Loupe du Jour : Scandales : on aura tout vu !

 CHEIKH TIDIANE DIA- RENOVATEUR
On ne le dira jamais assez, la lutte contre la gabegie restera vaine tant que les présumés auteurs ne répondent pas devant une justice impartiale et responsable.Les scandales se suivront et se ressembleront mais l’impunité prendra le dessus sur le droit.

Si avec le pouvoir actuel les mauritaniens ont vu de toutes les affaires, ils ne sont pas encore arrivés au bout de leurs attentes.Du scandale du riz avarié en passant par celui de la procapec, de l’affaire Boidiel, du CSA, des détournements dans les caisses de l’armée la liste est loin de se terminer.

Mais toutes ces affaires qui ont fait trop de bruits se sont achevées par des libérations provisoires qui mettront définitivement leurs auteurs en liberté sans encourir la moindre poursuite judiciaire dans le futur.

Pourtant ce sont des milliards d’ouguiyas qui sont suspectés être dilapidés au profit d’individus ayant commis des abus économiques passibles de lourde peines. C’est au final le trésor public qui supportera le préjudice au grand dam de le l’Etat et des citoyens. Est-ce’ de cette façon qu’on va continuer à détourner les mauritaniens de leurs problèmes ?

A chaque fois qu’on pense œuvrer pour la moralisation des biens publics, qu’on croit s’attaquer aux prévaricateurs, on finit par se rendre à l’évidence que la lutte contre la gabegie est loin d’être une politique d’assainissement de l’économie nationale , mais bien une arme de règlement de comptes politiques.

Devant tous ces scandales qui éclatent au grand jour et qui seront étouffées pour une raison ou une autre, toutes les instances de contrôle et de répression croulent devant la puissance de la machine politique.

L’IGE, la cour des comptes, la police de la répression des crimes économiques et tous les mécanismes de surveillance n’arrivent pas à jouer leurs rôles. Nos commissions des passations des marchés, nos instances de régulations des marchés publics, cessent d’exister faute de pouvoir exercer leurs prérogatives, faute d’être des outils de transparence au service du développement économique.

A quoi servent tous ces instruments de gestion des politiques financières si ce n’est de répondre aux normes des bailleurs de fonds, si ce n’est de jouer à la fausse rigueur au respect de la chose publique qui n’en est pas un ! Un nouveau scandale est aujourd’hui encore au centre de l’actualité.

Il s’agit d’une énième affaire de gabegie dont la Ministre, ses proches et ses collaborateurs seraient mis en cause. Un marché de construction d’un stade à Nouadhibou serait à l’origine de cette malversation financière. Pour le moment on signale des arrestations de certains membres de ce réseau.

L’ouverture d’une enquête dont les conclusions sont très attendues mettrait en lumière cette affaire derrière laquelle la première responsable du ministère de la culture serait mise en cause.

Un scandale qui relancerait la question de la lutte contre la gabegie au moment où les mauritaniens ne sont toujours pas convaincus sur la sincérité de cette opération d’assainissement du système économique. Madame la ministre bénéficiera –t- elle d’un avertissement ou d’un carton rouge ?

Cheikh Tidiane Dia

Publicité

Mauritel

Speak Your Mind