Loi Travail: le bras de fer s’intensifie entre gouvernement et syndicats

gaz lacrymogènesAlors que la contestation contre la réforme du Code du travail est restée forte partout en France jeudi 26 mai, François Hollande s’est dit prêt à « aller jusqu’au bout » sur le projet de loi. Face à l’inflexibilité du gouvernement, les syndicats appellent à « amplifier les mobilisations ».

■ Forte mobilisation dans toute la France

Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement et les partenaires sociaux opposés à la loi El Khomri. A l’appel de sept syndicats (CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL), plus de 18 000 manifestants sont descendus dans les rues de la capitale selon la police contre 100 000 selon les organisateurs. Au total, la CGT dénombre 300 000 manifestants en France contre 153 000 selon les estimations des autorités.

Principal point de crispation: l’article 2 du projet qui consacre la primauté aux accords d’entreprise dans l’aménagement du temps de travail, une ligne rouge pour les syndicats contestataires qui redoutent le dumping social.

Plusieurs incidents ont émaillé la mobilisation contre la loi Travail. A Paris, des manifestants cagoulés ont brisé des vitrines, dégradé des véhicules, lancé des projectiles et poussé un chariot de supermarché enflammé vers des policiers qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Conséquence : en France, 77 personnes ont été interpellées, 62 placées en garde à vue et 9 ont été blessées.

Incident grave à Fos-sur-Mer

Près de Marseille, trois militants CGT ont été blessés à Fos-sur-Mer, dont un sérieusement. A l’origine de cet incident, un automobiliste essayant de forcer le passage.

Pour éviter le passage du jeune homme de 25 ans, un syndicaliste s’est assis sur son capot. Excédé ou pris de panique, le conducteur a alors violemment accéléré, propulsant le militant de 51 ans contre le pare-brise, avant de retomber au sol, la tête la première. L’homme, gravement blessé, a été hélitreuillé vers un hôpital voisin et le conducteur a été placé en garde à vue.

■ Les blocages des raffineries se poursuivent

Inédite sous un gouvernement socialiste depuis 1981, la mobilisation entamée le 9 mars est montée d’un cran avec l’entrée en lice des salariés des sites pétroliers et des difficultés d’approvisionnement en carburant.

Cinq raffineries tournent au ralenti ou sont à l’arrêt et l’acheminement du carburant est rendu compliqué par le blocage de nombreux ports français par les dockers. Conséquence : un cinquième des stations-services – sur les 11 500 points de vente que compte le pays – sont en rupture partielle ou totale d’essence.

Au Havre, les piquets de grève sont toujours bien plantés devant l’immense dépôt pétrolier reçoit par bateau 40% du pétrole en France. Les 264 salariés se prononceront à la mi-journée sur la suite du mouvement. La tension monte entre grévistes et non-grévistes.

Vers une amélioration pour les automobilistes

Mais la situation s’améliore malgré tout, selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip). En cause : l’afflux des automobilistes aux pompes d’essence a diminué et plus de 1 000 stations ont été approvisionnées. Craignant une pénurie, les automobilistes se sont précipités ces derniers jours et la demande a été trois à cinq fois supérieure à la normale. Elle devrait se réguler dans les jours à venir.

Le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, reconnait que la situation reste tendue dans une région du sud-est et à Paris. Mais les automobilistes de l’ouest et du nord de la France auraient moins de difficultés à remplir leur réservoir.

■ Le gouvernement reste ferme

Depuis le Japon où se tient un sommet du G7, François Hollande s’est dit déterminé à faire aboutir le projet de loi Travail : « Je tiendrai bon parce que je pense que c’est une bonne réforme. » « En tant que chef de l’Etat qui a voulu qu’il y ait cette réforme, car j’ai voulu cette réforme (…), je veux que nous puissions aller jusqu’au bout », a-t-il affirmé.

A un peu plus de deux semaines de l’Euro de football et face aux risques pour l’économie, le Premier ministre a jugé « inacceptable » de « bloquer un pays ». « Bloquer des sites pétroliers, des ports, empêcher les Français de faire le plein d’essence, les obliger à des files d’attente interminables, rajouter de l’angoisse à un quotidien déjà difficile, est inacceptable », a martelé Manuel Valls à la tribune du Sénat ce jeudi 26 mai.

Face à la fermeté du gouvernement, les syndicats appellent ce vendredi dans un communiqué à « amplifier les mobilisations », notamment « en multipliant et en soutenant les actions décidées par les salariés en assemblées générales, y compris reconductibles ».

Source: RFI

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