Mali : Economie souterraine florissante.

Mme Aminata Traoré, coordinatrice du forum pour un autre Mali a déploré l’inertie de l’économie malienne  dont les acteurs sont réduits à « recycler le reste des déchets du Nord qui semblent constituer aujourd’hui l’élément moteur de cette économie ».

Mali-BAMAKO economieIntervenant au cours de l’atelier sur  « les politiques sur la pauvreté et le développement dans les pays les moins avancés »,  Mme Traoré a imputé  la faute à  une élite politico économique qui s’est arrangée, des années durant à vendre une image idyllique du Mali pour « mieux entrer dans les bonnes grâces de l’occident ».Ironisant, avec un brin d’humour, Mme Traoré   indiquera que « tellement que l’économie marche, les maliens émigrent » avant de s’interroger sur le sort peu enviable réservé à l’or et au coton, les deux principales sources de revenus du pays. La réalité, dira-t- elle, est toute autre, l’Etat a lamentablement échoué en n’arrivant pas à donner des opportunités d’emploi à 100 000 jeunes maliens qui sortent  annuellement des universités. Sans emploi et sans visa, ces  jeunes grandissent les rangs de l’armée, des groupes terroristes ou se livrent à de la contrebande ou au trafic de drogue. Du fait de la démission de l’Etat, fait remarquer l’ancienne ministre de la culture, l’économie réelle est morte laissant du coup place à une « économie souterraine » florissante qui fragilise le tissu économique d’un pays en lambeaux ».

La coordinatrice du forum pour un autre Mali  a déclaré que les associations caritatives islamiques ont pu en un laps de temps répondre à la demande sociale suite à la démission de l’Etat, du fait des politiques d’ajustement structurels, en offrant aussi des opportunités d’emplois  qu’une assistance aux plus démunis.

Elle a enfin plaidé pour l’émergence d’une citoyenneté et des contrepouvoirs tout en minimisant le rôle des 140 partis politiques qui ont du mal à mobiliser les maliens, lors des scrutins électoraux. Lors de la dernière présidentielle, le taux de participation n’était que 36%.

LA REDACTION

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