loupe du « Le Rénovateur » :Les petites phrases d’un grand manœuvrier

renovateurRAPIDE INFO : Les petites  phrases politiques de Mohamed Ould Abdel  Aziz  ne surprennent plus l’opposition de façon générale, le FNDU en particulier,  encore moins   une opinion publique harassée par des discours redondants. Ces derniers jours encore  l’homme  fort de Nouakchott revient sur l’idée du dialogue politique en lâchant dans  l’air des propos très généraux qui rappellent l’approche d’un scrutin électoral prévu au mois de mars prochain.

Le président n’a pas dérogé à une certaine habitude consistant à prendre la politique comme un exercice de diversion à chaque fois que la situation sociale et politique  du pays se détériore. Il cherche orienter la boussole politique dès que l’horizon commence à s’assombrir pour donner matière à commenter à la classe politique et à la presse.

Un tel exercice qui revient à quelques mois du renouvellement des deux tiers du sénat relance tout de même le débat sur l’avenir de la démocratie mauritanienne qui peine à voler haut. De ruptures en ruptures le processus politique se réduit en simples simulacres d’élections dont la finalité est de plébisciter un homme qui contrôle à lui seul le jeu politique. Avec une opposition laminée largement  dominée par une vieille classe en mal de discours  novateurs, le chemin de l’alternance est encore très loin pour espérer voir réunir les conditions nécessaires à un changement constructif.

Au lieu de se cacher derrière des micros d’un festival des villes anciennes  pour parler de politique là où il était venu inaugurer des manifestations culturelles, pourquoi le Président ne  montre pas l’exemple en se consacrant à une initiative dont il sera lui-même le principal artisan ? Pourquoi  n’accorde-t-il pas un intérêt à écouter ses adversaires qu’ils  ne doit pas prendre comme des ennemis pour faire avancer le processus démocratique dont aucun démocrate sincère ne saurait s’en  réjouir en l’état actuel.

Ce ne sont pas des petites phrases prononcées à mille lieues de la capitale qui pourront créer un cadre efficace de concertation mais bien une volonté affirmée de traiter sans complexe avec toute la classe politique et tous les acteurs de référence. Si tant est,  Mohamed Ould Abdel Aziz devait s’en tenir à son sujet objet de son déplacement à Chinguitty au lieu de se perdre dans un mélange de genres  en s’aventurant  là où on ne  l’attendait pas.

Et c’est justement ce faux pas qui vient remettre en cause l’exercice auquel voulait s’essayer le président. Aziz aurait mieux fait d’accorder une attention particulière à sa communication en demandant conseil à ses chargés de communication.

Sinon à quoi sert d’avoir à ses côtés des hommes auxquels on ne se confie pas pour s’adresser à l’opinion nationale et internationale.

Sur ce plan les petites phrases censées séduire et captiver les esprits se sont   avérées  bien en deçà du niveau qu’il fallait. Au final, sans réchauffer la scène politique les propos du Président ont sonné comme un coup d’épée dans la mer sablonneuse du désert   Chinguittien.

Cheikh Tidiane Dia  

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge