Loupe du « Le Rénovateur » : Ce pays des surenchères !

Cheikh Tidiane Dia - rimweb.netIl se passe tellement de choses dans ce pays qu’on n’arrive pas à appréhender avec clarté si nous sommes dans l’ère du changement ou dans le temps du désenchantement.

Parler de ce qui se passe en Mauritanie est presque à la portée de tous. Car ici chaque citoyen dispose suffisamment de temps pour se perdre dans toute sorte de supputations et de spéculations. Mais il y a au moins des choses qui ne trompent pas et sur lesquels on ne peut se permettre de mentir.

L’une de ces réalités est que la vie est de plus en plus chère dans ce pays où les consommateurs sont livrés à la cupidité des commerçants plus véreux après les élections.

Cette réalité est hélas têtue. Malgré les acrobaties officielles pour tenter de justifier cette situation de crise sociale qui plombe le pouvoir d’achat des citoyens, rien n’y fait, les prix flambent. Les salaires ne suivent pas. Et dès qu’ils bougent, c’est encore la spirale des prix qui s’envole.

On a l’impression que rien n’est réglementé en matière des prix. Il y a dix ans, les citoyens pouvaient encore se débrouiller pour joindre les deux bouts. Actuellement il est impossible pour un fonctionnaire de tenir pour une bonne semaine à partir de son revenu mensuel.

Que dire de la majorité de ceux qui tirent le diable par la queue ! Quand on écoute nos autorités s’expliquer sur la situation actuelle, on a du mal à faire le lien entre les mesures dites sociales du genre programme Emel et la détermination des commerçants à imposer leurs lois.

C’est comme on a d’une part des pouvoirs publics qui interviennent pour alléger les souffrances et des hommes d’affaires qui étranglent les pauvres consommateurs. Au final, c’est l’Etat qui cède à la puissance des gros importateurs comme si le pouvoir régalien n’existe pas pour rétablir les équilibres économiques.

La Mauritanie est l’un de ces pays où les commerçants ont toujours le dernier mot. Les syndicats ne bougent jamais pour dénoncer le renchérissement des prix. Qui va le faire à la place des citoyens ?

À l’entame du deuxième mandat du Président Aziz, les mauritaniens continuent d’endurer avec silence et déception une crise sociale et économique qui s’aggrave de jour en jour. Jusqu’à quand les boutiques Emel vont-elles servir de calmant à la souffrance des citoyens ? Le temps n’est-il pas venu de stabiliser le marché par des mesures beaucoup plus rationnelles plutôt que continuer à entretenir un marché parallèle subventionné par l’argent du trésor public avec des faibles retombées sur le panier de la ménagère.

La meilleure façon de réguler le marché est de créer des mécanismes de contrôle des importations et une diminution de la TVA et autres taxes sur les produits importés. Les barrières douanières doivent être allégées dans nos échanges commerciaux avec nos voisins pour permettre une plus grande fluidité dans les circuits commerciaux.

Tant que cette situation perdure la vérité des prix sera éternellement du côté des commerçants et le fardeau supporté par des consommateurs qui ne savent plus quoi se mettre sous la dent en ces temps de misère.

Cheikh Tidiane Dia

Source : LE RENOVATEUR

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