L’OMS part en croisade contre le trafic de cigarettes

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parle d’accord « qui va changer la donne ». Accord sur un protocole de lutte contre la contrebande de cigarettes et de tabac. Le document a été définitivement adopté lundi 12 novembre à Séoul, où 176 pays ont ratifié la convention-cadre anti-tabac de l’OMS. Ce protocole engage ses signataires à harmoniser leur traque des trafiquants et à développer des outils de traçabilité (étiquetage…), afin de réduire les risques de détournements. Affaire de santé publique, assure l’agence de l’ONU, mais aussi et surtout de gros sous.

Evaluée à 11% du marché mondial, la seule contrebande pèse la bagatelle d’au moins 32 milliards d’euros de taxes non perçues. Un manque à gagner motivant, en particulier pour les Etats, qui imposent lourdement la consommation de cigarettes et de tabac.

Ainsi en est-il de la France, où la fiscalité entre pour plus de 80% dans le prix de vente, rapporte quelque 13 milliards d’euros annuels et fait aujourd’hui de l’Hexagone l’un des pays du monde où fumer coûte le plus cher.

Une politique que l’OMS juge efficace pour lutter contre le tabagisme, mais qui a généré un marché parallèle qui ne cesse de s’accroître. Au point qu’une cigarette sur cinq en France échapperait aujourd’hui au circuit légal.

On comprend donc l’intérêt pour Paris, comme pour la plupart des capitales européennes, de batailler contre le trafic de cigarettes volées ou contrefaites. On imagine aussi celui de nations africaines ou asiatiques d’être épaulés dans cette lutte, malgré les pratiques ciniques de grands cigarettiers qui encouragent le détournement d’une partie de leur production pour occuper les marchés de ces pays.

Source : RFI


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