Mauritanie : des prisonniers islamistes en grève de la faim se disent « en danger de mort »

SPrès de trente islamistes mauritaniens emprisonnés à Nouakchott, en grève de la faim depuis quatre semaines, se sont dits lundi victimes d’une« punition collective » en lien avec l’évasion d’un détenu jihadiste, assurant dans un communiqué que certains d’entre eux étaient « en danger de mort ».
Dans ce texte reçu par l’AFP, 27 détenus signataires accusent les autorités pénitentiaires d’avoir « entrepris une punition collective contre les prisonniers salafistes depuis la fuite de Saleck Ould Cheikh« , un jihadiste mauritanien condamné à mort qui s’était évadé d’une prison de Nouakchott le 31 décembre.
Arrêté en Guinée le 19 janvier après avoir traversé le Sénégal et la Guinée-Bissau, l’ex-fugitif avait été renvoyé le lendemain en Mauritanie. Selon une source de sécurité mauritanienne, il a été transféré dans la garnison-prison deSalaheddine (nord), où se trouvent des salafistes condamnés à mort jugés dangereux.
« Nous n’avons rien à voir avec cette fuite et nous exigeons » de ne pas en être tenus responsables, déclarent les 27 signataires qui observent depuis le 11 janvier une grève de la faim illimitée pour dénoncer un durcissement, selon eux, des conditions carcérales en lien avec l’évasion de Saleck Ould Cheick. « Certains grévistes sont en danger de mort et leur situation s’aggrave de jour en jour », ont affirmé les détenus, incarcérés pour activités terroristes présumées.
Ils ont fait état de conditions carcérales « devenues invivables », et réclamé la reprise « des visites de (leurs) parents, sans entraves, la facilitation des procédures » pour ces visites. Ils exigent également « la présence permanente d’un médecin » en plus de « la fourniture de médicaments » prescrits aux malades parmi eux.
Saleck Ould Cheikh avait été condamné à mort en 2011 pour « action terroriste »après un attentat à la voiture piégée mené par El-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi) contre le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le rapporteur spécial des Nations unies contre la torture, Juan E. Méndez, avait estimé le 3 février à Nouakchott que les conditions de vie des détenus enMauritanie étaient « inhumaines », au terme de sa première visite officielle dans ce pays.
Il avait expliqué avoir pu visiter « sans entraves » tous les sites de détention enMauritanie, y compris celui de Salaheddine, notant que les prisons étaient« surpeuplées », souvent « insalubres et insuffisamment ventilées, sans accès effectif aux soins, à l’activité physique et au soleil ».

AFP

Source : L’Orient-Le Jour

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