Loupe du Jour : Forum de la jeunesse : de quoi remplir la corbeille des promesses !

CHEIKH TIDIANE DIA- RENOVATEUR

Le décor est éloquent, les coups de projecteurs vifs pour camper un scénario où rien ne manque sauf le sens et la volonté de faire avancer la Mauritanie non pas par des artifices et autres poncifs trompeurs mais par une vision claire, soutenue par une stratégie politique savamment définie à même de conduire à des résultats probants.

Un forum de ce genre consacrant une rencontre entre le Président et ses hôtes à quoi ça rime en cette fin de mandat ? De quoi sans doute remplir la corbeille des promesses.

Tout donc y était durant cette soirée riche en couleurs entre le Président des jeunes et ses invités triés selon des choix laissés aux bons soins des organisateurs de ce forum dit « Vous êtes l’espoir » et « l’avenir de la Mauritanie. »

Un échantillon composite mais très inégalement représentatif de la Mauritanie plurielle. Malgré quelques simulations derrière lesquels se profilent des gestes politiques. A qui revient l’honneur « déshonorant » de cette sélection quantitative et « qualitative ».

Là aussi si le nombre est estimable, la substance grise elle, reste en deçà de l’excellence si tant est que derrière cette foire aux talents l’objectifs énoncé est de présenter aux mauritaniens des jeunes porteurs de projets au service du développement du pays.

Que ces talents soient estampillés produits extérieurs ou intérieurs, la Mauritanie en a besoin. Nous avons désormais appris que ce pays recèle des docteurs de tous les profils formés probablement dans des écoles où la facilité est encore une voie royale pour empocher un diplôme sans besoin d’être une tête bien faite.

Cette impression a nettement marqué les esprits au cours de ce forum où les joutes oratoires étaient dans leur majorité loin des attentes. Et dire que les idées ne manquaient pas ? Il y en avait d’ailleurs jusqu’à l’excès. Mais de quelle façon ! Le grand absent était la méthodologie et la rigueur dans les analyses.

L’esprit cartésien pour rendre digest toute cette logomachie. Les exposés fusaient dans tous les sens où les généralités éloignaient de l’essentiel. L’inexpérience le rivalisait à l’improvisation et le snobisme.

Le « m’as-tu vu Seyid Erais » l’aura de loin emporté sur le fond et la pertinence des ateliers qui n’ont produit que du déjà vu et du déjà entendu. Il s’est agi dans la majorité des comptes rendus des travaux des vieilles recettes réchauffées, avec les mêmes reflexes de copier coller d’une génération des NTIC.

S’il est vrai que la Mauritanie a besoin de tous ses fils pour accroitre ses chances, il reste à trouver de bonnes formules plus adaptées et même plus simples répondant aux besoins actuels.

N’a-t-on jamais fait de diagnostics clairs sur toutes questions engageant le destin de ce pays ? N’a-t-on pas pris depuis des décennies l’habitude d’organiser des journées de réflexion, des états-généraux qui ont touché à tous les secteurs ?

Est-ce maintenant que nous avons constaté dans une sorte de réveil tardif qu’il n y a que des ratés dans nos programmes alors que le pouvoir actuel nous a inondé de plans de toutes sortes capables de transformer à coup de baguettes magiques ce pays.

Où sont passés les résultats des journées de réflexion initiées entre l’opposition participative et la majorité ? Les réformes à vau-l’eau se sont donc avérées sans aucune efficacité. Le pouvoir s’est contenté de mettre à plat les acquis antérieurs des gouvernants précédents alors que tout n’était pas mauvais.

Un pays ne se développe pas dans la remise en cause permanente des actions gouvernementales. Quand on décide d’opérer une rupture cela doit être motivé, tout comme c’est le cas quand on s’inscrit dans la continuité.

La Mauritanie souffre encore de cette pathologie qui s’appelle l’improvisation qui là où elle règne, point d’avancée ne se fera. Tout est flou dans nos évaluations, dans nos indicateurs, nos systèmes de valeur pour que nous soyons en mesure de fournir des chiffres scientifiquement admissibles.

C’est pourquoi le bateau du sous –développement tangue dans les profondeurs d’une mer en furié continue appelée politique qui décide du destin d’un pays où tout est à recommencer… Mais avec quels matériaux ?

Cheikh Tidiane Dia

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