FAIT DIVERS: Macabre fête d’El Id El Fitr : Meurtres en série

La série de méfaits qui a conduit à de nombreux dommages dont la mort d’enfants innocents a secoué le microcosme socio-économique national : l’émotion a frappé les mauritaniens qui devaient fêter El Id El Fitr après qu’un membre du personnel de santé, à Nouakchott, se soit transformé en un bourreau en massacrant ses quatre enfants, de sang froid.

Auparavant, une femme avait jeté deux de ses enfants dans un puits, quelque part à l’est du pays, dans un hameau du nom de R’Heila près de Tintanne.

Et toujours à Nouakchott, des jeunes, à bord d’un véhicule de luxe, faisaient irruption avec une arme de feu et des barres de fer, dans un salon de coiffure en face de l’ISERI, où ils effectueront un véritable travail d’un gang abidjanais au temps de Gbagbo, enlèvant une fille de 17 ans qui sera violée et jetée dans la rue.

Quelques jours avant la fête de la Korité, un membre du personnel de santé s’est transformé en un bourreau inqualifiable en massacrant ses quatre enfants, de sang froid. L’homme aurait rué sa propre progéniture pour, dit-on  » s’affranchir du lourd fardeau des dépenses de la fête «  !

Acceptons, de bonne foi, que l’infirmier soit atteint d’une quelconque démence ou par d’autres troubles psychologiques aigues, mais comment peut-on concevoir, dans la gestion de notre personnel de santé qu’une personne pareille puisse être laissée à elle-même, vaquer à ses tâches professionnelles et sociales sans qu’aucune forme de  » suivi-surveillance  » ne soit exercée sur elle ?

Et si le massacre avait été commis contre les patients en attente devant les consultations d’un médecin ou contre les internés d’un service ? Et si la pulsion meurtrière s’était réveillée en lui en pleine mosquée ou dans un marché alors qu’il avait une arme à feu sophistiquée comme il en circule comme des petits pains en Mauritanie ?

Moins de deux jours plus tard, c’est une femme qui jeta deux de ses enfants dans un puits, quelque part à l’est du pays, dans un hameau du nom de R’Heila. Etait-elle, elle aussi, atteinte de démence ? On ne sait pas. Et probablement, elle sera  » sauvée  » par cette légère excuse que l’on trouve souvent pour sauver certains criminels patentés de la condamnation.

Dans la même journée, des jeunes, à bord d’un véhicule de luxe, font irruption avec une arme de feu et des barres, dans un salon de coiffure en face de l’ISERI, où se tressaient un groupe de filles. Ils effectuent un véritable travail d’un gang abidjanais au temps de Gbagbo et enlèvent une fille de 17 ans qui sera violée et jetée dans la rue, juste derrière le QG de la police de Mesgharou, comme on l’appelle.

Là aussi, tout le monde attend d’y voir plus clair par rapport à la suite des enquêtes avec les membres du gang dont certains ont été arrêtés et d’autres courent encore. Et cet acte criminel revêt un caractère particulier, car il s’agit de la  » descente  » d’une bande issue d’un certain groupe social contre des filles et des femmes issues d’un autre, dans une violation gravissime du code de l’honneur que personne n’avait jamais oser violer de la sorte, nonobstant le dramatique épisode des viols collectifs massifs commis par des hommes en treillis contre des filles et des femmes dans la Vallée durant les années de braise. Que des civils, munis d’une arme, s’en mêlent, en plein cœur de la capitale, ça doit pousser à la réflexion.

Encadré : Drame à Arafat

Un fait inédit s’est produit le 16 août au quartier d’Arafat de Nouakchott : l’infirmier Houssein Ould Mohamed, – 40 ans- a mis fin à la vie de ses quatre enfants, deux garçons et deux filles dont l’ainé a 12 ans et un noourrisson.

La scène s’est produite dans la soirée de jeudi dernier à Arafat. L’homme aurait attendu le départ de son épouse vers le marché où elle devrait trouver des habits de fête aux enfants, pour qu’il réalise sa besogne. Il aurait trouvé ses quatre enfants endormis et enveloppés de draps pour les égorger un à un à l’aide d’un coupe-coupe.

Avec un sang froid particulier, il aurait attendu l’arrivée de son épouse pour lui annoncer qu’il lui aurait trouvé la solution face aux demandes incessantes des enfants qui voudraient se procurer des habits de fête :  » je t’ai débarrassé de tes enfants «  lui aurait-il dit exhibant la tête de l’un d’entre eux ! Et ce sont les cris de la bonne dame qui auraient ameuté le quartier. En un laps de temps, l’horrible était découvert : le corps des quatre enfants gisaient par terre dans une mare de sang ! La police avisée, se rendit rapidement sur le champ. Elle eu des peines à disperser la foule d’aucuns usant de leurs téléphones portables pour prendre des images de la scène de morts.

D’après des témoins, l’homme était placide, et semblait ne pas comprendre qui se passait. Il s’était assis sur un matelas observant silencieux le corps de ses enfants. La mère par contre, ne cessait pas de crier, entourée qu’elle était par ses voisins.

La demeure évacuée, la police plaça le couple dans une voiture avant de l’emmener vers une destination inconnue avant que le Procureur ne se rende sur place pour constater les morts.

Pour l’heure, on dit que l’homme souffrirait de psychopathie. La psychopathie est un trouble de la personnalité qui a été décrit comme étant caractérisé par des émotions peu profondes (en particulier une crainte réduite), un manque d’empathie, de l’égocentrisme, de l’impulsivité, de l’irresponsabilité, de la manipulation et un comportement antisocial comme un mode de vie criminel et instable.

D’ailleurs, ces trois cas d’atteintes graves à l’ordre social doivent emmener les Mauritaniens, à commencer par les responsables politiques et sécuritaires, à réfléchir sur la montée croissante d’un type nouveau de crimes dans la société. Le phénomène doit être sérieusement étudié et froidement analysé afin que des pistes crédibles d’explication et d’interprétation puissent être dégagées, ce qui permettra de faire des propositions de prévention et de lutte. Il ne sert à rien de se voiler la face de continuer à étouffer les crimes et les scandales pour sauver un honneur héréditaire supposé d’un criminel ou pour préserver une image chimérique qui n’existe plus dans la réalité quotidienne de notre peuple qui est devenu, finalement, un peuple ordinaire comme tous les autres et qui peut être traversé par des courants criminels sadiques et stoïques pouvant dépasser l’imaginable dans l’irréparable que ses auteurs commettent.

Si l’on concède que le facteur ayant déclenché la phobie meurtrière du carnage de Arafatt est la question des dépenses de la fête, l’on ne saura jamais trouver d’explication aux deux autres actes, si ce n’est, peut-être cette tendance criminelle de plus en plus affichée dans certains milieux de la société mauritanienne.

Jadis, le meurtre était le sommet de la bestialité dans nos rues. Aujourd’hui, il est presque banal. Parce que l’Etat, lui-même, assassine gratuitement (Mangane, Mechdhoufi, Ould El Mouala, pour ne citer que ceux-là) et que certains criminels, dont des assassins célèbres et récidivistes même finissent toujours par être  » arrangés  » et n’écopent jamais de peine ! Idem pour les viols (individuels ou collectifs) et pour les vols à main armée dont certains professionnels circulent librement à bord de véhicules… volés !

Il est du devoir de tous aujourd’hui de bien réfléchir sur la dérive criminelle qui guette notre société et menace notre pays. Avant qu’il ne soit trop tard…

MOMS.

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