L’UPR s’implante : Gare au dernier !


L’Union Pour la République se prépare a lancer une campagne d’implantation d’envergure. La décision a été prise dans ses dernières réunions qui vise à désigner les structures de base du parti en prévision des futures élections municipales et législatives.

L’Union pour la République se prépare pour les toutes prochaines élections. C’est dans cette perspective qu’elle a décidé d’engager dans les plus brefs délais, une campagne d’implantation avec pour objectifs déclarés : la mise en place de structures performantes dirigées par des leaders politiques élus de la base. Considérée comme l’une des plus grandes voies de satisfactions des désirs et ambitions politiques, l’UPR devrait alors connaître une ruée des cadres. Comme au bon vieux temps du PRDS. Ce sera à qui déclarera le premier son adhésion au Parti (unique).

Le fait d’être déjà un soutien du président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans un parti comme le PRDR ou le RD ne paraîtrait plus suffisant. Il faut être dans le parti qui a tous les égards de la part du pouvoir. Ce parti qui a l’avantage, sur tous les autres, d’enrôler (de force ?) dans ses rangs les membres du gouvernement, les hommes d’affaires, les chefs de tribus, les Secrétaires généraux de ministères, les walis, les hakems, bref, tous ceux qui ont des privilèges à défendre. Les autres jouent au même jeu. Ils se disent que leur tour viendra bien un jour, n’étant pas condamnés à attendre dans l’antichambre du pouvoir. Il faut seulement faire preuve de patience puisque le président Ould Abdel Aziz ne semble pas remarquer que l’actuel gouvernement n’est pas populaire. Mais le maintenir encore quelque temps contribue, sûrement, à agacer cette opposition qui se mêle de ce qui ne la regarde pas. La question du changement du gouvernement ou non évacuée, il faut maintenant profiter de la redistribution des cartes au niveau du Parti. C’est en cela que la campagne d’implantation qui se prépare sera décisive. Comme toujours, elle mettra en compétition, au niveau des wilayas et des tribus les personnalités qui, traditionnellement, détiennent le pouvoir local. Ce sera à qui montrera qu’il peut  » mobiliser  » le plus grand nombre d’adhérents dans la perspective de l’occupation de ce qui est encore une terra incognita, même si ceux qui sont déjà là, structures provisoires ou pas, refuseront par tous les moyens de céder la plus petite parcelle de leur pouvoir. Et à ce sujet, on peut déjà remarquer une chose : la composition de la fameuse commission de supervision au plan national donne une idée de ce que sera le parti. Un parti de l’administration !

Quoi qu’il en soit, l’implantation bientôt en cours permettra de répondre à deux questions essentielles : L’UPR n’est-elle, en fin de compte, que le PRDS recyclé ? Au quel cas, on pourra l’appeler, désormais, l’UPR(DS), ou quelque chose de ce genre. S’agit-il d’un géant aux pieds d’argile devant son aura actuelle, non encore prouvée par les urnes, au seul fait qu’Ould Abdel Aziz l’a adopté comme le  » parti présidentiel  » ? Et puis on verra bien comment les autres partis de la majorité vont résister à la déferlante de l’UPR (ds) dans le système de vases communicants que déclencherait, inévitablement, la campagne d’implantation de ce parti – Etat.

Déjà, il est curieux de constater que les commissions d’implantation renferment en leur sein bon nombre de hauts cadres en activité, tels ce directeur dans l’administration des Impôts, ce conseiller du ministre de l’Enseignement fondamental ou cet autre de son collègue de la Santé ! C’est déjà un premier motif d’inquiétude, non pas parce qu’il s’agirait ici d’une sorte d’enrôlement, de facto, des hauts cadres, mais parce que l’administration pourrait être paralysée tout le temps que durera cette implantation. Le parti n’est ainsi vu que comme un tremplin pour accéder aux postes tant convoités de ministre de la République, de directeur d’un grand établissement public, de secrétaire général ou d’ambassadeur. Et l’on peut penser, dans ce cadre, qu’à l’issue de l’implantation ou de la tenue du premier congrès du Parti, le changement de gouvernement tant attendu pourra avoir lieu. Il faut donc s’attendre à ce que la bataille pour le positionnement au niveau des wilayas et moughataa du pays soit rude.

C’est cette perspective d’être aux premières loges, quand le parti se restructurera pour de bon, qui sera à l’origine des  » troubles existentiels  » des autres partis de la majorité et même, à un degré moindre, des formations de l’opposition.

Implanter et voir venir

L’implantation de l’UPR est une étape importante qui permettrait de voir le poids réel de la formation présidentielle avant la tenue des élections législatives qui avancent à grands pas. D’aucuns pensent que cette opération ne servira que les desseins de ceux qui veulent établir un rapport des forces avantageux dans la perspective du choix des candidats et que la publication de la liste des  » nominés  » du pouvoir poussera vers la sortie tous ceux qui ont eu l’habitude de se présenter en  » indépendants « . C’est d’ailleurs pour cette raison, avance-t-on, que lors des journées de réflexion de la Majorité, l’UPR a travaillé pour que les candidatures indépendantes soient proscrites. Elle ne voudrait pas qu’après avoir gagné haut la main le renouvellement du tiers du Sénat, elle reçoive une claque au rendez-vous des législatives à venir. Et quand bien même, on verrait mal comment le pouvoir pourrait demander, susciter, le changement de

l’équipe dirigeante de l’UPR sans que cela passe pour une autre preuve de tergiversation et de manque de maturité politique. Le parti pourrait ainsi profiter de la stabilité au sein du gouvernement après avoir entendu la Présidence de la République laisser clairement comprendre qu’il ne devrait pas y avoir à changer de locataire à la Primature.

On devra suivre de très près les opérations d’implantations de l’UPR qui joueront encore plus sur la reconfiguration de la scène politique nationale que l’existence consacrée de deux grandes coalitions. En même temps que l’UPR se restructure, les autres formations (de la majorité ou de l’opposition) ne pourraient résister à la force centrifuge que provoquerait la ruée vers le parti du pouvoir. De vastes déstructurations en perspective. Et comme on l’a écrit il y a quelques semaines,  » on est presque dans une société de sorcières où les plus fortes mangent les enfants des plus faibles. La leçon du PRDS n’a apparemment pas servi.  »

JOB

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