Madagascar : face-à-face inédit aux Seychelles entre Rajoelina et Ravalomanana


Le président de la transition malgache et l’ancien chef de l’Etat – qui vit en exil en Afrique du Sud depuis 2009 – se sont retrouvés le 24 juillet aux Seychelles. Ils sont ensemble ce mercredi pour discuter à huis clos sous l’égide de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

Les médiateurs de l’Afrique australe espèrent que cette rencontre pourra déboucher sur un « accord final », pour sortir de la crise dans laquelle la Grande île est plongée depuis le renversement de Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, il y a trois ans. Et pour cela, l’organisation impose la discrétion.

Silence radio. C’est un ordre de la SADC, (l’organe de politique défense et sécurité de la Communauté des Etats d’Afrique australe). Les discussions qui se tiennent aux Seychelles sont tenues secrètes et les deux parties sont interdites de déclarations publiques. Les médiateurs ont d’ailleurs directement critiqué la mouvance Ravalomanana, accusée d’avoir divulgué certaines informations concernant la réunion.

« Ce genre d’opportunisme politique n’est pas utile au processus », indique la Communauté de développement de l’Afrique australe.

Tout est fait -donc- pour que rien ne perturbe ce tête-à-tête, après une succession de rencontres élargies sans résultat. L’échange à huis clos devrait se dérouler sur un îlot isolé, en présence du président sud-africain Jacob Zuma qui dirige la troïka, selon son porte-parole Marius Fransman.

Même si rien ne filtre sur l’ordre du jour, la question du retour de Marc Ravalomana à Madagascar sera sans aucun doute au coeur des négociations, sachant que l’ancien président a été condamné par contumace à des travaux forcés à perpétuité.

Et puis autre grande question, celle des candidatures des deux protagonistes à la prochaine présidentielle, qui doit se tenir en 2013. Pour certains observateurs, leur retrait à tous les deux serait la solution. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sont en tous cas sous pression : les médiateurs leur ont donné jusqu’au 31 juillet pour s’entendre.

Le rôle de l’Afrique du Sud

Jacob Zuma qui préside la troïka de la SADC,  tente une nouvelle fois de jouer les médiateurs entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Cette fois, les deux hommes se voient en tête-à-tête, en présence du président sud-africain. Mais cela ne garantit pas le succès de la rencontre. L’Afrique du Sud a déjà été échaudée à plusieurs reprises dans le dossier malgache.

En avril 2010, des négociations organisées à Pretoria sur un projet de sortie de crise présenté par la France, l’Afrique du Sud et la SADC ont été un échec. Il y a un peu plus d’un an, toujours sous l’impulsion des Sud-Africains, une feuille de route a été adoptée, devant conduire Madagascar vers des élections. Cette feuille de route n’est toujours pas appliquée.

Ces derniers mois, l’Afrique du Sud s’est montrée de plus en plus impatiente envers les différents protagonistes malgaches de la crise. Pour Marius Fransman, porte-parole de Jacob Zuma et vice-ministre sud-africain des Relations internationales, le processus est dans l’impasse. Et Madagascar, toujours sous le coup de sanctions internationales, s’enfonce dans la crise politique et sociale.

A la veille de cette rencontre, la France a encouragé l’ensemble des acteurs malgaches à dialoguer. Déclaration faite par la voix du ministère français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Par ailleurs, la radio d’opposition malgache Free FM n’émet plus depuis dimanche. Cette radio avait diffusé un message d’un officier annoncant un coup d’Etat, le jour de la mutinerie qui a eu lieu dans une base militaire proche de l’aéroport d’Ivato, à Antananarivo. La directrice du média explique sa décision par des intimidations de la part des forces de l’ordre.

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