Loupe du Jour : Qui va soustraire la démocratie du supplice de la strangulation ?

La démocratie mauritanienne nous révèle de plus en plus des signes d’asphyxie se traduisant par l’incapacité de ses mécanismes à s’adapter aux dia lerenovateurexigences d’un changement politique stable et ses inaptitudes à pouvoir répondre aux aspirations des électeurs en termes de rupture avec les éternels discours démagogiques et les faux rendez-vous avec l’histoire .

En lieu et place des performances que la réalité sociale et économique rejette tout en apportant un cinglant démenti, le système ne cède pas au découragement, faisant comme si tout marchait sur des roulettes et se payant même le luxe de présenter à chaque fois à l’opinion des succès au plan économique et social.

Dans le camp du pouvoir, on se refuse toujours d’admettre que la crise politique existe et qu’elle pèse lourdement sur la vie nationale ; que les sédiments s’acculent sur un lit politique, obstruant tout passage menant à des solutions salvatrices.

Les acteurs de la démocratie n’ont-ils finalement d’autres réponses à apporter que leur refus de renoncer à leurs querelles pour se consacrer à l’édification d’une démocratie consensuelle garante du progrès politique économique et social.

A l’heure actuelle, toutes les cartes ont été épuisées pour l’ouverture d’un dialogue réel entre les protagonistes. Beaucoup de temps a été perdu. Les espoirs d’un accord entre les forces politiques en vue de sauver ce qui peut l’être encore pendant que cela est possible s’éloignent davantage. Même un miracle de dernière minute ne pourrait libérer une scène politique qui mettra du temps pour se décanter.

Toutes ces forces qui se rejettent la responsabilité ont participé à la terrible épreuve de la strangulation de la démocratie. Tout celui qui daigne apporter son secours se rendra à l’évidence que la situation est devenue critique. Les élections parlementaires et municipales qui pointent à l’horizon vont –elles boucler la parenthèse d’une longue crise ou au contraire l’aggraver ? Le processus démocratique est arrivé à un stade de déliquescence où le retour en arrière est en train de s’opérer sur le chemin d’un multipartisme décousu.

Il ne sert à rien d’organiser des élections si les conditions ne sont pas réunies pour en assurer le bon déroulement ; si le taux de participation des partis politiques est faible, si les risques de dérapage pèsent sur les scrutins. La démocratie ne se réduit pas à la convocation des électeurs aux urnes, ni à la prolifération des partis politiques, des médias.

C’est plus que cela. Pour qu’une démocratie se développe, elle doit se bâtir sur des valeurs sans lesquelles, elle restera une coquille vide. La première exigence d’une démocratie, c’est le respect des institutions politiques dont le soubassement est le dialogue, la contradiction positive et l’engagement de tous ses acteurs à œuvrer pour la paix, la tolérance et la cohésion sociale.

Sans ces conditions, les matériaux constitutifs de la construction d’un Etat de droit garant des libertés et de la stabilité ne tiendront pas le poids d’un édifice assis sur la précarité. La moindre secousse réduirait en morceau l’architecture mal fondée. Ce scénario sera la pire des malédictions pour une démocratie constamment livrée à un cycle répétitif de remises en causes institutionnelles.

Cheikh Tidiane Dia

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