Ligne rouge: Monsieur le président allez-vous-en

allez-vousJe ne suis pas de ces troupeaux belliqueux, sans foi ni principe qui veut à tout prix vous maintenir au pouvoir pour les privilèges qu’ils tirent malhonnêtement de votre régime.
Ils ne vous aiment pas et n’ont aucun respect pour votre personne. Ils vous applaudissent et font semblant de vous craindre pour continuer à vous sucer et se remplir aisément au détriment du peuple qu’ils considèrent comme un objet sans âme.
Que vous finissez comme Kadhafi ou Gandhi les importent peu. A leurs yeux vous êtes qu’une carte qu’il faut jouer et attendre sagement la finalité du jeu. Que le pays brille ou que vous finissez dans un trou comme un minable Saddam Hussein ou dans une cave comme un infréquentable Hosni Moubarak ne les empêcheraient nullement de dormir et de pactiser à nouveau avec le nouveau demi dieu qu’ils applaudiront en lui murmurant qu’il est l’unique Mauritanien patriote et valable. Je pleure encore l’hypocrisie qu’ils montraient à vos prédécesseurs.
Jouant sur l’orgueil et la sensibilité des hommes, ces montres peuvent faire croire à un coq qu’il vaut un lion en force et un éléphant en poids. Ils ne sont pas des associés de Satan, mais Satan en personne.
Ces parvenus ou devenus qui hier grattaient les carreaux ne veulent pas troquer les maisons climatisées, les bureaux standings, les voitures de luxe, les privilèges pour la stabilité du Pays ou la belle chanson qui nous fera oublier la manière dont vous vous êtes imposé en nous en partant après votre mandant. Allez-vous-en et vous serez parmi les hommes nobles que nous considérerons comme des héros. Nous dirons à vos enfants que vous avez bravé le froid et la chaleur au prix de votre vie pour nous libérer du dictateur Ould Taya.
Nous leur dirons qu’après 14 longues années de pouvoir vous avez choisi de rester parmi les grands hommes exceptionnels de tous les temps. Nous leur dirons que vous avez été un homme de parole et un homme de foi que l’ivresse de l’éternité au pouvoir n’a pas pu atteindre. Nous leur dirons que votre serment fut respecté malgré la farce des faiseurs de dialogue.
Mon cher ami, frère et concitoyen, vous devez vous en aller en honorable homme pour les leçons du futur. Ne tentez pas le coup d’un certain Me Abdoulaye Wade. Vous n’êtes pas un Poutine et c’est pourquoi vous ne devez nullement penser au ticket du vice-président ou à rester sous la casquette d’un premier ministre fort. Libre à vous d’aller vous reposer le temps d’un mandat et de revenir briguer notre suffrage.
En grand homme, nous vous l’offrirons peut être bien. Qui sait ? Allez-vous-en et vous devez vous en aller. Notre pays étant le tampon entre l’Afrique noire et le monde arabe, en s’en allant, vous donnerez une belle leçon montrant que les Africains et maghrébins peuvent aussi écrire de grands chapitres de démocratie. Je vous en prie allez-vous-en monsieur le président. Faites- le pour vous, pour nous et pour votre regretté fils Ahmed qui surement du ciel, regardant son père respecter sa parole et partir en grand homme pourra se tourner vers les regrettésCheikh Oumar et Ahmed Jidou avec un sourire de fierté.
Les possibilités pour vous maintenir au pouvoir ne manquent pas. Je me souviens en juin de l’année dernière, répondant à une question relative à un nouveau mandat, j’avais écrit que même si la possibilité ne fait nullement défaut, nous osons croire que le pays regorge d’hommes pouvant diriger ce peuple et qu’on pourra vous permettra de prendre un repos mérité en 2019 afin d’éviter au pays les conséquences de la volonté de rester au pouvoir par tous les moyens. Aujourd’hui, laissez-moi vous dire que la méthode est mesquine et vous n’en avez pas besoin. Tout est à changer. Le drapeau bandé de rouge ne semble pas convaincant.
L’hymne national en décalage, le nom du pays à résonance discriminatoire, la mauvaise matière de parvenir au pouvoir par les coups de force, la mentalité du peuple, la manière de gouverner, tout est à changer. Mais, le plus urgent est de vous changer en 2019 pour être en adéquation avec l’actuelle Constitution et votre constant serment de musulman. Pour autant de raisons, monsieur le président allez-vous-en et ne suivez pas ceux qui veulent vous maintenir au pouvoir. Je me souviens encore de l’un de nos débats au palais, alors agissez en homme de principes.

Cissé Housseynou Birama
L’avocat du peuple

Source : Cisse Housseynou

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