Mauritanie: Déclaration de Politique Générale du Gouvernement et observations des députés

Yahya Ould HademineLe Premier ministre (PM) Yahya Ould Hademine a présenté le 6 janvier la déclaration de politique générale du Gouvernement (DPG) devant les élus des deux chambres du Parlement mauritanien. Il est revenu le 8 janvier pour écouter les observations des parlementaires et leur apporter des réponses.

Voici les principales préoccupations exprimées le 8 janvier, par les députés de l’Assemblée nationale. Intéressant de voir comment réfléchissent nos députés ! La pertinence était-elle au rendez-vous ? A vous de juger…

Moctar Ould Mohamed Moussa (Tawassoul) a appelé le PM à une «stratégie de réconciliation avec la gouvernance prônée par Allah» en accordant une place à la «Zakat » et en évitant le «riba» (les intérêts sur la dette). Il a critiqué l’absence de l’Arabe, des langues nationales et de la lutte contre la gabegie de la DPG.

Selon lui, il n’y aurait pas de mécanisme de contrôle du budget 2015 permettant de faire des prévisions, d’avoir des statistiques et des données sur le climat des affaires. Ould Mohamed Moussa estime que le budget d’investissement est une bulle médiatique, car le pays se nourrit (yeghtat) de l’aide extérieure.

Khalil Ould Tiyeb député national UPR tient à rappeler le bilan de son cousin ex-Premier ministre et ne partage pas le point de vue de Ould Mohamed Moussa : «Nous nous félicitons et vous félicitons pour votre choix pour diriger le Gouvernement du nouveau mandat. Nous y voyons la volonté du président de la République de poursuivre les réalisations et acquis obtenus sous le Gouvernement votre prédécesseur Dr Moulaye Ould Mohamed Leghdaf au sein duquel vous avez dirigé avec compétence l’un des départements les plus importants», déclare-t-il .

«Ce programme est ambitieux et promoteur», ajoute Ould Tiyeb en énumérant les réalisations du président Aziz dans une intervention lue avec un enthousiasme fade.

L’intervention du député de Rosso Diop Moussa est sans langue de bois : «Le projet de développement des oasis (PPDO) après avoir obtenu un financement du FADES, a licencié 40 employés.

Il est en train de recruter de manière discrète et sélective parmi les employés compressés -a-t-il dit- dénonçant par la suite le retard de certains chantiers a Rosso dont le collège depuis 2012, les 42km de réseau électrique, le stade qui a débuté il y a 5 ans et qui a été fait à 5% ainsi que la maison des jeunes dont il n’y a que quelques fers et planches. «Le lycée de Rosso a dépassé ses capacités d’accueil ce qui oblige les parents d’élèves à les envoyer dans des écoles privées.

Au collège les élèves apprennent seulement 5h par jour depuis 2 ans. Il y a un manque de profs de Maths de Physique, de Sciences. Les professeurs sont tous devenus surveillants et des profs sans niveau sont recrutés».

Après ce tir nourri sur le système éducatif à Rosso, c’est le changement de ton avec l’intervention de Cheikh Brahim Ould Dah député de Chinguitti : « A chinguiti nous avons eu l’eau, l’electricité, la protection de l’environnement, les boutiques Emel , le poisson gratuit. Demandez à votre tour, vous obtiendrez ce que vous voudrez » a-t-il dit.

Une deputée intervient pour dénoncer l’empêchement fait aux étudiants des mahadras de se présenter au baccalauréat parce que non recensés. Un problème qui peut intéresser TPMN sauf qu’il s’agit d’ «arabo-berbères ».

Puis le député Ould Aboulmaaly toujours fidèle au look avec lequel il s’était présenté à la présidentielle de 1992 qui rend hommage aux acquis en matière de sécurité de lutte contre l’immigration et de justice laquelle doit selon lui être conforme à la charia islamique.

