Mali : Paris ne confirme pas la mort d’Abou Zeid, analyses ADN en cours à Alger

 

Les autorités françaises ont refusé, vendredi 1er mars, de confirmer la mort dans le nord du Mali d’Abdelhamid Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). De leur côté, des médias algériens assurent que des tests ADN sont en cours pour tenter de identifier le corps de l’émir d’Aqmi.

Près de 24 heures après l’annonce de la mort d’Abdelhamid Abou Zeid par plusieurs médias algériens et français, Paris ne confirme toujours pas l’éventuel décès de l’émir d’Aqmi lors de frappes aériennes françaises ces derniers jours sur le massif des Ifoghas, dans l’extrême-nord du Mali.

« C’est à prendre au conditionnel, nous n’avons pas de confirmation officielle », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, invitant à faire preuve d’« une extrême prudence. (…) Nos forces sont engagées dans des opérations extrêmement dures sur le terrain, qui sont des combats sans merci. Tout compte, y compris l’information. Je crois qu’il faut être extrêmement prudent avec celles que l’on a, celles que l’on répercute. Pour l’instant, ce n’est pas confirmé », a-t-elle poursuivi sur France 2.

« Des informations circulent, je n’ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu’au bout de l’opération », a déclaré pour sa part le président François Hollande, qui évoquait dans un discours l’opération militaire au Mali, entrée « sans doute » dans sa dernière phase, « sûrement la plus délicate ». On soulignait par ailleurs dans son entourage qu’il reviendra aux autorités maliennes « d’identifier les personnes qui font l’objet d’actions militaires » ayant eu lieu sur leur territoire.

Tests ADN

Selon la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, Abou Zeid serait mort avec un quarantaine d’autres islamistes dans le nord du Mali, tandis que trois jihadistes auraient été arrêtés par les troupes françaises. Citant des « sources sécuritaires », le site en ligne d’Ennahar annonçait jeudi soir que les soldats français ont découvert les corps « de 40 terroristes, dont celui d’Abou Zeid », après de violents combats près de Tigharghar, dans le sanctuaire d’Aqmi et des islamistes les plus radicaux situé dans l’Adrar des Ifoghas.

Vendredi, le quotidien algérien El Khabar rapportait pour sa part que des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille d’Abou Zeid, afin de confirmer son identité. « Les services de sécurité sont en train de comparer l’ADN de deux proches parents d’Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d’un corps remis par les forces françaises » aux autorités algériennes, précise El Khabar.

Otages

De son vrai nom Mohamed Ghedir, l’Algérien Abou Zeid, 45 ans, est considéré comme l’un des chefs les plus radicaux des groupes islamistes du nord Mali, soupçonné notamment de la prise en otages de nombreux occidentaux. Petit et maigre, il est apparu pour la première fois en 2003 lors du spectaculaire enlèvement dans le grand sud algérien de 32 touristes européens par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d’Aqmi.

Ancien trafiquant devenu islamiste radical dans les années 1990 en Algérie, il est notamment soupçonné d’être responsable de l’enlèvement au Niger du Britannique Edwin Dyer, exécuté en juin 2009, et du rapt, en septembre 2010, toujours au Niger, de cinq Français, d’un Malgache et d’un Togolais sur un site d’uranium exploité par le groupe français Areva. Quatre des Français sont toujours aux mains d’Aqmi et pourraient être détenus dans la zone où Abou Zeid aurait été tué.

Il aurait également participé à l’enlèvement du Français Michel Germaneau, 78 ans, dont Aqmi avait annoncé l’exécution en juillet 2010.

Source : J.A

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