Maurichronique :  » Je suis un peu pressé… »

 »Me voilà. Je suis revenu. Je suis revigoré. J’ai même acquis une nouvelle légèreté. Ajoutée, à la première, je deviens un cerf-volant. Je le servais déjà, le volant. Aujourd’hui, je le servirai davantage. Autant qu’il vole ; et que je puisse le servir. Autant que je vole ; et qu’il puisse me servir. Entre les volants et moi c’est une longue histoire. Je vais vous la raconter.

Un jour. Un autre jour. Là, je suis pressé. Je vous conterai même ce jour-là mon histoire avec les voleurs. Les voleurs que je n’aime pas, que je déteste, mais je ne méprise pas, et les autres voleurs que j’aime et que j’apprécie. Tout est dans la manière de voler. Mais, c’est une autre histoire, pour un autre jour.
Aujourd’hui, je suis un peu impatient. Il faut que je fasse des tas de choses. Avant de repartir pour la France. Là-bas, à Paris, je suis sur le point d’acheter une maison. Pas je. Nous. Mon épouse et moi. Je vous dirai sur ce projet, plus tard, là, je suis pressé. Mon épouse, aussi, je ne vous ai pas dit mon histoire avec elle. C’en est une autre. Longue, aussi longue que l’est la route qui mène du Palais présidentiel, mon Palais, à l’hôpital militaire de Nouakchott. Celle, la route, je veux dire, qui mène de l’hôpital Percy à Clamart vers l’Elysée est des plus longues. Je ne vous dis pas.
Plus tard, je vous le dirai. Et, vous dirai, tant d’autres histoires, toutes merveilleuses. Mais, là, je suis pressé.
Je suis pressé. Puisque j’ai plusieurs défis à relever. Plusieurs à faire. Il faut que j’arrive, vous comprenez, je le sais, le peu temps que je reste parmi vous, à paraître un président fonctionnel, opérationnel. Un président qui bouge. Vivant, en somme bien vivant. Pour que je puisse enfin graver cette image d’homme puissant et fort dans vos têtes. Il faut dire que la TVM se démène tant bien que mal.  Avec les prises de loin, je parais déjà un peu normal. J’aime bien cette pincée de pudeur qu’elle s’est employée à inaugurer.
Mon second défi consiste à faire un inventaire. Ah, oui, un inventaire de tout mon patrimoine. Mes véhicules, mes terrains fonciers, mes villas, mes sous et tous mes biens. Il faut que je me fasse rembourser quelques créances. Je vais d’abord commencer par les articles les moins valeureux. On peut les oublier facilement. Des anciens meubles, des pneus pour véhicules dont le modèle est devenu suranné et hors usage, des phares sans ampoules, des climatiseurs qui ne refroidissent plus, des groupes électrogènes défectueux et des tas d’autres choses comme ça.
Puis, il y a les missions de l’Etat que je dois, dès à présent, approuver. Et, les commissions. Aussi. Ensuite, il y a Wärtsilä. Ah, mon fils Bedr, j’ai failli l’oublier. Vous le connaissez, n’est-ce pas, mon fils, le tireur. Celui qui tire par jalousie sur ses copines. Il est un peu mon fils. A sa place, je ferais pareil. Il faut bien que je lui récupère ses commissions auprès des finlandais. Je ne fais pas trop confiance aux constructeurs de générateurs électriques. Si seulement, ils avaient appris des rudiments de fidélité auprès du général Ghazouani ! J’aurais, alors, pu laisser mon fils se débrouiller tout seul. Avec son pistolet d’enfant jaloux, il se prendrait bien en charge. Je suis pressé, je vous conterai les détails, plus tard. Promis, là, je suis un peu pressé… »

Source : Mouna Mint Ennas

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