Juste après un homme du passé plus récent l’ex-commandant putschiste (de juin 2003) M. Ould Vall devenu député en 2013 parle de décentralisation, de réalisations constituant des sources de fierté, de modernisation de l’administration, de justice et de transformation de la protection civile en Agence nationale. Le député Ghoulam Ould Haj Cheikh (Tawassoul) vice-président de l’Assemblée nationale qui succède à Ould Vall voit les choses autrement. Il se dit choqué par une phrase contenue dans la déclaration de politique du Gouvernement selon laquelle les politiques menées ont profondément changé le visage de la Mauritanie.

«Le Premier ministre parle de la Norvège, il ne parle certainement pas de la Mauritanie qui occupe la 161eme place du classement en termes de développement humain ». Et il ironise : «Ce que nous voyons, c’est l’intimidation des meilleurs fils du pays comme Moustapha Ould Chavi dont profitent d’autres pays alors que nous voulons qu’Interpol nous le livre». Et de poursuivre le mitraillage: «Y a t-il eu une faculté d’agriculture à Kaédi ?

Une école d’élevage à Nema ? Une école de pharmacie ou de journalisme ? La santé ? Les Mauritaniens se soignent en Tunisie où est né un quartier de Mauritaniens. Le chômage est à un taux de plus de 30%, nous connaissons une régression en matière de transparence, les Mauritaniens continuent à boire l’eau apportée par des charrettes tirées par les ânes et la dette publique est à plus de 105% du PIB. La rafale verbale est interrompue par le président de l’assemblée pour fin du temps imparti.

Hapsa Yahya Kane députée UPR de Selibay à l’allure d’une reine Tutsi passe au micro. Autre son de cloche . Elle rend hommage au contenu de la DPG qui répond selon elle aux préoccupations avec des projets structurants et intégrateurs. Elle parle aussi de retards dans des chantiers à Sélibaby notamment la voirie, l’aéroport et demande la révision du découpage administratif de la wilaya du Guidimagha parent pauvre en matière d’aménagement des barrages, dit-elle.

Lui succède le député Elwiam de Mbout Dane Ould Ahmel Ethmane qui parle d’avancées, d’insuffisances et des généralités qui ont marqué la DPG. Il parle de la léthargie de l’éducation depuis l’avènement des militaires au pouvoir en 1978 qu’il remercie d’avoir arrêté la guerre du Sahara en passant son lourd passif par pertes et profits.

De Mbout le micro passe à Maghtalahjar dont le fameux député Mohamed Valla Ould Issa salue les grands espoirs fondés sur la DPG appelant à la loyauté pour le pays et non à la tribu, l’ethnie ou la race.

Malouma mint Bilal députée APP n’y va pas par quatre chemins : « Il y a des contradictions, la DPG se veut un programme quinquennal avec un plan d’action triennal alors que l’article 73 de la constitution stipule qu’elle doit être présentée chaque novembre sur un base annuelle : il s’agit d’un viol de la constitution». Elle ajoute : «En vous écoutant, on se dit que vous parlez à des Français ou à des Américains.

Aucun signal n’est envoyé par rapport au contexte politique que vit le pays avec la menace à sa cohésion sociale , la résolution votée par le parlement européen, la Snim qui est à genoux , les hommes d’affaires qui croulent sous un impôt excessif, la situation de sécheresse, l’absence de tout plan en ce sens , les clauses en stand by de l’accord politique (d’octobre 2011) et la construction des écoles par l’agence «Tadamoune» , placée avec ses 8 milliards d’ouguiyas, en dehors du contrôle parlementaire. »

Le député UDP Ba Houdou félicite le PM pour la qualité de la DPG et sa clarté notant les efforts entrepris et envisagés pour éradiquer les séquelles de l’esclavage. « Mais les séquelles comportent également les revenants de la déportation, les Moussafarines, et les compatriotes encore refugiés au Mali et au Sénégal ».

Autre reproche, le député estime que les langues nationales élément de notre patrimoine culturel ont été ignorées dans la DPG se demandant : n’était-il pas opportun de rouvrir l’institut des langues nationales ? S’agit-il d’un domaine que nous laissons en jachère jusqu’après 2019 ? Puis changement de disque. Le député demande à savoir ce qui est prévu pour la protection de Nouakchott contre l’océan.

«Où est la sécurité» ? s’est demandée la députée AJD/MR Sawdatou Wane (épouse du député Ibrahima Sarr). Et d’ajouter : « Quelles dispositions sont prises pour ramener la quiétude dans certains quartiers à forte connotation ethnique : Sebkha, El mina et Riyad ? Pourquoi les autorités ont-elles rendues visite et soutenu la famille de la petite Zeineb (tuée après avoir été violée et brulée vive) alors qu’elles n’ont fait de même avec les familles de Penda Sogo et Yaye Touré» ?

Un jeune député du «PUD» Mahfoudh Ould Khattary succède à Sawdatou. Il rend hommage aux réalisations accomplies, dit que le pays s’est transformé en vaste chantier et indique qu’il est inacceptable de jouer avec l’unité nationale laquelle doit être une ligne rouge dans un pays ou le discours raciste attire les faibles d’esprit, et est utilisé comme moyen de pression contre le pays.

Grand moment l’intervention du député de Nouadhibou Ghassem Ould Bellali. Il fait une remarque sur la DPG et aborde trois sujets, la Snim, la dernière élection municipale à Nouadhibou et l’engagement de certains mauritaniens en faveur du Maroc dans le dossier du Sahara occidental. Pour la remarque, Ould Bellali trouve la DPG plutôt comme une déclaration de parti politique.

Pour le reste, la Snim est marquée -selon lui- par la gabegie . Gabegie des ressources humaines d’abord, les meilleurs cadres ayant fui et ceux qui sont restés ont été marginalisés, les marchés de la SNIM sont attribués de manière incorrecte. Ould Bellali cite à titre d’exemple le marché Guelb II, les 50 camions de 250 tonnes qui ne devraient pas être achetés car le projet n’a pas démarré. «C’était peut être pour la commission», précise-t-il.

Il dénonce également la situation des stocks sur les terre plein de la SAMMA, du point Central lesquels sont devenus des sources d’approvisionnement pour les voleurs qui écoulent leurs larcins à Nouadhibou, Nouakchott et Zouerate. Il a appelé à réfléchir sur le cours du fer avec un prix de vente pratiquement équivalent au prix de revient.

Et de poursuivre : « Vous avez parlé de décentralisation ? Mais quand on fait rentrer les maires et les conseillers municipaux par la fenêtre avec la propagande raciale, l’achat des consciences, on ne peut pas avoir des mairies de développement.

C’est à ce titre que je vous rappelle ce qui s’est passé à Nouadhibou et Zouerate. Aussitôt élu le maire de Zouerate a chassé son premier adjoint l’ingénieur Ball chef de département à la Snim, parce que le maire ne peut pas s’entendre avec ce genre de conseiller municipal ». «Nous confions la Mauritanie à Aziz mais ne le ferons jamais pour Cheikh Ould Baya, non, non et non ! » martèle-t-il.

«Quand au nouveau maire de Nouadhibou présenté comme élu pour les Haratines , il ne l’est pas en fait, il est le maire d’une mafia bidhane. Son élection a été une trahison pour les Haratines, pour les Bidhanes et pour Nouadhibou». Ould Bellali a également dénoncé l’engagement de certains mauritaniens en faveur du Maroc dans le conflit du Sahara occidental. «Ceci porte atteinte à notre souveraineté, à notre stabilité, nous avons des problèmes à nos frontières avec le Mali, nous n’avons pas besoin d’en avoir à nos frontières avec l’Algérie».

La députée islamiste Aminata Niang n’y va pas avec le dos de la cuillère ! «Le pays traverse une crise multidimensionnelle : politique, sécuritaire et unitaire et vous n’en faites pas mention dans votre DPG » dit-elle à l’adresse du PM. « On nous parle d’une stratégie de développement à l’horizon 2016-2030 mais donnez d’abord le bilan de la stratégie de lutte contre la pauvreté 2001-2015 a-t-elle ajouté se demandant quels sont les indicateurs pour la scolarité, les disparités, la couverture sanitaire, la sécurité alimentaire.

