Mali: la lettre du président Traoré à la Cédéao continue de susciter le débat


Comme RFI l’annonçait le mercredi 5 septembre, le président Traoré a signé une requête en faveur d’un soutien militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) au Mali. Ce jeudi, la classe politique malienne et les représentants des ressortissants du nord se sont dits majoritairement favorables à une telle contribution. Mais les militaires de l’ex-junte ont manifesté leur désaccord.

Le président malien Dioncounda Traoré (G) et Alassane Ouattara, chef d’Etat ivoirien et président en exercice de la Cédéao

Ce jeudi 6 septembre, il est possible de douter que le mécontentement exprimé par un porte-parole des ex-putschistes mercredi traduise le sentiment général des militaires maliens.

Et ce pour une raison : la requête que le président Dioncounda Traoré a formellement fait passer à Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao, reprend totalement l’esprit des propositions faites par le chef d’état-major de l’armée du Mali à ses homologues de l’Afrique de l’Ouest à la mi-août.

Il y était question de deux priorités : qu’il n’y ait pas de militaire étranger à Bamako pour sécuriser la Transition, et que ce soit l’armée malienne qui combatte les islamistes, autrement dit qu’elle reste le fer de lance des opérations. Ces deux conditions sont reprises dans la lettre de M. Traoré.

Le président Traoré m’a chargé de venir auprès de son homologue pour solliciter l’appui de la sous-région, de la Cédéao, de la Côte d’Ivoire, pour gérer ce problème en rapport avec l’Union africaine et les Nations unies

Mais les militaires de Kati disent ne pas vouloir de militaires étrangers au sol. Or, l’état-major de l’armée malienne lui-même, dans un document officiel, fait appel à des bataillons de la Cédéao : trois bataillons militaires pour sécuriser les villes après que l’armée malienne ait chassé les islamistes, et deux bataillons des forces de gendarmerie et de police pour assurer le maintien de l’ordre de ces mêmes localités.

Alors, pourquoi ce mécontentement à Kati ? Depuis le début, il y a en fait des jusqu’au-boutistes parmi les ex-putschistes et autour du capitaine Sanogo. Ils font de la surenchère.

Mais il y a aussi un vrai problème de communication de la part de la présidence. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la lettre transmise à la Cédéao n’a toujours pas été publiée officiellement. A Bamako, les médias ne l’ont pas. Ce mercredi, la télévision n’a même pas évoqué le sujet. Et personne n’a commenté ce document, ni à la présidence, ni au gouvernement.

Il faut se souvenir que mardi soir, l’information n’est pas venue de Bamako mais de Ouagadougou, par la voix d’un diplomate français. Cette absence de communication claire et ouverte est de nature à faire monter la grogne, là où le Mali aurait besoin de calme et de sérénité pour avancer.

Le processus diplomatique est enclenché

Les chefs d’état-major de la Cédéao vont se réunir la semaine prochaine pour préciser ce qu’eux-mêmes envisagent de faire pour répondre à l’appel à l’aide malien, avant que les ministres et chefs d’État de la Cédéao ne se rencontrent à leur tour.

Cette lettre de Bamako permet d’enclencher le processus diplomatique. La Cédéao va pouvoir saisir le Conseil de sécurité de l’ONU, pour lui demander un mandat, et, comme elle le souhaite, un appui aérien et logistique.

Il reviendra ensuite au Conseil de sécurité d’examiner les requêtes ouest-africaines. Jusqu’ici, les Nations unies ont exigé de la Cédéao qu’elle peaufine ses plans d’intervention, les jugeant peu satisfaisants, voire, selon des diplomates, carrément fantaisistes sur le plan financier, car beaucoup trop coûteux.

Source: RFI

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