Maurichronique: Mon pseudonyme est Président de la République ( partie 3)

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Salam, tu es là ? Mouna ! Toc ! Toc ! Toc !

-          Oui, je suis là, mon président et vous, comme ça été votre rencontre, la dernière, je veux dire celle conseil des ministres, pas les autres…
-          Tu peux me tutoyer, il n’y a pas de souci. On est ami, non ! Pour la rencontre, elle était comme d’habitude. Il y avait, l’autre, qui se plaignait de son secrétaire général, le ministre de la Justice. Mais, je comprends, tu sais, lorsqu’un ministre se plaint, c’est qu’il espère, voyou qu’il est, me cacher ses magouilles et autres ratages. J’ai pourtant muté le secrétaire général en question. Mais, c’est juste pour tromper la vigilance de ce ministre. Je lui nommerai plus tard un secrétaire général bien à moi. Qui sera mon œil et mon oreille au ministère. Il me permettra de comprendre ce foutoir de justice. Il paraît qu’on y fait pas mal de sous, là-bas ! T’as une idée, toi ?
-          Bien sûr, il y a des affaires juteuses. Des millions de dollars et d’euros. Les multinationales, qui ont des affaires pendantes devant la justice. Une décision de justice a un prix.  T’as qu’à approcher un avocat d’affaires, il te dira.
-          Merci, Mouna. Dis-moi, tu n’aimes pas nous rejoindre à la majorité ? Cela serait bénéfique pour toi. Je pourrais facilement passer un fil ou deux et tu seras reçue comme une reine, avec tous les égards requis. Un coup de fil chez Kinross-Tasiast et t’as un petit contrat de consulting qui te fait quelques millions par mois. Un autre à la SNIM et c’est une V8. Et, puis, Mouna, ça ne te demande pas grand effort. Tu t’attaques, même sous un pseudonyme, à mes ennemis de l’heure. Tu choisirais Mamfall, par exemple, si tu veux avec un V, aussi, Mamvall…enfin je ne sais pas à toi de voir le pseudo qui te convient, pourvu qu’il ne soit pas ‘’président de la République’’, c’est réservé.
-          MDR, je ne savais pas que tu étais marrant. Tu es drôle. A te voir, le rire me quitte, comme s’il se cache de toi. Là, je découvre un président marrant.
-          Ah, oui, ne le dis à personne. Moi, je suis très timide. Toute cette brutalité que tu observes chez moi n’est qu’une carapace. Une fausse carapace. Tu sais, moi, j’écoute la musique. Chaque soir, tard, dans la nuit, je me glisse, subrepticement, de la présidence. Je monte ma voiture, ma V8. Je la conduis, jusqu’à parvenir à un parc, bien à moi, un parc où il y a une collection des toutes les voitures. Je descends avant de stationner correctement ma V8. Je monte à bord d’un Bull, tu connais, un bulldozer, un D8. Je le conduis, loin, très loin, où je n’entendrai aucun bruit d’enfant, qui pleure, ou vieille femme qui geint. Rien, aucun bruit. Les cris et lamentations, je les sème et les dépasse loin derrière moi, je les laisse pour la ville, pour la capitale politique, pour la politique.  Au milieu de nulle part, j’éteins d’abord le Bull. Pour mieux accueillir les notes musicales. Ensuite j’allume le Bull. Je remets mes verres de soleil. Il fait nuit, je sais, mais, il faut que j’assombrisse davantage l’univers. Je ferme les yeux. Me plonge au-dessus du Bull. Sous le moteur, d’où d’infime soupçon de gouttes de  gas-oil  jaillissent. Me caressent  intelligemment le bout de nez, avant d’échouer sur la paume de ma lèvre supérieure.  Là couché sur mon dos, comme on se couche sur son dos. Je sens. J’écoute et j’entends. Jusqu’à ce que le soleil me brûle les pieds trainés à l’extérieur. Tu es là ? Mouna ! Toc ! Toc ! Toc !
-          Oui, je te suis. Et, la musique ?
-          Ben, c’est ça. C’est cela la musique. Ma musique…

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