Le député de Mbout Sy Adama se montre plus optimiste sur certains aspects et alarmiste sur d’autres. Il se lance d’abord dans une symphonie favorable à Aziz. «Nous sommes persuadés que le dynamisme de votre Gouvernement va permettre au pays de poursuivre les performances économiques déjà réalisées.

La vision et la densité du programme de la plus haute autorité de la République feront date dans l’histoire moderne de notre pays. » M. Sy appelle à la création d’un observatoire de suivi évaluation de l’exécution des projets. Comme l’agence nationale de suivi des projets, déjà existante ?

Puis il change de CD ! «Votre grand chantier sera celui de l’unité et de la cohésion. La demande sociale est devenue si expressive, si urgente qu’il va falloir innover dans les réponses, dans les programmes, les comportements, les rapports, dans la manière de gouverner et ceci doit se faire rapidement parce que la sensibilité, la psychologie ne peuvent plus attendre ».

L’allocution de Sy Adama a été suivie par celle du député Jaafar Ould Melainine qui a rendu hommage aux acquis et souligné les incidences des projets réalisés dans des zones de pauvreté notamment le PASK, le PNIDDLE et le projet Sucre…

Puis c’est la députée du parti Al Karama Lalla mint Hacenna qui roule les R dans un français impeccable. On en était tellement éblouis que l’on a retenu seulement que la DPG est ambitieuse et traduit un souci constant et un engagement du président de la République avant de se demander quelle pertinence accorder à ce qui est avancé comme quoi la DPG devait être annuelle sur la base de l’article 73 de la Constitution et non un programme quinquennal ou triennal.

«Sur quelle consultation juridique vous vous êtes basés ? » a-t-elle dit au PM lui demandant où en est-on du Haut conseil de la jeunesse ? Pour elle «s’il n y avait pas une vraie volonté dans la lutte contre la gabegie, le gouvernement ne l’aurait pas avoué, il l’aurait caché». Ah bon ? C’est possible au XXIe siècle ?

La députée El wiam Mariem Baba Sy qui semble familière du jargon de la consultance est revenue dans son intervention sur au plan triennal de la DPG ou au niveau du contexte beaucoup d’éléments font défaut pour permettre d’apprécier le cadre logique soumis.

La députée note la faiblesse de la diversification du tissu économique. «Nous ne transformons pas nos produits a-t-elle précisé ce qui entraine une faiblesse de la valeur ajouté donc moins d’emplois, de richesses moins d’attractivité et de compétitivité dans l’environnement des affaires. Elle a appelé à une politique d’auto emploi des jeunes et à une visibilité de la contribution de la diaspora dans le Produit National Brut (PNB)…

Le député PRDR Mohamed Lemine Ould Dereghly a commencé par demander la couverture des jeunes au delà de 21 ans par l’assurance maladie de leurs parents et sa généralisation aux femmes . Selon ce député les deux tiers des Mauritaniens vivent à Nouakchott où il y a des foyers de pauvreté généralisée dans les quartiers comme Kouva , Dar El Beida (El Mina), Pk16 (Riyadh), Tevragh Gaaça, la gazra de l’aeroport, Hay Teyssir, El mensiya, Leghreiga (Darnaim), Sbeikha (Toujounine), Ain Talh et Dar El Barka (Teyarett) ainsi que les squatteurs de certaines concessions au Ksar pour lesquels il a demandé des parcelles de terrain.

Puis c’est le député APP Correra Issaga habillé en grand «Thierno» qui tout en soulignant des efforts a évoqué des problèmes de visibilité et de lisibilité ainsi que d’indicateurs flous se montrant parfois polémiste : comment va se comporter le PIB ? Combien d’emplois ? «Vous parlez toujours de diplômés-chômeurs et ceux qui n’ont pas de diplômes ? » lance-t-il au PM.

