l’Insécurité à Nouakchott, les parlementaires et le Ministère de l’Intérieur : Les pouvoirs publics sommés de s’expliquer

le Ministère de l’IntérieurNouakchott vit sous la loi des gangs depuis quelques années. En moins de deux jours, deux meurtres au moins ont été enregistrés, sans compter une suite de vols à mains armées avec association de malfaiteurs dans plusieurs Moughataas, dont la plus spectaculaires est celui du marché de la Capitale, ainsi que plusieurs cas de viols.
Face à la psychose créée par la recrudescence de l’insécurité à Nouakchott, le ministre de l’Intérieur a été sommé de s’expliquer, sur une question orale posée par le député d’Atar, Mahfoudh Ould Jiddou.
C’est la guerre à Nouakchott ! Les bandes de malfaiteurs, de plus en plus nombreuses et de plus en plus sanguinaires, sont passées des armes blanches aux armes à feu et ont décidé de mener la guerre à la société. En face, un Etat timoré qui n’a que des cellules de commissariats de police à offrir et des prisons dortoirs comme suprême supplice. C’est gratis et c’est valable pour tous les crimes, du petit larcin jusqu’au meurtre le plus odieux.
Mais le crime de trop, fut sans nul doute, celui commis sur une femme, commerçante au marché Capitale, Khadouj Mint Abdel Majid. Plusieurs coups de couteau, certaines sources parlent de huit, d’autres de deux, dont un mortel dans la région du cœur.
Elle serait morte sur le champ, dans un coin isolé et obscur du marché, aux environs de 19 heures, alors qu’elle était revenue récupérer un objet oublié. Moins de vingt-quatre heures plus tard, un suspect a été arrêté par la police.
Quelqu’un avait donné des descriptions d’un des agresseurs. Un multirécidiviste comme il y en a des milliers fichés par la police. Selon les premières informations, il aurait avoué son crime et se serait même soumis à la reconstitution des faits, hier matin, sous l’oeil du Procureur de la République et des principaux chefs de la Police.
Tôt le matin de ce crime qualifié d’odieux par les principaux titres qui en ont parlé, un cambriolage inédit a été commis dans ce même marché Capitale, véritable poumon économique du pays.
Un gang constitué d’une douzaine de personnes, dont la plus part munie d’armes à feu et de coupes-coupes auraient pris d’assaut une boutique. Le gardien, sommé d’ouvrir les portes n’hésita pas devant la menace
Sitôt qu’ils s’engouffrèrent, il tenta de fermer les grilles mais fut sauvagement charcuté au niveau des jarrets d’un coup de machette. Les malfaiteurs prirent tout le temps de dévaliser littéralement l’échoppe, emportant tout son contenu et même le coffre-fort qu’ils n’étaient pas parvenus à ouvrir sur place.
C’était assez pour que le marché s’installe dans une véritable psychose. Ainsi, face à la grande terreur, le plus grand marché du pays a décidé de fermer ses stores et de baisser ses rideaux.
Mardi et mercredi dernier, le marché Capitale était aussi désert et silencieux que le Sahara. Les commerçants s’étaient ébranlés dans une longue marche de protestation, écœurés par l’impuissance des autorités à les protéger et à protéger leurs biens.
Mais bien avant ces deux faits, les appels au secours s’étaient succédé, venant des neuf Moughataas de Nouakchott, dont les populations étaient livrées à la domination des gangs. Partout, à Sebkha, El Mina, Ryad et Arafat, comme àToujounine, Dar Naïm, Tayerrett, Ksar et Tevragh-Zeine, les plaintes s’amoncelaient sur les tables impuissantes des commissariats de police.
Les voleurs, de plus en plus enhardis, prennent désormais d’assaut les maisons, les épiceries, les boutiques, une à une, de jour comme de nuit, avec des drames insoutenables ça et là. °
A Dar-el Beïda, un couple a été réveillé brusquement en pleine nuit par un assaut mené par un gang formé de trois malfaiteurs. Après avoir ligoté l’homme, ils violèrent à tour de rôle son épouse devant ses yeux, avant de s’emparer de leur butin et de prendre la poudre d’escampette.
A Toujounine, un pauvre gardien a payé de sa vie une vaine bravade face à une bande de sept cambrioleurs lourdement armés. Ils le tueront froidement, avant de prendre la fuite sans passer au coffre.
De quoi interpeller les autorités publiques qui jusque-là n’ont proposé aucune solution pour assurer la protection des citoyens. D’où l’interpellation mercredi 9 décembre 2015 du Ministre de l’Intérieur devant l’Assemblée Nationale. Il devait répondre à une question orale posée par le député d’Atar, Mahfoudh Ould Jiddou, sur l’inquiétante montée de l’insécurité à Nouakchott.
L’occasion pour le député de Tawassoul, Mokhtar Ould Mohamed Moussa, de demander l’affectation de brigades permanentes de la police pour garder les principaux marchés de Nouakchott.
Selon lui, la recrudescence du crime et des vols est causée par la marginalisation de la police et sa mise à l’écart par rapport à la lutte contre le banditisme, au profit d’un corps comme le GGSR (groupement général de la sécurité routière) qui ne dispose de la moindre compétence dans le domaine sécuritaire.
C’est la thèse soutenue par le député d’Atar, Mahfoudh Ould Jiddou, dans sa question orale adressée au ministre de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah.
« La création du GGSR et les missions qui lui sont dévolues au détriment de la police nationale, sont la principale cause de la montée de l’insécurité àNouakchott » a-t-il martelé.
Selon lui, les éléments de la Sécurité routière manquent de compétences, alors que la police qui accumule plus de cinquante cinq ans d’expérience dans le domaine sécuritaire est marginalisée et confinée dans la frustration.
Le député d’Atar, membre du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR) a demandé à ce que le GGSR soit à la hauteur de sa mission et que la police soit également réhabilitée dans son véritable rôle.
Selon lui, c’est l’ensemble de la stratégie sécuritaire intérieure du pays qui doit être revue, y compris le rôle des Walis qui pour lui, reste purement symbolique dans l’organigramme actuel, alors que l’essentiel des missions est dévolue aux Hakems.
C’est selon lui, la mission que doit s’assigner plus que jamais, le Ministère de l’Intérieur. Dans le même ordre d’idées, il a demandé une plus grande valorisation du rôle des Mairies et leur implication dans la sécurité publique.
En attendant, Nouakchott vit avec sa terreur, dans un pays où les quantités d’armes à feu en circulation sont inconnues et inestimables. Ces armes sont gardées dans des maisons, et non à bord des véhicules, rendant ainsi vaine la circulaire qui vient d’être envoyée aux forces de l’ordre, leur demandant de confisquer toute arme à feu retrouvée lors des contrôles de routine, même si le détenteur dispose d’une autorisation.

Cheikh Aïdara

Encadré
Réponse à la question orale sur l’insécurité : « Le peuple est responsable de l’insécurité » Dans sa réponse à la question orale posée par le député d’Atar Mahfoudh Ould Jiddou par rapport à la recrudescence de l’insécurité àNouakchott, le ministre de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah dans sa réponse a déclaré que c’est le peuple qui est responsable de cette insécurité, citant « l’anarchie dans l’habitat et le manque d’organisation ».
Pour lui « la création du Groupement général de la sécurité routière a pour objet de permettre à la police de s’occuper de sa mission première (sans citer laquelle), précisant que la police n’est qu’une force d’appoint.

Source : L’Authentique

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