Mali : les donateurs se réunissent à Addis-Abeba


Dirigeants internationaux et africains se retrouvent mardi pour essayer de trouver les 460 millions de dollars demandés par l’Union africaine.

 

Dirigeants internationaux et africains se réunissent mardi à Addis-Abeba, au lendemain d’un sommet de l’Union africaine (UA), pour une conférence des donateurs destinée à financer le déploiement de la force africaine au Mali et la restructuration de l’armée malienne. L’ONU, l’UE, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon notamment seront représentés à des niveaux divers.

Plusieurs chefs d’État africains, qui participaient dimanche et lundi au sommet de l’UA dans la capitale éthiopienne, devaient aussi prendre part à la conférence. La France qui a déployé d’urgence depuis mi-janvier 2 500 soldats au côté de l’armée malienne pour l’aider à repousser une offensive des groupes islamistes en direction de Bamako, sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Solidarité

Lundi, l’UA a estimé à 460 millions de dollars le budget du déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma). L’organisation pan-africaine prévoit d’y contribuer à hauteur de 10 %, finançant pour la première fois une opération de maintien de la paix. Le Japon va fournir au moins 120 millions de dollars, en aide humanitaire, en aide au développement au Mali, mais également en entraînement militaire, a indiqué un diplomate japonais à l’AFP. « Nous n’allons pas permettre au terrorisme de prospérer dans la région du Sahel, ce serait très dangereux pour la communauté internationale », a ajouté ce diplomate, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

L’Union européenne a de son côté promis 50 millions d’euros. « Il y a de bonnes chances que la totalité des coûts soient couverts, et certains coûts seront pris en charge par les pays africains eux-mêmes », a déclaré lundi à l’AFP le commissaire européen au Développement Andris Pieblags, qui représente l’UE pour cette conférence. La Grande-Bretagne a quant à elle indiqué envisager d’entraîner la Mission et de fournir une aide logistique sans plus de précision.

Les besoins financiers pour la restructuration des forces maliennes n’ont, eux, pas été rendus publics. Des diplomates estimaient ces derniers jours à 700 millions de dollars le besoin total en financement de la Misma et de l’armée malienne. Samedi, les chefs des états-majors ouest-africains, dont les contingents doivent former le gros de la Misma, ont décidé de faire passer leurs effectifs promis au Mali de 4 000 à 5 700 hommes. Le Tchad a séparément promis plus de 2 000 soldats.

Manque de ressources financières

Le manque de ressources financières et logistiques handicape sérieusement le déploiement de la Misma, mise sur pied depuis plusieurs mois par la Cedeao pour venir en aide aux forces maliennes face aux groupes islamistes armés qui ont pris le contrôle de la moitié nord du pays mi-2012, et bénéficiant de l’aval du conseil de sécurité de l’ONU depuis décembre. Seuls 2 000 soldats africains au total ont pour l’heure été acheminés au Mali ou au Niger voisin.

« Les contributions peuvent être (…) en nature, logistiques » pour pourvoir à « des besoins qui sont connus quand il s’agit de déployer des forces armées de pays en voie de développement », a déclaré à l’AFP le commissaire de l’UA à la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra. « Nous avons bon espoir de mobiliser des ressources et des équipements propres à nous permettre d’assurer une certaine autonomie pour ces forces pendant quelques mois », a-t-il expliqué, soulignant que des « arrangements plus stables » seraient ensuite demandés à l’ONU sur le budget des opérations de maintien de la paix.

Vendredi soir, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a par ailleurs demandé d’urgence une aide « temporaire » – acheminement de troupes, médicaments, rations alimentaires… – à l’ONU, sur ce même budget du maintien de la paix, afin de permettre à la Misma de se déployer rapidement. Selon Jakkie Cilliers, directeur exécutif du centre de réflexion basé à Pretoria International Strategic Studies (ISS), « un engagement substantiel est indispensable » de la part des pays donateurs. En raison de la crise, « tout le monde sait que les ressources sont limitées partout dans le monde, mais il s’agit d’une priorité, pour l’Europe en particulier », a-t-il souligné.

 

Lepoint

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge