Malouma, la sénatrice-chanteuse envoûte


Les rares privilégiés de la 4e soirée du festival de Djemila ont été emballés et envoûtés par la prestation de la sénatrice (excusez du peu) mauritanienne, Malouma Bent Meddah, qui exporte de fort belle manière le blues enraciné en Mauritanie.

La sénatrice Malouma Bent Meddah sur scène à la 4e soirée du festival de Djemila (Algérie)- en voûte la salle

Passant avec une facilité déconcertante du blues au jazz, reggae et autres genres musicaux, la diva des sables épate un auditoire intéressé. En associant l’ardin (un instrument spécifiquement mauritanien) et des instruments modernes, l’interprète qui chante en «hassania», un mélange d’arabe et de dialecte mauritanien, a le moins qu’on puisse dire épaté les présents attirés par des mélodies et des partitions de hautes factures. Le port du hidjab n’empêche pas l’ambassadrice  de l’ONU pour le développement de l’environnement (un de ses chevaux de bataille) en  Afrique de l’Ouest, de chanter l’amour et le romantisme.

Le handicap de la langue n’a pas été une barrière pour le public qui a apprécié les tubes Gamli, Touyour El Oued, El Khayala, Ya Rab, Nabina, Oualfi, puisés du terroir mauritanien. En écoutant la diva de renommée internationale, sachant qu’elle est très demandée en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, l’auditoire est ensorcelé par la magie des mots et des sons. Le mixage de la musique arabo-africaine, du jazz et des sonorités typiquement africaines  donne une certaine dimension au concert de la grande dame, très à l’aise sur scène. «En écoutant Malouma que je découvre avec un immense plaisir pour la première fois, on sent à la fois les racines du blues et des rythmiques arabo-africaines qui se mélangent dans une parfaite harmonie», dira,  non sans plaisir, Nacer, un adepte du jazz, qui regrette la défection du public qui rate, selon lui, une occasion en or de voir à l’œuvre une artiste de rang international.

L’icône qui a été décorée  chevalier de la légion d’honneur par l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, en 2010, a, par ailleurs, montré de nombreuses facettes de la culture mauritanienne, riche en couleurs. Le public sétifien, qui vient de découvrir une star, est sorti rassasié : «Nos chanteurs qui excellent dans le réchauffé  doivent s’imprégner de ces vedettes qui respectent leur métier n’ayant rien à voir avec le blabla et la redondance», nous confie, Salim, un jeune étudiant des beaux-arts. Avec l’humilité et la simplicité qui distinguent les grands, la musicienne qui termine son chant par des touches de l’ardin répond, sans  détour, aux questions des journalistes  qui découvrent une grande dame maîtrisant bien son sujet.

Approchée par El Watan à propos de sa fondation et ses diverses autres activités, la diva des sables dira en substance : «Je suis née dans une famille d’artistes. Mon engagement pour la protection de l’environnement est à l’origine de mon implication politique qui va de pair avec mon activité artistique. Porter le hidjab et chanter est une forme de lutte contre les idées rétrogrades. Créée en 2010, la fondation Malouma milite pour la préservation du patrimoine culturel mauritanien. La solidarité vis-à-vis des vulnérables de la société est l’autre action de la fondation», souligne avec une certaine délicatesse la diva qu’il ne faudrait en aucune manière rater sa prestation…

Kamel Beniaiche

Source: ELWATAN

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