Puis il récuse, avec de gros mots, la volonté officielle de renforcer la cohésion et parle même d’une volonté de renforcer l’exclusion et d’une négation de la multi culturalité avant d’appeler à une reforme de l’éducation en vue d’introduire les langues nationales à l’école.

Cheikh Bouya Ould Cheikhna député « PUD » d’Amourj rend hommage à la qualité de la DPG, au processus électoral, au climat de libertés aux instituts et hôpitaux créés et dit son soutien à la décision de faire de l’année 2015 une année de l’éducation avant de plaider pour un nouveau découpage d’Amourj dont la population dépasse 100.000 habitants.

Le député Thiam Ousmane se lance dans une sorte de réquisitoire. «M. le Premier ministre vous venez à un moment difficile : insécurité ambiante à l’intérieur l’extérieur de nos frontières, baisse des prix des matières premières, montée vertigineuse des prix de denrées de première nécessité, baisse continu du pouvoir d’achat de nos citoyens , baisse alarmante de la production agricole, injustice lourde et sourde dans la gestion des affaires publiques, méfiance continue entre les acteurs politiques , atteintes graves aux droits de l’homme, tout cela, sur un climat social dangereusement lourd.

Notre pays n’arrive pas à décoller malgré nos possibilités énormes. Nous n’arrivons pas à combattre la pauvreté malgré les réserves énormes dont on nous parle à la BCM. Décidément l’argent ne fait pas le bonheur ! ».

Mohamed Ould Bebbana député UPR se veut concrèt, en rappelant intelligemment le bilan de l’ancien Premier M. Ould Mohamed Leghdaf : « Notre soutien à ce programme vient du fait que nous avons à l’esprit ce qui a été réalisé et ce qui va l’être. Nous sommes partis d’une production de l’électricité déficitaire à une production excédentaire, d’un chiffre pour les routes et nous savons combien ce chiffre a avancé. Trois grands projets hydrauliques ont été réalisés : Aftout Chergui, Dhar et Aftout Sahli. Ould Bebbana a défendu les acquis démocratiques, appelé au dialogue et défendu la décentralisation pas seulement sur le plan économique mais également sur le plan politique sous l’Etat unitaire». Serait-il donc preneur pour l’idée de régionalisation avancée il y a quelques mois par les FPC ?

Zeinebou mint Taghi (Tawassoul) prend le contrepied : «Le peuple ne place pas d’espoirs sur les fondements avancés dans votre DPG. Vote gouvernement, votre système incarné par le président de la République a défendu la hausse de prix qu’il considère normale durant le mandat écoulé. Les fondements de l’unité nationale ont été ébranlés. Vos engagements sont généralement de l’encre sur papier ».

Abderrahmane Ould Marrakchi député du « Sursaut » parle d’infrastructures réalisées et en cours dit déplorer que les investisseurs n’affluent pas et demande à réfléchir à des états généraux sur l’investissement . Des partenaires en affaires seraient-ils donc coincés quelque part?

Mohamed Vall OuldTiyeb député d’Elwiam récuse le bilan en matière de sécurité. «Je voudrais que ce programme se réalise et ne soit donc pas comme ceux qui l’ont précédé. J’entends souvent le gouvernement parler du succès dans la lutte contre le terrorisme, succès dû principalement au rejet du terrorisme par notre peuple.

Comment un Gouvernement peut-il dire qu’il a gagné contre le terrorisme alors qu’il n’arrive pas à assurer la sécurité à Nouakchott ? Il y a des moughataa à Nouakchott (Dar El Beida, Mellah, Darnaim ) où les habitants ne sortent plus après 21h.

