Ligne rouge : Dites la vérité au président Biram Ould Dah Ould Abeid

Cissé housseynou biramaCher frère, sans chercher à vous fâcher ou vous transmettre les salutations d’un prophète, je suis tenté de changer le titre de mon article pour écrire en gras : de l’esclave au président.

Rien de grave. Mais, dans un pays comme le nôtre où tout est sujet à débattre, la prudence devient une règle d’or. La polémique n’étant pas de ma nature, je me méfie toujours des titres gazeux comme la fois où j’avais vraiment envie de titrer du mécanicien au président. L’actualité de ce début d’année est très riche en couleur et y consacrer une analyse serait surement une bonne chose.

Beaucoup de choses à dire sur la démission du premier ministre, sa reconduction, la composition du gouvernement, la nomination du président Aziz à la tête de L’Union Africaine, la nouvelle configuration politique faisant désormais des islamistes la première force d’opposition, le boycott des élections, l’opposition de salon, l’avenir de notre jeunesse et encore et encore.

Mais, je n’y piper mot, car le peuple mérite plus que la fantaisie de nos dirigeants et il est sous le choc du tintamarre qui caractérisent ce qui est convenu d’appeler par mépris « l’affaire du forgeron ».

Ecœuré par ce qui fut le quotidien de mon peuple durant toute l’année 2013, J’ai voulu passer le début de cette année très loin de ma plume. Malheureusement, vous me gâtez le repos par la proclamation de votre candidature. Pour certain le masque du diable vient de tomber et vous venez de dévoiler votre ambition plutôt politicienne que Droit de l’Hommiste.

Rassurez-vous, vous êtes dans votre droit de vivre votre rêve et dans votre devoir de chercher à parfaire les choses. Vous avez le mérite d’avoir osé. Mais, mérite seulement ne suffira dans cet immense désert des mille contradictions, de l’ethnocentrisme, du tribalisme, du raciste, du favoritisme, des coups bas et l’opportunisme

Vous ne vous appartenez plus, vous devenez nôtre. Vous cherchez vos voix et notre pays. Donc il n’est plus question d’un combat ou d’une lutte comme vous en avez l’habitude. Il est plutôt question d’une conquête avec tout ce que ce mot peut signifier. Devenir président, pourquoi pas ? Essayez sans y parvenir reste aussi possible. De toute façon, sans oser vous n’aurez qu’une réponse de principe: jamais vous ne serez président. Mais, en essayant peut être vous aurez la chance de le devenir.

On a rêvé avec Messoud et seul Dieu sait de quelles belles manières. Daddah, Ould Mawloud, Sarr et d’autres y croyaient mais, on ne peut forcer le destin à changer son paradigme. Aziz lui-même ne pouvait se voir président il y a une décennie et encore moins diriger L’Union Africaine. Permettez-moi, au passage, de m’en réjouir. Outre la nature et le caractère de l’homme, l’histoire retiendra qu’un Mauritanien a dirigé cette noble institution. Le bien fondé ou non de cette nomination est un autre débat.

Alors, foncez et foncez sans baisser la tête, car nous sommes dans la très et très particulière du kimar. Agissez en esclave pour nous servir et oubliez votre ego. Vous ne pouvez agir en soldat ou en guide. Vous êtes Biram et un point. Les prix et toutes les acclamations du monde ne doivent vous faire oublier votre modeste personne et votre personnage d’homme politique.

Des élections se gagnent par les cartes. Ces dernières s’obtiennent par la conviction et l’image que l’on se fera de vous. Ne rêvez pas trop. Sans parler du président Aziz qui est un adversaire de taille, les islamistes du tawassoul restent une force avec laquelle il faudra s’y faire.

Le pays n’est pas Harratins, ni Poulaars ni Wolofs, ni Sonikés ou Maures. C’est un menu de chacune de ces ethnies. Dans ce mélange figurent des traitres, des féodaux, des canalisés, des entêtés, des égoïstes, des bavards, des hâbleurs, des fanatiques, des nationalistes, des je m’en foutistes et j’en passe.

Les FLAM, TPN, les Haratins, les Poulaars, les Wolofs, les Soninkés et Maures, personne n’est acquise d’avance. Il faut vous mettre au travail et avoir un esprit de dépassement et un discours de rassemblement. La question de taille reste l’acceptation de votre candidature. Mais, en attendant, permettez-moi de renouveler mes meilleurs vœux à mon peuple.

Cissé housseynou birama
L’avocat du peuple

Source : Cisse Housseynou

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