Loupe du Jour : Les soubresauts d’une démocratie tumultueuse

Si l’ère de Taya a consacré les pires atteintes aux droits humains avec ses exécutions extrajudiciaires, ses déportations, ses purges, ses nombreux Dia renovateurcomplots contre la sûreté de l’Etat, cela se passait sous un régime autocratique, répressif qui disposait comme il voulait du sort du peuple.

Les libertés étaient sous contrôle et la gestion des deniers publics anarchique. Nous avons été délivrés de cette longue saison aux enfers il y a dix ans maintenant sans encore retrouver le chemin du changement surtout de la rupture.

Nous avons entamé depuis, un processus politique pour remettre le pays sur les rails d’une bonne gouvernance démocratique et d’un Etat de droit garant des libertés et de la stabilité du pays.
Tous les outils et mécanismes permettant de bâtir un pouvoir démocratique fort et crédible, gage d’un développement durable ont été mis en place. Mais la machine a du mal véritablement à se déployer.

Faute de leaderships capables de restaurer une autorité de l’Etat qui soit disjonctée de leurs personnes, faute aussi d’ouverture d’esprit, une qualité qui doit rendre un dirigeant avenant et affable ; faute enfin de souscrire aux principes démocratiques de la séparation affective des pouvoirs de façon claire.

En concentrant toutes les décisions y compris les plus infimes instructions, le président Mohamed Ould Abdel Aziz reste prisonnier d’une vision dogmatique de l’exercice du pouvoir.

Ses rapports avec le gouvernement fonctionnent suivant l’idéologie politique d’un chef qui dit et des suppôts qui exécutent dans une ambiance crispée. Rarement on a vu le maitre du palais dans une posture décontractée mettant à l’aise ses collaborateurs. Un léger sourire vite retiré du décor de ses audiences font une dissonance dans la gestuelle.

C’est sans doute cette transposition de la personnalité dans le haut commandement des affaires du premier magistrat de la République qui créé des complexes et creuse un fossé entre l’homme fort du pays et la classe politique. Dans un régime démocratique cette situation obstrue les voies du dialogue, bloquent les passerelles où doivent se libérer les contradictions.

Finalement la démocratie se désagrège de ses forces pour se transformer en un champ de bataille qui nourrit toutes sortes de crises. Les oppositions ne se situent plus sur un terrain de concurrence objective mais sur fond de règlements de comptes et d’une volonté de se détruire.

Comme si le peuple qui les a élus ne mérite que dédain. Comme si la seule raison d’être de la démocratie est d’entretenir les fantasmes d’une classe politique qui confond débats d’idées avec les invectives et commérages politiques stériles. La démocratie « Azizienne » s’est installée dans une atmosphère tumultueuse qui a battu le record en scènes de violences, de manifs, de sit-in, de crises sociales, politiques, sécuritaires.

Nous avons enregistré les taux les plus élevés de la criminalité, des scandales d’Etat , des contestations et de malaises. Le pays a frôle les pires risques de déliquescence de l’Etat, d’atteinte à la sécurité du président. A une année de la fin du mandat présidentiel, les hommes politiques persistent dans leur logique de rejet de toute solution de sortie de crise. Enfonçant chaque jour la démocratie dans des escalades révolutionnaires absurdes.

Cheikh Tidiane Dia

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