Aujourd’hui nul ne peut envoyer sa fille vers une boutique de peur de la voir tuée et brulée, cela me fait peur ». Il ajoute : «Pourquoi les prix des hydrocarbures n’ont pas baissé malgré leur chute sur le marché international ? Votre gouvernement est complaisant avec le discours extrémiste qui menace l’unité nationale. »

Moustapha Ould Abdel Aziz député «PDA» félicite le Premier ministre pour la qualité de la DPG et indique ne pas avoir bénéficié de la solidarité de ses collègues députés qui s’étaient pourtant manifestés pour le député de Mbagne. Sarr Ibrahima Mokhtar zappe la DPG et revient sur son thème chouchou: le sentiment d’exclusion.

« Vous avez raté le coche ! Après la prière de Kaédi, les espoirs des exclus étaient très grands. Personnellement j’étais prêt à aller jusqu’au bout avec ce pouvoir contesté pourvu qu’il ne recule pas par rapport à ses engagements. Malgré tout ce que nous avons subi, nous étions prêts pour le pardon, en vue de la réconciliation nationale.

Nous avions cru à l’homme providentiel, mais malgré tout le courage physique qu’on lui reconnait volontiers, il n’a pas été au rendez-vous du courage politique.» (…) « Votre Etat, monsieur le premier Ministre est resté ce qu’il a toujours été, celui d’une communauté dominante. Et pour qu’il puisse exercer la rupture systémique, il faut qu’il se suicide en tant que race ou ethnie.

« Une seule communauté est assise confortablement sur toutes les positions de pouvoir et de manière exclusive : au niveau des forces armées et de sécurité, au niveau de l’économie, au niveau de la culture, au niveau de la diplomatie et même au niveau religieux ; pendant que les autres composantes nationales sont confinées dans des organisations politiques, des syndicats et autres forums de la société civile dans des rôles revendicatifs pour amuser la galerie».

Sont intervenus également lors de cette journée riche en hâbleries les députés Emmade Ould Sidelmoctar (Tawassoul) qui déplore l’absence de mosquées dans la DPG et signale des fautes dans l’édition du saint Coran publiée en Mauritanie, Lalla mint Chrif ,Souleymane Aly Ba, Toutou mint Taleb Nava et Abdellahi Ould Breihem qui dit à l’adresse des parlementaires de l’opposition que l’on ne peut pas montrer le soleil à celui qui ne le voit pas.

Il avoue ne pas avoir lu la DPG, mais dit faire confiance au Premier ministre. Sans avoir donc vu le soleil ! Puis c’est le tour d’El Bettoul Mint Abdel Haye, Amadou Yero Barry le peulh très arabisant et le député de Tintane Fadel Ould Mohamed Abdellahi qui indique que le projet de reconstruction de Tintane lancé en 2007 est toujours au point de départ.

Les députés Camara Aly Gueladio et Kane Moustapha deux anciens ministres phares de l’ére Ould Taya (Ndeyssane !) saluent la qualité de la DPG tout comme les députés Sidi Aly Ould Sidelemine (Aioun), Yarba Ould Elmane (Nbeiket Lahwach) Zeinebou Diallo (UPR) Cheikhna Ould Hijbou (Al Karama), Sidi Baba Ould Lehah (Ouadane) ; Fatimetou Mint Mohamed Yarba (Nema), Mohamed Lemine Ould Cheikh (Rkiz) et Limam ould Bonné (Akjoujt).

Le député Sadvi Ould Sidi Mohamed (Ould Yengé) dénonce la sédentarisation anarchique et la présente en frein au developpement. Mahfoudh Ould Jiyed (Atar) récuse l’existence de fautes dans l’édition du saint Coran publiée en Mauritanie. S’en suivent les interventions des députés Niang Mamadou, Lemrabott Ould Bennahi (Kankossa), Loula mint Zarough, Khattri Ould Ely (Nema) Ahmed Ould Abdellah, Seyid Ould Guelaye, Mohamed Mahmoud Ould Hanena (Bassiknou) Zeinebou Mint Ely Salem et enfin Sidahmed Ould Ahmed (Moudjeria) devenu moins prolixe, pour certains, dans cette deuxième législature.

Source : Alhourriya

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