L’ORIENTATION SCOLAIRE ET PROFESSIONNELLE : UN SECTEUR EN AGONIE !

Tout pays qui aspire à la performance et à la productivité se donne les moyens d’y parvenir.  Pour ce faire, il doit s’appuyer sur plusieurs leviers dont ceux de l’éducation et de la formation.  Ces derniers, alliés à une bonne orientation, constituent le socle d’un développement économique, politique et social. En effet, une bonne orientation permet d’impulser le niveau de compétitivité dans la mesure où elle aide les populations à faire face à un marché de la formation et de l’emploi mouvant. Un pays comme le Sénégal a été très tôt  conscient de cela en mettant en place, depuis 1960, un service de l’orientation scolaire et professionnelle pour répondre à ce besoin.

Malheureusement, il est apparu que les populations, dans leur grande majorité, n’ont pas connaissance de ce service public, alors que le besoin d’orientation existe bel et bien.  Mais, la question légitime que l’on est en droit de se poser demeure le pourquoi de cette méconnaissance. Qu’est ce que le service de l’orientation scolaire et professionnelle fait pour remédier à ce problème ? Remplit-il toutes les missions qui lui sont assignées ? A-t-il les moyens qu’il faut pour mener à bien sa politique ? Visiblement, on répondra par la négative ; car si le service public de l’orientation scolaire et professionnelle jouait pleinement son rôle, il n’y aurait pas toute cette floraison de services privés qui investissent ce secteur porteur.

De plus en plus, des services privés sont créés pour prendre en charge le besoin d’orientation des populations en leur offrant leur expertise. Cela est tout à fait compréhensible dans la mesure où la nature a horreur du vide. Ce qui demeure désolant pour nous, conseillers en orientation, qui avons été formés pour la prise en charge de cette question ; formation qui a duré deux ans après l’obtention d’une maîtrise et à l’issue de laquelle le psychologue conseiller obtient un diplôme le plaçant à la hiérarchie A1 de la fonction publique.

Mais, malgré la volonté affichée de ces fonctionnaires, que nous sommes, de remplir pleinement nos missions, il apparait que plusieurs maux gangrènent notre secteur. D’une absence de politique de l’orientation, à une carence de vision managériale en passant par un manque de moyens, les psychologues conseillers du service public de l’orientation scolaire et professionnelle souffrent de ne pouvoir effectuer, de la meilleure des manières, leur travail.

En effet, aucun des 14  Centres académiques de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (C.A.O.S.P) régionaux existants à travers le pays, ne dispose d’un véhicule de service, alors que les C.A.O.S.P sont connus pour être  des services d’itinérance qui doivent couvrir tous les établissements publics moyens et secondaires du pays.

Et pourtant, tant de choses pourraient être accomplies si la possibilité était offerte à ces cadres de l’administration sénégalaise qui ne demandent qu’à participer au rayonnement du secteur de l’éducation, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi.

Plusieurs activités auraient pu être déroulées, mais il est dommage que seules quelques une soient effectuées. En sus de cela, parmi les quelques rares activités  qui sont menées, les plus importantes sont accaparées par le  Centre National de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (C.N.O.S.P) qui s’est arrogé le droit de les mener seul. En guise d’exemple nous pouvons citer la conception, la passation et surtout la correction des tests psychotechniques, lors des concours nationaux. Ce qui constitue un réel problème ; car souvent des retards sont notés dans la correction de ces tests, retards qui se répercutent sur la qualité de la correction et sur les délais de délibération des résultats de ces concours. Toutefois, vous serez tentés de chercher à  connaitre les raisons de ces problèmes récurrents ; cependant nous vous dirons que vous avez déjà la réponse. En effet, comment plus de 15000 copies pourraient être corrigées par huit (08) psychologues conseillers en respectant les délais impartis ?  En ce moment, que font leurs collègues des autres centres académiques ?

Comme tous les cadres, nous avons besoin d’être responsabilisés et de participer au  travail de conception. Ce qui, sans doute, contribuerait à notre épanouissement professionnel. Néanmoins, nous restons confinés dans des tâches secondaires (Séances d’Informations Collectives) qui occupent la quasi-totalité de nos activités d’orientation. S’y ajoute que l’exécution de ce travail de terrain se fait dans des conditions difficiles. Loin de nous l’idée de minimiser cette activité qui, sommes toutes, reste importante pour les élèves ; il reste pertinent que certains se posent une question. Avait-on besoin d’avoir une maîtrise en Psychologie, en Sociologie ou en Philosophie en sus d’un C.A.F.P.C (Certificat d’Aptitudes aux Fonctions de Psychologue Conseiller), obtenu à l’issue d’une formation de deux ans en psychologie de l’orientation, pour faire un  tel travail ? A vous de juger !

Le Collectif des Psychologues Conseillers.

 L’auteur  Psychologues Conseillers
Source : Seneweb

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