Mali,la Mauritanie et la Guerre

Alors que le feu sourd aux frontières, Ould Abdel Aziz s’en va à l’étranger Le président Mohamed Ould Abdel Aziz entame une tournée qui le mènera à Tunis puis à Abu Dhabi, au moment où la guerre fait rage aux frontières de la Mauritanie, avec grands renforts de troupes françaises et africaines, et au moment où la situation humanitaire s’aggrave avec l’arrivée d’un nouveau contingent de 500 réfugiés maliens en territoire mauritanien. Chef suprême des armées, la situation dangereuse que vit la région ne lui dictait-il pas plutôt le gel de toutes ses activités officielles hors du territoire pour parer au plus urgent ?

Le départ du président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz hier vers la Tunisie intervient dans un contexte marqué par une guerre meurtrière aux frontières du pays, où des combats entre forces alliées du Mali et Djihadistes du Nord redoublent en intensité, avec des risques certains de débordement vers les pays limitrophes comme la Mauritanie. Selon certains observateurs, l’absence du Chef de l’exécutif et par surcroît chef suprême des forces armées sans qui aucune décision militaire ne peut être prise, est inexplicable d’autant que la tournée qu’il vient d’entreprendre ressemble plus à de la villégiature. Il pourrait même être interprété comme une désinvolture par rapport aux menaces réelles qui pèsent sur la sécurité nationale et la stabilité du pays. D’autres iront plus loin, en liant le départ du président alors que la guerre pour la reconquête du Mali vient de commencer à un désintérêt manifeste face à l’histoire en cours. La détresse des Mauritaniens du Mali qui appellent au secours devra ainsi attendre le retour de Ould Abdel Aziz qui devra s’envoler, après la Tunisie où il va assister au deuxième anniversaire de la révolution, vers les Emirats Arabes Unis pour une visite officielle.

Pendant ce temps, les Islamistes du Nord font face à un véritable déluge qui leur tombe du ciel, avec les bombardements de l’aviation française qui s’intensifient depuis deux jours. Après Konna, où ils ont été délogés, laissant derrière eux près d’une centaine de morts, selon la version de l’armée malienne, les Djihadistes qui occupent le Nord du Mali depuis environ une année, essuient actuellement des attaques aériennes dans leurs propres bastions. C’est dans ce cadre que les positions du mouvement Ançar Dine à Kidal ont été détruites hier par l’aviation française, notamment dans la localité de Nivenka (170 Km de Tombouctou) et dans celle de Tonaka . La ville de Gao aurait aussi été attaquée hier, notamment le siège de la Douane que les Islamistes d’Ançar Chari’a à dominante Songhaï, une brande du MUJAO (mouvement de l’unicité et du jihad en Afrique de l’Ouest), avaient transformé en centre d’entraînement. Les combats s’intensifient au moment où le Bénin vient d’envoyer 300 éléments de son armée, alors que le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso avaient décidé l’envoi de 500 hommes chacun. La Mauritanie fait également face à un véritable désastre humanitaire, avec l’arrivée croissante de réfugiés maliens fuyant la guerre. Hier, ce serait un contingent de 500 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants auraient accueillis à Fassala en attendant leur acheminement vers les sites de Mbéra.

MOMS

Source : L’Authentique


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