Maroc – Après une intense mobilisation, le journaliste Ali Anouzla est libre

Maroc – Après une intense mobilisation, le journaliste Ali Anouzla est libreLe journalisme marocain et directeur du site Lakome, Ali Anouzla, a été libéré. La mobilisation de la société civile et des militants des droits de l’homme a donné un retentissement international à l’injustice subie par un journaliste libre, jugé trop « irrévérencieux ».  

  Arrêté et emprisonné pour « apologie » du terrorisme pour avoir mis un lien vers une vidéo d’AQMI vitupérant le « Royaume de la corruption », Ali Anouzla, emprisonné depuis 38 jours, à la prison de Salé, est devenu au fil des jours un détenu encombrant pour le gouvernement. Plusieurs gouvernements étrangers dont celui des Etats-Unis s’étaient alarmés de la détention d’un journalisme libre devenu au fil des jours la bête noire du pouvoir au Maroc. Ali Anouzla n’hésite pas, en effet, à traiter les sujets tabous qui touchent au pouvoir du roi et à la monarchie. Pour la plupart des observateurs, l’affaire du « lien » vers la vidéo d’Aqmi disponible sur le site du journal espagnol El Pais, n’était qu’un prétexte pour essayer de casser un site d’information irrévérencieux et très populaire chez les internautes. Certains pensent que ces « pressions » ont été couronnées de succès. De la prison où il se trouve depuis le 17 septembre dernier, Ali Anouzla avait demandé la cessation de parution des sites Lakome en arabe et français, ce qui avait suscité l’incompréhension chez ceux qui le soutenaient et notamment du directeur de la version francophone Aboubakr Jemaï.

 Pressions

 Une première équipe d’avocats a d’ailleurs décidé de se dessaisir, la défense d’Ali Anouzla, étant assuré par un dernier venu, Me Hassan Semlali.  Beaucoup ont vu dans la décision de stopper Lakome, le fruit de pressions exercées sur Anouzla qui aura été contraint de donner un gage. Dans un communiqué daté de la prison de Salé, Anouzla avait demandé la cessation de parution car il ne pouvait assurer, au vu de sa situation, la « responsabilité morale et juridique » de ce qui se publie.  Les deux versions de Lakome ont été bloquées au Maroc mais l’accès est possible de l’extérieur. L’incarcération d’Ali Anouzla a suscité une mobilisation intense au Maroc et notamment sur les réseaux sociaux. Elle a pris une ampleur internationale avec des écrits négatifs dans de grands journaux américains, comme le Washington Post. Les Etats-Unis ont même exprimé leur « inquiétude » au sujet du traitement réservé au journaliste. La liberté provisoire accordée à Ali Anouzla devrait réduire la pression médiatique sur les autorités marocaines. Mais l’affaire reste pendante au niveau de la justice. Le journaliste est toujours poursuivi pour «assistance à des criminels ayant commis des actes de terrorisme », « fourniture de moyens pour la commission d’actes terroristes » et « apologie de crimes terroristes ». Une audience est prévue pour le 30 octobre prochain. L’autre question pendante est celle de la relance du site Lakome après le traitement

Source : Maghreb 

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