Loupe du Rénovateur : Le Président Aziz entre Viva et brassards rouges

Dia1Dans ses randonnées au Brakna, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz aurait bien savouré les accueils populaires d’immenses foules qui déferlent comme une marée noire si des vagues de contestations ne s’étaient mêlées à l’événement.
Les politiciens et les barbouzes auront tout fait pour que les choses ne sentent pas le souffre et que le Président n’entende pas le moindre son discordant, en vain ! Aziz a été certes ovationné comme un prince mais tout cet élan hospitalier s’est détérioré dans certains endroits où il fut  «matraqué » par des discours hostiles.
D’Aleg à Boghé jusqu’à Dar El Barka le Président aura entendu de ses « propres » oreilles le message envoyé directement par des porteurs de brassards rouges très remontés contre des injustices d’ordre politiques, sociales, économiques.
A la libération des détenus d’IRA et celui de Kawtal se sont ajoutés les problèmes de survie des populations principalement dans la vallée où l’expropriation foncière alimente fortement le mécontentement des populations victimes depuis des décennies d’usurpation de leurs propriétés séculaires par des nouveaux maîtres terriens.
A côté des inaugurations dont se sert le pouvoir comme argument de fond pour séduire les masses se dresse un tableau très catastrophique que ne cesse d’aggraver les peines et souffrances des pauvres qui n’ont plus envie de s’abreuver dans la mare des promesses démagogiques. Le président ne veut pas accepter que le plan d’intervention en faveur du monde rural n’ait pas été fait de manière efficace.
Les tonnes de blés distribués comme aliments de bétail sont en grande partie périmés sinon détournés à d’autres fins. Cette réalité n’a pas besoin d’être démentie par un discours politique furieux. Pourquoi Aziz s’obstine à soutenir que tout est rose ? Se croit-il infaillible et superman ? La situation est loin d’être comme il présente la Mauritanie à travers des visites où il refuse de voir la réalité en face, d’avoir la magnanimité d’écouter les populations avec une oreille attentive et neutre sans préjugés.
La vallée est encore sous tutelle d’une administration répressive qui impose la force et écrase les populations du sud par des mesures d’expropriation foncières et par bien d’autres actes discriminatoires. Quand Aziz passe et voit des foules en liesse venues par des consignes par le chantage et mêmes des intimidations politiques il n’a plus besoin de s’interroger si ces pauvres se plaignent dans leur existence et surtout si leur vie a changé ?
En revanche si des brassards surgissent dans la foule alors que tout semblait calme et parfait, il doit prendre la mesure de la situation et se demander ce qui ne va pas, au lieu de voir là des adversaires envoyés par des ennemis mortels. La démocratie donne la liberté à chacun d’exprimer ce qu’il pense et ce qu’il ressent. Loin de se résoudre à ce principe sacré, l’autorité publique a démontré que seule la force tient lieu de mode de gouvernance. Aziz doit bien méditer ce qu’il a vu durant certaines étapes de sa visité dans la vallée.

CTD

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