Loupe du ‘Le Rénovateur’ : Les gros poissons à l’affût du Président à Nouadhibou

dia_cheikh_renovateur_reLe Rénovateur Quotidien – A la veille de l’élection présidentielle de juin 2014 le président Mohamed Ould Abdel Aziz candidat à sa propre succession harnache sa monture pour aller à la conquête des électeurs.

Le voilà à Nouadhibou pour une visite économique à caractère très politique. L’homme ne se contente pas seulement de lancer des chantiers et de voir l’état d’avancement de la zone franche. Il mettra à profit ce déplacement pour faire passer son message et tenter de séduire les stéphanois par des actions de grande envergure économico-sociales.

La forte mobilisation des cadres politiques ressortissant de cette région illustre cette dimension pré-électoraliste qui se dégage à travers les manifestations et autres apparences festives.

Qu’un Président visite une localité du pays est normal. Mais quand cela intervient à la veille d’une campagne, cela prend une autre signification éminemment politique.

Mohamed Ould Abdel Aziz et conscient des enjeux que représente une élection dont il entend s’entourer de toutes les garanties pour briguer un second mandat par les urnes. Nouadhibou cité frondeuse n’est pas totalement tombée dans l’escarcelle du Parti-Etat. Les dernières élections législatives et municipales ont démontré que rien n’est gagné d’avance dans la capitale économique du pays.

La décision du gouvernement de transformer Nouadhibou en zone franche n’a pas suffit pour calmer les poissonniers qui constituent l’essentiel de la force de production. Qu’est-ce que cet ancien Port-Etienne sans les ressources de la mer ?

Les accords de pêche avec les européens n’ont pas eu des retombées significatives sur le développement d’une ville qui traversée encore par des zones de turbulence avec ses marées hautes qui engloutissent les candidats à un voyage sans retour.

Les nombreuses disparitions des pêcheurs artisanaux dans les profondeurs d’une mer furieuse ne sont pas les seuls drames de ces braves pêcheurs. Les travailleurs de la filière artisanale sont des laissé-pour-compte. Ils sont exploités et livrés à la merci de politiques inadaptées à leurs statuts de pauvres artisanaux gagnés par l’âge, les maladies et les accidents sans aucune assurance de la part de leurs employeurs.

Le président doit les écouter directement pour entendre leurs voix. Et non les gros bonnets du secteur qui imposent leurs lois et mentent au président. Ce qui est désolant dans les déplacements d’un Président mauritanien c’est la marginalisation de ceux qui sont censés poser les vrais problèmes locaux.

A Nouadhibou il y a des problèmes essentiels qui doivent être soulevés pour qu’au moins que le Président entende que là n’est pas le mieux dans les meilleurs des mondes. Loin sans faut ! A Nouadhibou la politique doit cesser de dévorer l’espoir du peuple. Comme les gros poisson le font aux petits…

Cheikh Tidiane Dia

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