Loupe du Jour :La Mauritanie face à ses nombreux périls !

CHEIKH TIDIANE DIA- RENOVATEURCeux qui suivent de près les mutations profondes et accélérées qui s’opèrent dans le pays ont des raisons de se demander ce que ce sera la Mauritanie à l’horizon 2024.

Déjà avec un taux de pauvreté élevé, une urbanisation grandissante « mal normée » et incontrôlée, un mauvais découpage territorial, des franges vulnérables sans avenir, une expropriation des terres arables de la vallée et bien d’autres problèmes graves qui menacent l’existence des populations, il y a de réels dangers qui mettent en péril toute œuvre de construction d’une nation sur des bases pérennes.

Comment parler de développement sans pouvoir rationaliser les ressources économiques et humaines du pays le moins peuplé d’Afrique doté d’atouts immenses mais qui profitent peu à ses habitants ? La Mauritanie est un pays dont l’avenir est sombre à cause des nombreux échecs accumulés, des retards ataviques qui empêchent la réussite de tout programme de développement.

C’est pour cette raison que des chantiers pharaoniques sont chroniquement condamnés à l’inachèvement non sans avoir englouti des milliards d’ouguiyas partis en fumée dans le ciel de la gabegie .

Plusieurs exemples tels que la route nationale conçue pour trois voies financée par l’UE restée depuis au stade de nivellement et dont on n’entend plus parler.

Le projet de valorisation des terres du Karakoro au Guidimakha , les aménagements de L’Aftout et bien d’autres grandes infrastructures hydro-agricoles abandonnés avant d’être exécutés alors que des études ont été faites par des bureaux d’expertise alors que des bailleurs de fonds ont dégagé des lignes de crédits pour réaliser des ouvrages.

Les mauritaniens ont entendu combien de fois en conseils des ministres des attributions de permis de recherches ou encore l’octroi de périmètres à des fins d’exploitation à des hommes d’affaires. Le dernier en date porte sur plus de trente mille hectares dans la vallée du fleuve Sénégal.

Ces mauvaises expériences à répétition dénotent d’une mauvaise foi patriotique soutenue par un manque de vision pour l’avenir du pays

Nos dirigeants sont tous comptables de ce qui se passe’ dans ce pays depuis des décennies. Demain ils auront des comptes à rendre pour les erreurs commises, les entêtements devant les appels pressants des citoyens qui réclament leurs droits à des conditions de vie décentes, à une justice sociale, à l’accès à l’état civil, aux services sociaux de base etc . Le pays est toujours mal gouverné sur les plans politiques, économiques culturels.

Autant de bombes à retardement qui couvent et que ceux qui gouvernent refusent de régler de manière globale concertée et durable. La gestion des crises communautaires exige non pas des mesures parcellaires mais des actions fortes qui permettent de garantir une plus grande cohésion sociale une égalité de chance pour tous. Etre citoyen ne consiste pas seulement à avoir des papiers d’état-civil, c’est plus que cela.

Il doit avoir droit aux mêmes traitements partout où il se présente. La démocratie ne se construit pas par des élections et des plébiscites politiques. Elle se bâtit sur des valeurs et des modèles exemplaires porteurs de vrais changements.

Cheikh Tidiane Dia

Source : Le Rénovateur Quotidien

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