Mali : Aziz vient de donner un signal fort pour rassurer les mauritaniens…

Enfin parfaitement bien conseillé grâce à de nouvelles recrues, Aziz vient de faire un geste fort qui rassure tout le pays de l’armée aux charretiers : pour ne pas botter en touche à l’heure où les patates chaudes courent dans tous les sens vers la Mauritanie pour échapper à l’aviation française, il prit l’avion pour la Tunisie, les Emirats et certainement Paris comme si de rien n’était. L’homme qui gère tout au plus près, gère l’inquiétude du pays en prenant de la distance avec les événements…

C’est admirable d’efficacité. Cette technique consistant à toujours minimiser le danger ou les forces de l’ennemi est une philosophie des salons nouakchottois où souvent en cas de péril ou de changement politique majeur surtout s’il est question d’armes, l’élite se terre en attendant de savoir dans quel sens tourne le vent qui fera le plus fort à suivre ou le plus dangereux à craindre.
C’est ainsi que depuis l’entrée en guerre des forces spéciales françaises avec la caution de l’ONU, le soutien logistique anglo-américain, la compréhension russe, et même l’autorisation algérienne de survol de son espace aérien, une bonne partie de l’élite arabo-berbère qui riait de l’état de l’armée malienne face à l’avancée de nos cousins égarés, notre élite de politologues avertis opte désormais pour le silence guerriéro-maraboutique de chez nous en temps de guerre où les initiés à cette forme de courage intellectuel se lancent par télépathie le mot d’ordre ancestral  «  wol vehmou ! » suite auquel chacun enturbanné de silence prend l’air détaché où de temps en temps brille l’œil du borgne qui attend que les autres s’aveuglent pour servir le plus fort…
Cette technique philosophique du repli silencieux dit du sage qui en impose est chez nous la marque de la plus haute profondeur de l’esprit alliée au sens aigu des responsabilités car avoir peur et donner l’air d’être serein est un art consommé de notre élite. C’est cette même philosophie qui fit que pas un ne bougea quand les cavaliers du changement ont attaqué Taya et que pendant 48H on ne savait plus qui dirigeait quoi, c’est la même encore tout récemment quand Aziz a pris une balle et que cette élite du pouvoir et de l’opposition se terra en attendant de savoir s’il allait en réchapper ou pas, c’est la même quand ceux qui pour s’opposer marchent dans tous les sens sauf dans la direction du palais car trop dangereuse.
Il y a de quoi se terrer en effet car, ironie du sort, hier, notre élite se moquait de l’armée malienne et voilà que maintenant elle découvre que la Mauritanie est devenue entre-temps, le maillon faible de cette affaire malienne. Ce n’est pas encore, Dieu merci, l’arroseur arrosé mais plutôt le gonflé dégonflé. Tout le monde tremble car chacun se demande bien ce que la Mauritanie va devenir entre l’afflux des réfugiés impossible à entretenir et qui peut d’ailleurs cacher n’importe qui le temps que les choses se calment pour repartir à l’attaque, et le repli des forces des illuminés qui de l’aveu d’Aziz sont trop armés et trop nombreux pour être combattus sauf s’ils viennent chercher refuge chez les cousins de la république islamique light auquel cas, la Mauritanie n’a pas dit un mot au sujet du droit de poursuite qui lui permit naguère d’aller bombarder au cœur du Mali à 65 km de Tombouctou.
Comment la Mauritanie pourrait-elle refuser aux maliens ce droit de poursuite ?
De même, en cas de repli vers nos terres comme apparemment ce fut déjà le cas, que vont décider nos généraux qui n’ont jamais vu la guerre de si près ? Les repousser sans avoir les moyens de les combattre de l’aveu même du chef de l’état surtout que la Mauritanie ne pourra jamais demander de l’aide en cas de conflit avec ces gens-là vu qu’elle refuse de répondre à l’appel du voisin démocrate ? C’est cela le plus grave ! Si demain ces bandes armées décident de s’attaquer à nous, nous n’aurons plus alors qu’à en appeler à la France… Ce serait peut-être un remède de cheval pour guérir certains des fantasmes de puissance de l’arabité errante sans rien pour se défendre que les incantations…
Ainsi, la Mauritanie est condamnée à faire ce que le chef de l’état et notre élite sont en train de faire, se taire en craignant le pire. Elle ne peut rien d’autre. Rien !
Voilà où on arrive quand on n’a aucune vision à long terme et qu’on avance au gré de l’arrogance sous les ordres d’une puissance régionale toujours la plus forte du moment seule capable d’atteindre le fauteuil présidentiel. Ceux qui nous dirigent finalement sont comme chacun de nous, pauvre peuple, qui suit le plus fort du moment sauf qu’il y a une différence entre suivre chez soi un des nôtres et jouer au saffague d’une puissance étrangère arabo du moment…
Que Dieu nous protège de la berlue de nos dirigeants qui malgré des yeux plus gros que le ventre ne voient pas plus loin que leur moustache.

Cela dit, cette technique du gonflage dégonflage en fonction des événements semble réussir à Aziz dans cette affaire car comme toujours il arrive à plaire à toutes les parties : il n’a pas refusé à la France le survol de notre territoire, osait-il d’ailleurs, il n’a pas refusé à l’Algérie de refuser d’entrer en guerre, il n’a pas refusé aux maliens de rester neutre à condition que le MNLA baisse les armes en entrant en Mauritanie et aux illuminés s’ils attaquent la Mauritanie, il les prive d’échappatoire !

Il n’a rien refusé à personne et toutes les parties ennemies les unes des autres sont plus ou moins satisfaites de lui ! Ajib…
Jusqu’à quand ?
Wait and see…
Source : CHEZVLANE

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