Liberia : une réforme de l’OMS attendue après sa gestion d’Ebola

LiberiaLe Liberia a annoncé officiellement la fin de l’épidémie d’Ebola, le samedi 9 mai, 42 jours après l’enterrement de la dernière victime du virus, soit deux cycles d’incubation complets. Le pays attendait ce jour depuis plus d’un an. Ce succès est le fruit d’une mobilisation sans précédent des Libériens mais aussi de la communauté internationale, même si l’appui extérieur – et en particulier celui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – a été très critiqué. L’OMS a notamment été fustigée pour sa lenteur.

C’est seulement le 8 août 2014 que l’OMS a décrété l’épidémie d’Ebola « Urgence de santé publique internationale ». Beaucoup trop tard. Quasi seule sur le terrain, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) appelait déjà à l’aide et déclarait le virus hors de contrôle. « Trop bureaucratique, trop politisée, trop lente », les critiques contre l’OMS ont vite fusé.

Le 26 janvier, l’organisation a fait son mea culpa et sa directrice générale, Margaret Chan, a appelé à une réforme qui sera discutée le 18 mai lors de son assemblée annuelle. Le professeur Lawrence Gostin, de l’institut O’neil, vient d’écrire un rapport critique sur cette affaire. Il attend des mesures fortes.

« Ebola nous a appris que le monde n’était pas près pour la prochaine pandémie. Nous sommes à un tournant. Si après cette crise, nous ne renforçons pas les capacités de l’OMS, elle pourrait perdre la confiance de la population et des gouvernements. Aujourd’hui, la sécurité mondiale est fragile et, si nous n’agissons pas, nous serons vulnérables face à une menace sanitaire beaucoup plus importante », a-t-il déclaré à RFI.

L’institut O’Neil demande un doublement du budget de l’OMS d’ici cinq ans et une plus grande indépendance financière, la création d’un fonds d’urgence ou encore de bureaux régionaux.

« Nous aussi, nous essayons de comprendre ce qui s’est passé. Un audit indépendant est en cours. Notre bureau exécutif a demandé la création d’une structure pour les réponses d’urgence. C’est en cours. Nous cherchons à augmenter notre indépendance budgétaire. Donc leurs recommandations sont proches de ce que nous souhaitons et nous sommes en train de les mettre en place », a pour sa part déclaré Margaret Harris, porte-parole de l’OMS.

Reste à savoir si les gouvernements qui contrôlent l’OMS accepteront que l’organisation gagne en indépendance.

Source: RFI

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