Loupe du ‘Le Rénovateur’ : Une bureaucratie éparse… sans performances

tidiane diaL’un des défis majeurs auquel le pouvoir actuel doit faire face est sans doute la remise en ordre du système bureaucratique qui reste toujours dominé par le sceau quantitatif.

L’administration publique mauritanienne se caractérise par une excroissance de ses services qui renvoient leur image tentaculaire dans tous les quartiers résidentiels de Nouakchott. Des villas tiennent lieu de projets, de programmes, de cellules, de commissions, d’offices de ceci ou de cela etc.

Cette mauvaise répartition est non seulement une source de gaspillage des ressources publiques mais aussi une déperdition d’énergies aboutissant à un déficit du rendement. Les locaux de certains ministères sont suffisamment vastes pour accueillir certains services relevant de leur tutelle et qui délocalisés ailleurs grèvent le budget de l’Etat sans aucun impact sur le développement.

On compte des centaines de ces services annexes qui absorbent des dépenses énormes, emploient un personnel superflu alors qu’ils n’ont aucune utilité en terme de services publics rendus au pays.

Le ministère des affaires économiques se taille la part belle dans cette pratique de dissémination administrative très artificielle avec une pléthore de bureaux situés dans tous les quartiers chics de la capitale que rien ne justifie véritablement.

Le ministère de l’agriculture a lui aussi hérité de cette longue tradition de déconcentration administrative déraisonnable qui permettait à ses responsables de mieux disposer des ressources publiques à des fins personnelles.

C’est à ce prix que des directions relevant de ce département ont englouti des milliards d’um avant de disparaître. Le secteur des finances, de la santé, de l’éducation ne sont pas en reste dans cette prolifération bureaucratique. De telles mauvaises planifications génèrent deux types d’administrations : l’une plus présente, mieux visible et fréquentable en dépit de ses contre-performances.

L’autre isolée à l’intérieure des villas, toujours désertes et désertées par son personnel. Il y a comme une volonté de saboter les symboles de l’Etat. La seule marqué déposée permettant de reconnaître l’emplacement de ces lieux est la plaque d’affichage peinte aux couleurs du drapeau nationale.

A l’intérieur, le seul à qui on a la chance de s’adresser est l’employé qui se nomme planton ou un gardien logé dans une pièce à l’entrée de la maison. Pourquoi persévérer dans ces pratiques anarchiques qui n’ont que trop duré ? Est-ce la meilleure façon de lutter contre le gaspillage des deniers publics ? Ce n’est pas en encourageant l’extension du système bureaucratique qu’on prône la bonne gouvernance économique.

Aujourd’hui avec la modernisation des outils de gestion, les grands espaces administratifs se dégonflent par le système de partage des bureaux qui offre un cadre plus convivial et plus dynamique au travail. Alors que dans nos administrations chaque employé réclame qu’on lui affecte un bureau avec tous les équipements nécessaires sans rendre aucun service à l’Etat.

Une administration n’a d’utilité que lorsque produit des résultats en se mettant au service des usagers. Ce qui est tout le contraire chez nous où les ordinateurs, le téléphone, le clim sont des décors de prestige et non des outils de progrès ! On est loin au temps où avec peu de moyens les administrations fonctionnaient à merveille. Plus que jamais l’Etat doit remettre de l’ordre dans son système bureaucratique pour limiter ses dépenses et faire un meilleur usage de ses ressources humaines.

Cheikh Tidiane Dia

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