceux des esclaves actuels ou libérés.

La délégation a aussi insisté sur les conséquences géopolitiques potentielles de l’inaction contre l’esclavage, alors que la marginalisation basée sur la race et sur la caste – et même la déshumanisation – de la population Haratin pourrait déstabiliser la Mauritanie, qui représente un Etat d’Afrique du Nord et partenaire européen stratégique.

Personne – et en particulier nos partenaires Haratin – n’a le moindre doute sur l’ampleur de la tâche que représente l’abolition de l’esclavage en Mauritanie. Les élites dépendent de la subjugation raciale des Haratins pour maintenir leur propre pouvoir social, politique et religieux, et l’esclavagisme est bel et bien présent dans l’ensemble de  la classe politique et judiciaire – en d’autres termes, celle-là même qui s’est engagée a mettre fin à cette pratique.

Toutefois, l’UNPO croit fermement que la pression du Parlement Européen, ainsi que du Conseil Européen et du Service Européen pour l’Action Extérieure, représentent un levier d’influence majeur. Notre priorité est la libération de Biram Dah Abeid et de ses collègues – mais nous continuerons de soutenir nos partenaires Haratin dans leur campagne pour une abolition complète et pérenne de l’esclavage, et de travailler pour rassembler autant d’alliés que possible dans la communauté internationale.

L’UE dispose de plusieurs instruments pour faire pression sur le gouvernement mauritanien à travers des accords bilatéraux, dont le protocole sur la pêche qui a récemment été renégocié, ainsi que des documents de politique extérieure comme la stratégie de l’UE pour le Sahel.  Nous croyons que les droits de l’homme – et en particulier l’abolition de l’esclavage – doivent être au premier plan du dialogue UE-Mauritanie.

Ainsi, nous nous réjouissons avec nos partenaires Haratin des questions parlementaires prioritaires et de la résolution urgente à Strasbourg – mais cela ne doit être que le commencement.

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