Mauritanie: dispersion d’une manifestation pour la libération d’un responsable anti-esclavagiste

Brahim Ould BilalLa police mauritanienne a dispersé samedi une manifestation pour la libération du responsable d’une organisation anti-esclavagiste, un rassemblement au cours duquel 12 personnes ont été arrêtées et plusieurs blessées, selon un journaliste de l’AFP et cette ONG.

Plusieurs dizaines de militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) qui manifestaient samedi à Nouakchott pour la libération de Biram Dah Ould Abeid, président de cette ONG anti-esclavagiste, ont été dispersés par la police à coup de grenades lacrymogènes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants scandaient des slogans pour la libération de leur leader, en prison depuis plus d’un an notamment pour « appartenance à une organisation non reconnue », et l’éradication de l’esclavage.

« Nous déplorons plusieurs blessés et beaucoup d’arrestations parmi les militants », a affirmé l’IRA dans un communiqué à l’AFP.

L’ONG dresse une liste de 12 personnes arrêtées et assure que « cette violence, cette répression aveugle n’entamera en rien la détermination » de ses militants.

Biram Ould Dah Ould Abeid et son adjoint Brahim Ould Bilal ainsi que Djiby Sow, président d’une ONG qui lutte pour les droits culturels, ont été condamnés en janvier à deux ans de prison ferme pour « appartenance à une organisation non reconnue et « rébellion ».

Le jugement a été confirmé en appel en août. M. Ould Abeid, qui purgeait sa peine à Aleg (centre) depuis plus d’un an, a été transféré à Nouakchott il y a plus de deux semaines pour des soins à la suite de douleurs à la jambe et au dos, selon son organisation.

M. Sow avait bénéficié en juin d’une mesure de liberté provisoire pour raisons de santé, selon sa famille.

Dans une interview à la chaîne de télévision TV5 diffusée vendredi, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a démenti l’existence de l’esclavage dans son pays, estimant qu’on « peut sillonner tout ce pays sans trouver un humain asservi ».

Il a accusé les associations de droits de l’Homme d’en faire « un fonds de commerce ».

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie mais le phénomène y perdure néanmoins, selon des ONG.

Une nouvelle loi, adoptée en août par le Parlement mauritanien, durcit la répression contre l’esclavage.

Aux termes de la nouvelle loi, qui remplace un texte de 2007, les peines maximales encourues pour pratiques de l’esclavage passent à 20 ans de prison ferme assorties d’amendes, contre cinq à dix ans d’emprisonnement auparavant.

Afp via cridem

Source: Mauriweb

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