Loupe du Jour : Tout est dit, que reste-t-il à faire ?

Tout a été dit sur l’impasse politique qui perdure. Des analystes les plus professionnels aux spécialistes des crises postélectorales, toute la situation actuelle a été passée au crible.

dia_cheikh_renovateur_reAu-delà des nuances qui se dégagent, il y a de larges concordances d’idées sur les causes de cette longue crise mais aussi sur les facteurs de blocages qui empêchent de trouver des solutions de sortie de crise. Des remèdes ont également été prescrits dans ce cadre. Des plus recommandables aux plus pernicieux.

Tout le monde est d’accord sur l’idée d’engager un dialogue politique entre les acteurs de cette crise. Et c’est cela qui a été fait en 2011 au palais des congrès entre les partis de la majorité et ceux de l’opposition dite participationniste.

Et comme les motivations étaient guidées par des calculs opportunistes, les parties engagées dans ce conclave ne voyaient pas plus loin que les objectifs bien taillés à la mesure de leurs ambitions personnelles auxquels ils voulaient circonscrire ce dialogue. Dans la hâte, des résolutions et recommandations ont été prises en vue de porter haut cette initiative qui sonnait comme un défi lancé contre ceux qui sont taxés d’ennemis de la réconciliation.

Les résultats ont été traduits en textes juridiques au parlement. Cette erreur fatale qui a consisté à isoler la COD et la société civile la plus représentative du pays, a porté un coup dur à la démocratie et à la stabilité politique dans le pays.

Le problème a été d’engager un dialogue entre des partis qui n’avaient pas trop de points de discorde et qui n’ayant au bout du compte aucune peine à trouver des arrangements pour se séparer sans anicroches. Seule dans ce dialogue à sens unique, un parti comme l’AJD pouvait faire ébouillanter les débats et qui est arrivé à consentir des sacrifices pour ne pas trop jouer aux troubles fêtes.

C’était aussi le prix à payer dans une perspective d’adhésion à la majorité présidentielle élargie. L’idylle n’aura pas longtemps duré puisque les évènements politiques survenus suite à la vague de contestation de TPMN ont poussé le parti d’IMS à geler ses activités au sein de la grande famille de la majorité. Le printemps arabe est venu attiser les braises de la contestation en Mauritanie faisant monter les surenchères entre les forces de l’opposition radicale et le pouvoir.

La situation se détériorait à mesure que la crise creusait les antagonismes entre la COD et la majorité qui servait du leader de APP comme un solide rempart contre les offensives de l’aile radicale de l’opposition. Ecouté pendant quelques mois, le Président de l’assemblée nationale mettra à profit cette opportunité pour peaufiner un dialogue bis qui commençait à faire bouger la scène politique et offrait à la COD une porte de sortie de son isolement.

Le premier dialogue qu’avait tant vanté le pouvoir se fossilisait sous la pression des adversaires politiques du Président déterminés à remettre le compteur à zéro pour la tenue d’élections présidentielles. Sentant la menace venir à grandes vitesse, le pouvoir jouera la carte d’un autre dialogue estampillé initiative de MOB sans y aller directement.

Les chancelleries occidentales soutenaient sans se prononcer ouvertement cette démarche « méssaoudienne » qui sera stoppée nette après la convalescence de l’homme fort de Nouakchott. Toutes les initiatives ont été épuisées sans rien donner. A l’heure actuelle aucune nouvelle démarche salvatrice n’est en vue. Quelques timides tentatives prudentes sont en cours dans les coulisses de l’UE. Une donne politique qui ne fait que rétrécir les acquis démocratiques de manière inexorable…

Cheikh Tidiane Dia

Source : Le Rénovateur Quotidien

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