Marseille: la «tour Zidane» abattue pour lutter contre la drogue à La Castellane

réhabilitationC’était l’immeuble où avait grandi le mythique Zinédine Zidane, star mondiale du football, ex-meneur de jeu des Bleus, et actuel entraîneur du Real Madrid. Le bâtiment G de la cité La Castellane, construite en 1971, a commencé à être démoli mercredi 11 mai 2016. La première phase d’une rénovation urbaine promise en 2013 par le Premier ministre français de l’époque, Jean-Marc Ayrault, pour lutter contre la drogue.

La Castellane, dans les quartiers nord de Marseille. Quelque 4 500 âmes réparties dans les immeubles, dont la tristement célèbre tour K, un point de vente de haschich considéré comme « le supermarché de la drogue », avec un chiffre d’affaires du trafic de stupéfiants estimé à 60 000 euros par jour au plus fort de son activité.

La tour K doit être abattue fin 2017. Mais juste en face, à l’autre bout de la cour, la tour G y passe déjà. Celle-là est connue également, mais pas pour les mêmes raisons. Ce mercredi, tandis que les énormes mâchoires de la pelleteuse grignotent le bâtiment B de l’édifice, les voisins se souviennent avec émotion des premiers dribles de Zidane.

C’est le cas de Zoé, qui n’a pas oublié que l’icône du football français a grandi là. « C’est triste pour moi de casser ça, parce que c’est quand même le souvenir de M. Zidane, confie-t-elle. Il jouait au ballon là, quand il était tout petit. » Qu’à cela ne tienne, bientôt, la longue cour surélevée adjacente connaîtra le même sort que la tour G.

 

Ce premier volet de la rénovation du périmètre, d’un coût de 6 millions d’euros, doit permettre la construction d’une route qui couperait le quartier en deux. Le but est de désenclaver cette cité, générer du passage et perturber ainsi les « plans stups », la vente de drogue. Une cité désenclavée, c’est le souhait le plus cher de Karima.

« Il faut casser, dit-elle, il faut ! Le soir, on ne peut pas sortir, à partir de 9 h, plus de lumière, c’est tout noir ! On n’est pas en sécurité je vous dis. A un moment donné, ma mère, je l’invite à manger, elle est sortie à minuit, et en moins de deux elle s’est fait renverser par deux voitures qui se suivaient, un règlement de comptes. »

Mais d’autres riverains, à l’image de Zoubida, émettent de sérieux doutes sur le résultat escompté : « Pour moi, je pense que ça va devenir un  » drive « , lance-t-elle. Beh oui ! Ma foi, ils vont rester dans leur voiture, les dealers, ils vont donner dans la voiture, et ils vont partir directement. Ça va être plus facile pour eux. »

Les reproches les plus vifs concernent l’emploi, question la plus sensible ici aux yeux de Nouredine, qui n’a pas réussi à se faire employer dans cet important chantier. « C’est une page qui se tourne, mais on aimerait bien travailler ! S’ils vont embaucher des gens d’ailleurs, ça ne sert à rien, hein. Il faut embaucher des gens d’ici », plaide-t-il, témoignant ainsi du premier problème de La Castellane : le chômage.

Source: RFI

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge