Loupe du Jour : En Mauritanie on tourne en rond !

tidiane diaQuand un pays n’avance pas il est voué à un retard.La Mauritanie a connu des changements récurrents qui n’ont pas eu d’impacts positifs sur son développement.

Au lieu de tirer des leçons des échecs antérieurs, peu importe ceux qui en sont comptables, chaque nouveau venu se contente de bercer le peuple d’illusions sur des promesses de changements profonds de nature à apporter des solutions définitives à leurs problèmes.

On n’attendra pas longtemps pour découvrir les artifices savamment entretenus par les experts en démagogie commis par l’Etat pour aider à pérenniser le système en place.Tous les régimes sont passés par là.

Les plus résistants sont ceux qui ont livré la Mauritanie à toutes sortes de commerces abominables qui ont détruit les valeurs morales, cultivé le faux et banalisé le civisme. Les politiques publiques ne sont pas élaborées aux fins de sortir le pays de ses retards chroniques ni à provoquer des ruptures par rapport aux gestions calamiteuses du passé mais plutôt pour mettre la forme nécessaire afin de faire fonctionner de manière factice les institutions de la République.

Hier comme aujourd’hui ce sont les hommes qui quittent laissant derrière eux les mêmes dispositifs opérationnels qui ont servi à perpétuer le gâchis des ressources publiques, à favoriser l’ascension d’arrivistes placés à la solde d’un système qui incarne l’autorité d’un homme au centre de tous les commandements.

Après cinquante ans d’indépendance, le pays n’arrive pas à sortir des cycles interminables de faux rendez-vous avec l’histoire. Que de temps perdu ! Que d’espoirs déçus ! Que de pertes économiques subis ! Que de préjudices humains graves commis ! Les mauritaniens ne savent pas s’il faut tourner la page ou s’il faut continuer dans la voie de l’incertitude. Sommes –nous mieux lotis en démocratie ?

Sommes-nous toujours disposés à cautionner sans réserve les mêmes erreurs, les mêmes mensonges politiques commis sous d’autres formes avec les hommes de l’heure. Hier, la Mauritanie n’avait pas besoin de bulletins de vote pour élire un Président de la République.

Et quand cela commençait à être une mode, les méthodes les plus flagrantes tenaient lieu de recettes démocratiques. Avec ou sans la volonté du peuple, le candidat à sa propre succession rempilait sans coup férir. Ce système avait fini par habituer les électeurs à aller aux urnes sans conviction.

Il fonctionnait pourtant avec tous les outils et instruments propres à une démocratie allant de ses institutions politiques à ses cadres juridiques. Certes tout n’était que des coquilles vides. Des nouveaux changements ont eu lieu à la faveur de ruptures antidémocratiques. Des améliorations ont été apportées. Mais en quoi cela a –t-il contribué à restaurer la confiance entre les acteurs politiques, à redonner au citoyen le goût d’aller aux urnes pour choisir en toute liberté ses représentants ?

Si la démocratie est le système le plus crédible pour faire avancer un pays, la Mauritanie n’a pas encore tiré les meilleurs profits qui doivent s’y rattacher pour combler son retard et entamer un nouvel élan vers le progrès social, politique et économique.

Le pays n’a jamais accumulé autant de crises qui ont affecté le niveau de vie des populations et fait stagner comme les eaux de pluies les attentes des citoyens. A l’apparence les choses bougent selon les ordres donnés par les hautes instances de l’Etat. Mais en réalité le temps passe et nous demeurons figés dans un long et profond sommeil hypnotique…

Cheikh Tidiane Dia

Source : Le Rénovateur Quotidien

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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