Loupe du Jour : Une campagne en cache une autre

tidiane diaL’annulation du plafond de la dette des agriculteurs estimé à quelques 10 milliards d’um est l’une des mesures les plus spectaculaires que le gouvernement vient de prendre pour aider les exploitants agricoles à être à jour vis-à-vis des créances bancaires.

Ce sont ainsi des cumuls de plusieurs campagnes agricoles qui ont été effacés par la volonté du Prince. Non sans ouvrir la voie à toutes sortes de spéculations politiques. Peu importe pour les agriculteurs les motivations inavouées qui se cacheraient derrière cette décision. L’essentiel pour eux est de se départir du lourd fardeau qui ployait sur leurs épaules.

Seulement cette annulation de l’ardoise arrangera plus les grands bonnets du secteur que les petits exploitants qui n’étaient pas plus mauvais élèves de la redevance que les magnats de l’irrigué.
D’une certaine mesure l’Etat a mis tout le monde dans le même panier sans prendre le soin de distinguer entre ces catégories à poids inégal.

Depuis des décennies, le secteur de l’irrigué est confronté à des crises récurrentes dont les effets ont sévèrement touché la force de production des petits paysans qui ont du mal à profiter du fruit de leurs rendements.

Les campagnes rizicoles n’arrivaient plus à couvrir les besoins des exploitants fragilisés par le payement des redevances, la cherté des intrants et les aléas climatiques. Les retards dans le calendrier cultural engendraient d’énormes préjudices sans aucune garantie de remboursement ou de facilités bancaires.

L’institution pourvoyeuse des prêts agricoles s’est complût dans les jeux de favoritisme, de prédations avec une série de scandales qui ont fini par saigner à blanc les fonds du crédit agricole.

Les plans de redressement entamés par l’Etat au lendemain de l’arrivée au pouvoir du Président Aziz n’avaient pas donné les résultats escomptés face au refus des grands exploitants de se conformer aux règles et procédures en la matière.

Au final ce sont toujours les pauvres qui se sacrifiaient pour tenter de sauver leurs périmètres contre d’éventuelles expropriations temporaires.

Autant de problèmes qui enfonçaient l’irrigué dans une situation d’instabilité et d’endettement permanent. Cette annulation des dettes doit pouvoir remettre le compteur à zéro tout en encourageant la promotion d’une politique agricole basée sur le renforcement des capacités de gestion efficiente des moyens de production.

Il est tant que les paysans acquièrent une autonomie financière leur permettant de prendre en charge les coûts d’exploitation et de valorisation des ressources générées par l’agriculture.

L’option la plus en vue est de créer des mutuelles de crédit et d’épargne adaptés aux exigences d’une agriculture qui a besoin de répondre aux normes de compétitivité et en mesure d’assurer une autosuffisance alimentaire.

Pourquoi donc se contenter d’une simple annulation sans aller plus loin dans la recherche de solutions durables et moins faciles qui laissent planer le doute sur les dessous de cette décision qui intervient à la veille d’une campagne politique !

Cheikh Tidiane Dia

Source : Le Rénovateur Quotidien

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