Loupe du Jour : Des élections entre incertitude et improvisation

CHEIKH TIDIANE DIA- RENOVATEUR

A entendre les autorités s’empresser pour la tenue d’élections dans les délais fixés, on se demande sur qui compter pour voter en l’absence d’électeurs potentiels inscrits au Ravel, donc disposant des documents exigés pour l’accomplissement de leurs devoirs citoyens.Or depuis que les opérations du Ravel ont commencé seuls un nombre encore réduit de personne s’est inscrit en perspective des votes.

Ce qui signifie qu’on est loin de la moyenne. La date de clôture étant le sept septembre, les citoyens non inscrits ne pourraient donc pas participer aux votes. Dans ces conditions est- il possible d’organiser des scrutins crédibles.

Il est étrange de constater que les attentions sont focalisées plus sur la participation ou non des partis de la COD que sur la certitude que ceux qui font une élection sont dans les dispositions de le faire.

On semble mettre le pied sur l’accélérateur. Mais si le moteur ne suit pas rien ne bouge. Pendant que les politiciens se perdent dans des contradictions, les citoyens suivent de loin la situation sans parfois se sentir concernés par ce qui se passe. Tout se joue dans le plus grand flou et dans une totale improvisation. Et c’est bien dommage !

Nous ne comprenons pas cette frénésie qui pousse toujours nos hommes politiques à prendre des décisions aussi importantes sans mettre en place les outils qu’il faut pour faire aboutir le processus dans de bonnes conditions.

Tout ce monde qui se bouscule, qui se donne des coups bas ne se soucie pas des conséquences négatives qui découlent de la manipulation éhontée de l’arme politique. Les élections ne sont pas un jeu de hasard pour que les électeurs soient « vendus » comme de viles marchandises à l’autel des surenchères politiques. A qui profitera un poste électif sans la volonté sincère du citoyen qui déterminera son choix en fonction de critères objectifs non imposés.

Nous sommes loin de cette réalité. La voix de l’électeur est considérée non pas comme une valeur sacrée mais comme une simple formalité pour avaliser une candidature quelque soit celui qui en est le mandataire.

Ce sont mauvais usage fait des électeurs qui poussent les hommes politiques à abuser de la confiance du peuple pour se payer un bétail électoral. Il n’est pas étonnant que toutes sortes de commerces soient entretenus autour de ces échéances qui se préparent sous la bénédiction des trafiquant des voix.

Nous ne sommes pas sortis des vieilles méthodes électoralistes inventées depuis les premières expériences politiques de Taya. Ce sont les mêmes hommes qui sont au-devant des décisions. Ce sont les mêmes modes de tripatouillages qui permettent de faire passer la majorité des candidatures du parti-Etat.

Que l’opposition participe ou pas, que les citoyens s’inscrivent en grand ou petit nombre cela n’est pas l’affaire des gourous politiques chargés de superviser ces scrutins. Il y a toujours des moyens peu orthodoxes de combler le manque, de justifier les résultats d’une action et la fin de tourner la page.

Si les élections se déroulent aux dates prévues il y a eu plus de charrues que de bœufs pour la traction. Si elles sont repoussées, il faut encore du temps pour réorganiser les choses. Mais la question qui se pose c’est comment elles le seront et à quel prix ?

Cheikh Tidiane Dia

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