Ligne Rouge: Et si je disais toute la vérité au président Aziz ?

Cissé Housseynou Birama

Mon très cher président, je salue votre dynamisme, votre courage, votre détermination et votre volonté de vous mettre au service de la Mauritanie, en tant que président pour quelques années encore et comme citoyen à la fin de votre mandat. 

Je m’exprime ainsi, car je suis de ceux qui ont l’ultime conviction que vous partirez même sous les larmes destructrices de certains des collaborateurs. Vous êtes venu en sauveur contre la dictature et le génocide de dé-négrification, donc vous repartirez par la grande porte en respectant le jeu démocratique. J’en suis convaincu. Vous venez de débuter votre second mandat, nous aurons donc le temps d’y revenir plus largement.

Dieu vous a tout offert (hamdoulillah). L’argent, la gloire, le pouvoir, la célébrité et la noble mission de rentrer dans l’histoire comme acteur. Rien et personne ne vous prédestinait à cette consécration, au-delà même de nos frontières. Qu’on le dise ou non, vous avez pris votre avion pour l’Ile des grands hommes de notre planète et marquerez ce pays à jamais. Et c’est tout à votre honneur.

Je ne vous parlerai point de la caravane, ni d’Inal, ni de l’opposition, ni de la candidature internationale des concitoyens qui méritent tous les regards et le soutien du peuple, ni de l’esclavage, ni du racisme, ni de politique, ni de religion, ni d’éducation, ni de la participation des jeunes à la marche du pays, ni de la discrimination, ni du favoritisme, ni des réfugiés, ni du passif, ni de vos louables réalisations, ni de notre système éducatif, ni d’augmentation de salaire, ni de la cherté de la vie, ni du triste quotidien de nos citoyens, ni de la politisation de notre administration, ni de la répartition des richesses, ni de la folie de diviser notre pays ou je ne sais quoi encore. 

Je ne dirai point, car vous le savez mieux que moi. Je vous épargne volontiers de tout.

Je ne vous parlerai ni en noir, ni en blanc, ni en homme, ni en femme, ni en allié, ni en opposant, ni en politicien, mais en Mauritanien soucieux de la Mauritanie de demain. Je ne serai surement plus de ce monde et vous aussi. L’histoire a plus de clémence pour les inconnus que pour les hommes de votre trempe. Nous avons tous un devoir et une obligation pour le devenir de notre nation hypothéquée par son passé, pris en otage par son présent et au futur sombre.

Nous ne sommes ni l’Egypte, ni l’Afrique du Sud, ni le Soudan, ni la Tunisie, ni leBurkina. Nous sommes la Mauritanie. Nous sommes le pays de blancs et de noirs, de traitres et de trahis, de savants et d’ignorants, de coupables et de victimes, d’esclavagistes et d’esclaves, de politichiens et de politiciens. Nous sommes ce que nous sommes dans notre grand ensemble. Nous sommes ce beau pays rempli de musulmans hypocrites et d’opportunistes sans vergogne. Mais, nous sommes aussi ce beau peuple d’hommes honnêtes et intègres qui travaillent farouchement pour laisser une Mauritanie de rêve aux enfants Mauritaniens. 

Je ne me porterai jamais accusateur à l’égard des blancs pour les regrettables évènements même si la majorité des hommes de couleurs blessés s’appuient impitoyablement sur ce passé honteux. Toute la Mauritanie est victime et les cœurs des Mauritaniens saigneront des années encore. Le mal sera plus grand si nous vivons constamment avec le souvenir. Combien c’est triste et injuste de vouloir tenir tout un ensemble responsable de la folie « génocidaire » de nos hommes de pouvoir.

Je ne vous demanderai nullement de favoriser une quelconque catégorie du peuple au détriment de l’autre pour un quelconque « équilibrisme ». Je vous demanderai juste d’agir et de faire agir pour que nos enfants puissent servir ensemble leur pays dans un Etat de justice et de Droit qui garantissent l’égalité de tous les enfants.

Vous avez l’obligation, le devoir et la responsabilité de l’inévitable destin de notre pays. Osez vous placer loin des cercles politiques, des appartenances ethniques ou tribales, loin des charognards d’extrémistes « arabophiles » ou « négrophiles ». Restez le père pour tous les enfants du pays, le guide pour tous les fils de ce pays et l’espoir de tout votre peuple. Vous avez la force et le pouvoir de redresser cette nation. Tout dépendra de votre personne et de la Mauritanie que vous comptez laisser à nos enfants. 

Cher président, l’histoire vous observe et le peuple vous attend.

Cissé Housseynou Birama
L’avocat du peuple 

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