L’UE lance l’opération Navfor Med contre le trafic de migrants

Sauvetage de migrantsLes ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères étaient réunis ce lundi 18 mai à Bruxelles pour donner formellement le feu vert à l’opération Navfor Med. Objectif : décourager les trafiquants d’êtres humains à prendre la mer avec des milliers de migrants dans leurs embarcations, saisir leurs bateaux et les détruire.

L’objectif avoué de cette opération baptisée Navfor Med est de casser le commerce des trafiquants d’êtres humains. Cette opération cible les côtes libyennes, considérées comme une plate-forme importante du trafic de migrants. Le but est la sécurisation de la Méditerranée et le sauvetage des émigrés en perdition. Mais d’abord le recueil de renseignements par satellites, radars et surveillance aérienne pour tracer le parcours des filières utilisées par les passeurs.

Son quartier général sera établi à Rome. Navfor Med prévoit de déployer des bâtiments de guerre et des avions de surveillance des armées européennes. La France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne devraient ainsi soutenir les efforts logistiques de cette opération.

Pas d’intervention militaire en Libye

Même si Navfor Med est décrite comme une opération de sécurité et de défense, il est certain qu’il n’y aura pas d’intervention militaire, même ponctuelle, sur les côtes libyennes. La Haute Représentante pour la politique extérieure de l’UE, Federica Mogherini, l’a expressément exclu. Pour l’instant, il n’y aura pas non plus de bâtiments européens dans les eaux territoriales libyennes. Les navires militaires européens seront pour l’instant cantonnés aux eaux internationales ou européennes. Et cela restera ainsi tant qu’une résolution n’aura pas été votée par les Nations unies.

Les Européens tentent depuis la semaine dernière de convaincre la Russie de la nécessité de cette résolution. Il semble que si la mention de la destruction des embarcations des passeurs était enlevée du texte, la Russie pourrait lever son opposition. C’est en tout cas ce que disent plusieurs chancelleries européennes.

Pour la chercheuse Delphine Perrin, « cette mesure est inadaptée à l’ampleur du problème ». Cette mesure ne fera, selon elle, « que déplacer le problème ». Un scepticisme partagé par le sociologue tunisien Mehdi Mabrouk, sociologue tunisien, qui juge cette opération « contre-productive », car elle pourrait bien dessiner de nouvelles routes de la migration. En parallèle à ce projet, l’UE a triplé les ressources de deux opérations du programme Frontex, l’agence de surveillance des frontières européennes.

Source: RFI

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