L’or s’est volatilisé : A qui profite le « crime » ?

or_MAUT_MDLMalgré l’entêtement des derniers irréductibles, l’espoir de devenir millionnaire grâce à la prospection de l’or, subitement apparu dans le désert, est en train de s’estomper peu à peu.
Le porte-parole du gouvernement, en déclarant la semaine dernière que la recherche d’or est comme tous les autres aspects de la vie et que ça dépend de la chance de chacun, a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient :
Il n’y a jamais eu d’or dans ces contrées ! Maintenant reste à évaluer les éventuelles conséquences de cette ruée, mais surtout à situer la responsabilité des uns et des autres dans cette folie passagère qui a saisi des milliers de citoyens, dont certains ont tout vendu pour se transformer en orpailleurs. Où, comme on le dit dans le langage de la police, « à qui profite le crime » ?
Déjà, le porte-parole du gouvernement a cherché à dédouaner les autorités en expliquant que le pouvoir n’avait jamais garantit aux candidats orpailleurs le succès de leur entreprise.
Certes, mais alors que des milliers de Mauritaniens se précipitent vers le nord du pays, pourquoi les autorités ont-elles subitement décidé, non simplement d’« encadrer » l’activité, mais d’imposer le versement de 100 000 UM contre une licence ?
Mieux, au début du processus, cette autorisation de prospecter était conditionnée par la possession d’un matériel de détection dédouané !
Pour obtenir l’autorisation de chercher de l’or, « il faut être citoyen mauritanien, avoir un détecteur de mine dûment dédouané, payer une taxe de 100.000 ouguiyas », indiquait Ahmed Ould Taleb Mohamed, Directeur de la Société des Hydrocarbures et du Patrimoine Ministre de l’Etat.

Un Etat arnaqueur !

En toute logique, si l’État exige de tels sacrifices aux citoyens, c’est que quelque part on leur fait miroiter des retombées beaucoup plus importantes que leurs investissements. Autant dire qu’implicitement, les autorités ont bel et bien encouragé les populations à se rendre dans ces endroits austères, moyennant des recettes budgétaires considérables.
C’est tout simplement une arnaque. Reste à savoir si cette arnaque est préméditée ou si les autorités ont tout simplement profité d’une situation dont l’origine est ailleurs.
Dans ce cas, il faudrait se tourner vers les vendeurs de matériel de détection. En l’espace de quelques jours certains d’entre eux, sans avoir eu à aller à la recherche de l’or, ont néanmoins fait des affaires en or.
En effet, des appareils qui se négociaient entre 200 000 et 300 000 UM, ont subitement vu leurs prix grimper jusqu’à atteindre 1 700 000 ou 1 800 000 UM !
A coups de publicités mensongères, déguisés sous forme de témoignages de personnes qui auraient trouvé des kilos d’or, ils sont parvenus à faire monter les enchères et écouler sans encombre leur marchandise.
L’engouement était tel qu’il y a eu une rupture mondiale de stock de matériel de détection de la gamme des GPX et de la gamme des ATX ! Et pour couronner le tout, les détecteurs d’or que l’on trouve à Nouakchott sont TOUS achetés à DUBAI, en provenance de la chine.
Ces appareils qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux vrais GPX 4500 et GPX 5000 sont de faible qualité et n’ont aucune performance.

D’où est venue la rumeur ?

De toutes les manières, si on connaissait la réponse à cette question, cela nous aiderait à identifier le responsable du « crime ». Donc, comme toutes les rumeurs, on ne saura jamais d’où est partie la première étincelle. Il n’y a que des supputations et des suppositions. Selon l’une d’entre elles, tout serait parti d’un simple hasard.
Un homme d’affaires, qui possède du bétail, était en train de réaliser un forage pour ses animaux dans un domaine qui lui appartient dans la zone et il serait tombé sur un métal qui lui a semblé être de l’or.
Après expertise, ses soupçons se sont avérés et il aurait continué à forer, non plus pour chercher de l’eau mais pour extraire désormais de l’or.
Mais, selon la même version, pour des raisons évidentes de discrétion, lui et ses complices avaient pris l’habitude de venir tard dans la nuit dans des véhicules 4×4.
Ce qui aurait attiré les soupçons des habitants d’un campement voisin qui, en ces temps de paranoïa contre les terroristes, auraient avertis les autorités sur ces mouvements suspects.
Une seconde version voudrait que ce soient deux Soudanais, qui avaient eu à travailler en Mauritanie avec des sociétés étrangères de prospection d’or, qui seraient revenus en Mauritanie.
Avec un associé mauritanien, ils seraient retournés dans la zone qu’ils connaissent bien pour y avoir séjourné et ont commencé, depuis plusieurs années, à extraire de l’or avec des détecteurs et du matériel beaucoup plus sophistiqué et performant que celui proposé actuellement.
La richesse subite de leur associé mauritanien aurait attiré l’attention des voisins et parents qui l’auraient même soupçonné de trafic illicite. C’est pour les rassurer qu’il les aurait mis dans la confidence, ouvrant du même coup la voie à la rumeur.
La dernière version, plus rocambolesque, fait état d’un « largage » d’une quantité relativement importante d’or dans la zone pour appâter les candidats orpailleurs ! Mais là aussi, on n’est pas sorti de l’auberge. Qui et pourquoi ?
Quoi qu’il en soit, la déception est aujourd’hui à son comble et le retour à la réalité va être très dur pour les dizaines de milliers de personnes, qui ont tout abandonné pour se ruer vers l’inconnu.
Espérons seulement qu’ils apprendront de leur malheur et que désormais ils vont réfléchir à deux fois avant de tomber pieds et mains liés dans n’importe quel piège, quel que soi celui qui l’a tendu et quelle qu’en soit la raison. Et surtout ils devront méditer l’adage peul qui dit « n’abandonne jamais un poisson que tu as dans la main, pour celui que tu as sous le pied ». Quelles que soient la taille et la qualité de ce dernier !

Sikhousso

Source : L’Eveil Hebdo

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