Loi Travail: le préfet de police interdit la manifestation du 23 juin à Paris

précédentes manifestations contre la loi TravailLa préfecture de police a annoncé mercredi 22 juin au matin l’interdiction de la manifestation de jeudi à Paris à l’appel de syndicats opposés au projet de loi Travail en raison de difficultés à assurer sa sécurité. Les syndicats critiquent la décision, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, ayant notamment estimé qu’en cas d’interdiction, « la France rejoindrait le peloton de certains pays qu’on ne peut pas qualifier de démocratie ».

Les sept syndicats, réunis autour de la CGT et de Force ouvrière (FO), souhaitaient à l’origine organiser une manifestation entre les places de la Bastille et de la Nation. Mais la préfecture préférait un rassemblement statique, proposition que le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait approuvé.

Devant le refus des centrales syndicales, des tractations se sont engagées mais, selon la préfecture, elles ont échoué.

« Ces discussions n’ont (…) pas conduit à l’émergence d’un accord sur cette proposition de conciliation, les représentants des syndicats refusant catégoriquement la tenue d’un rassemblement statique et formulant ensuite des propositions alternatives », peut-on lire dans un communiqué de la préfecture.

« Après examen attentif, ces propositions alternatives ne permettent en aucune façon de répondre à la nécessaire sécurité des personnes et des biens », lit-on également.
L’arrêté d’interdiction doit être pris dans la journée de mercredi, précise la préfecture, qui explique n’avoir « pas d’autre choix que d’interdire la tenue de la manifestation ».

« Une faute historique »

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a fustigé, mercredi, « un Premier ministre enferré dans son autoritarisme », estimant qu’en cas d’interdiction de manifester, « la France rejoindrait le peloton de certains pays qu’on ne peut pas qualifier de démocratie ». Pour Christian Paul, député PS frondeur interrogé sur iTélé, l’interdiction de la manifestation à Paris est « une faute historique ». Autre réaction, celle de la CFDT : « Si la CFDT ne partage pas sur le fond la position des organisations qui appellent à la mobilisation, elle défend leur droit à manifester pour l’exprimer », indique-t-elle dans un communiqué.

Jean-Claude Mailly et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sont reçus ce 22 juin au matin par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. « C’est une décision (d’interdiction) que je comprend et que j’approuve à titre personnel », a réagi de son côté sur iTélé le député (Les Républicains) Thierry Solère. « J’appelle la CGT à revenir à la table des négociations. On n’impose pas le retrait par la rue, ce n’est pas ça la démocratie ». Ce mardi 21 juin, plus de 130 000 personnes avaient déjà signé une pétition sur internet intitulée : « Je ne respecterai pas l’interdiction de manifester ».

(Avec AFP)

Par RFI

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