L’IHEU juge insuffisants les efforts déployés en Mauritanie pour l’éradication de l’esclavage

L’Union Ethique et Humaniste Internationale a critiqué devant le conseil des droits de l’Homme ce qu’elle a qualifié d’échec des autorités michel-godicheau-IHEUnationales à éradiquer le phénomène de l’esclavage, apprend-on samedi d’une intervention du président de cette organisation, Michel Godicheau.

Cette position a été exprimée le 11 juin indiquant que sur les 27 millions de personnes tenus en servilité dans le monde, la Mauritanie recèlerait près de 500.000 personnes en esclavage. Michel Godicheau a fustigé l’attitude des autorités indiquant que malgré les promesses de réformes « il y a peu de preuve de progrès sur le terrain » en termes d’éradication du phénomène.

Nous vous proposons l’intégralité du discours de Michel Godicheau devant le conseil des droits de l’Homme, à Genève.

Monsieur le Président

Environ 27 millions de personnes dans le monde vivent dans des conditions proches de l’esclavage [http://www.spiegel.de/panorama/gesellschaft/us-bericht-zu-menschenhandel-weltweit-leben-27-millionen-in-sklaverei-a-839864.html]. L’esclavage est désormais proscrit et interdit dans le monde entier, mais il perdure néanmoins, car ancré dans les traditions populaires ou religieuses [http://europenews.dk/de/node/58290].

L’esclavage contemporain est définie comme l’absence de liberté personnelle, la menace sur l’intégrité physique et à l’autonomie, l’impossibilité de décider comment et où vous voulez vivre, si vous voulez travailler ou non.

Il y a un peu plus d’un an, à la télévision nationale mauritanienne (le 22.05.2012), le président de l’assemblée nationale mauritanienne a déclaré, je cite: « L’esclavage existe bien en Mauritanie, nous devons le reconnaître et éviter de le nier parce que cela nuirait à son éradication qui doit être l’œuvre de tous. » L’an dernier, le gouvernement mauritanien a annoncé une nouvelle étape en termes de l’abolition de la discrimination [http://haratine.blogspot.ch/2012/05/normal-0-21-false-false-false-fr-x-none.html]. Mais sur le terrain, rien n’a avancé.

Selon les rapports de l’IRA et SOS Esclaves, plus de 500.000 esclaves noirs en Mauritanie, tous membre du groupe ethnique Haratine, et ceci malgré l’abrogation légale, c’est le pourcentage le plus élevé du monde. Mais plutôt que de considérer les groupes anti-esclavage comme des allies dans cette lutte, les autorités mauritaniennes harcèlent leurs promoteurs qui doivent faire face à de fréquentes arrestations.

Les victimes sont né dans l’esclavage et ils sont la propriété de leur Seigneur, souvent déjà dès la naissance. Les esclaves femelles peuvent être abusé sexuellement par leurs propriétaires, les esclaves peuvent être achetés ou vendus. Cette situation n’existe dans un pays que quatre heures par avion depuis ici [http://europenews.dk/de/node/65848].

Nous demandons quelles mesures concrètes le gouvernement entend adopter pour abolir ce « Code Noir » qui date du IXieme siècle, et permettre à tous les Mauritaniens une vie en liberté?

Quand retirera t-on de la circulation ces livres présentés comme scientifiques et conformes à la religion où des érudits prônent l’esclavage et sa pratique? Y aura-t-il un programme économique et social, permettant l’intégration efficace des descendants d’esclaves et des affranchis dans la société mauritanienne? Et enfin, les pays pour lesquels l’esclavage est un combat mémoriel, peuvent-ils définir une démarche proactive dans la lutte mondiale contre ce fléau ?

Source : Mauriweb

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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