Maurichronique : Mon pseudonyme est président de la République ( partie 5…)


-  Ça va, mon Président ? Tu vas bien ?
-  A peine re-posé, Mouna ! Ils me sortent encore une saloperie. Vieille. Très vieille. Au temps,où j’étais encore inconscient, mais je ne pourrais pas dire cela aux Mauritaniens, que j’étais inconscient un jour !
Mouna mt ennas1
-  Il faut déballer. Le grand déballage. Ce n’est pas mal cette idée d’investissement étranger! Il faut songer à creuser ça. Jusqu’ici, ça te réussit bien, les parades. La diversion. Les stratagèmes.
-    Je suis fatigué, Mouna, fatigué. J’ai dépêché Coumba Ba en Afrique. Je ne sais pas. Je lui ai dit de consulter quelques féticheurs pour mettre la main sur ce voyou de Hamed Oumar. Et qu’elle ramène les vidéos. Tu sais Mouna, c’était du super dollar. Les fédéraux ne badinent pas avec ça, semble-t-il. Le FBI, tu connais ? Guantanamo, rien qu’à y songer, je perds tout goût à la vie. Je te dis, tout goût. Les sous, le foncier, les voitures qui roulent, celles qui ne roulent pas. Dis-moi, Mouna, ils disent quoi les gens sur cette affaire.
-Que c’est ta voix ! C’est ce qu’ils disent !
-  Zut !
-Tu aurais donc dû ne pas parler. Tout simplement ! Tu aurais dû  rester silencieux. Muet. Tout au long de ta vie de président. Comme ça, ils ne sauraient pas distinguer ta voix de celle d’Ely Ould Mohamed Vall. Même toutes tes campagnes et sorties médiatiques, tu les aurais faites dans la gestuelle. L’agence mauritanienne d’informations saurait traduire tes gesticulations en langage intelligible. Le Président qui dédaigne la parole. Et se tient à l’action. C’était pas mal. Comme slogan. Je le préfère au président des pauvres. Au changement constructif, par exemple. Tu ne trouves pas ?
-C’est comme l’histoire de l’avocat. Tu te fous de ma gueule, Mouna ? Comment aurais-je pu rester sans mot dire ? La gestuelle ? C’est quoi cette manière de gouverner. Il fallait, tu le sais très bien, que je sois entendu. Que les pauvres entendent mes vrais faux  projets pour le pays. J’avais besoin de la parole. De ma voix ! Mouna ! ils devaient comprendre qui j’étais ! Que je suis un homme contre le système, l’establishment, contre les riches, contre tous ceux qui portent un nom. Qu’elle qu’en soit l’origine. Du nom. Tu comprends.
-Bien sûr que je comprends, je suis la première à te comprendre, mon Président !
-Tu conviens avec moi qu’il faut une voix pour dire tout ça. Ma voix. Mon problème est qu’aujourd’hui, ils me sortent une autre voix. Pas celle que les Mauritaniens connaissent. Tu comprends ?
-   Oui, je comprends. Bien sûr que je comprends. Du coup tu en as deux. Une double voix. Une voix double, en quelque sorte. Une voix intérieure.
-Tu sais quoi ?
-  Non, je ne sais pas quoi !
-Je vais arrêter des mecs. Ah oui ! Des mecs ! Je vais devoir revisiter mes tiroirs pour ressortir un ou deux rapports de l’IGE. Ben,  J’ai déjà Yahya Ould Ahmed El Waqf, je ne l’aime pas. Il n’est pas très docile. C’est quelqu’un de faible. En plus. C’est une raison suffisante pour que  je l’embastille. Je sors cette affaire de riz avarié. Voilà, et la prison. Je ne vois pas d’autres solutions. Je pourrais au moins braquer les regards de l’opinion quelque temps. Pourvu qu’ils oublient ces putains d’enregistrements !
-Mais, ces enregistrements ne concernent pas les regards. Ce n’est pas le domaine oculaire. Ils sont entendus. Ce sont les oreilles. Il faut songer à boucher toutes les oreilles de tes compatriotes.
-Tu ne vas pas me dire que les enregistrements de ma voix sont entendus partout.
-Ben si ! A point chaud, tu connais, le petit souk où on vend les téléphones portables et des d’enregistrements de tout genre. On propose ta voix là-bas. Et pas chère en plus ?
-A combien déjà Mouna ?
-Ben c’est gratis ! C’est livré avec tout achat : voix du président de la République qui dit quoi, déjà ? Ah ! ‘’ Ecoute, écoute, il n’y a aucun problème ! Il n’y a aucun problème ! Tu retires deux millions de l’une des cantines et tu règles cette affaires avec eux !’’
-Bande de voyous ! Mais, c’était il y a longtemps. C’était en 2007 ! Ah, j’ai trouvé !
-En 2007, c’est vrai ! Mais tu portais déjà une ambition pour le pays ! N’est-ce pas ! C’est un peu gênant ! Et cette ambition, les Mauritaniens l’ont entendue de ta propre voix qu’ils ont appris, par la suite, à connaître. Ta voix. Celle des enregistrements de ces derniers jours,  en est une autre, mon président !
Mouna mint Ennass

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