Mauritanie : élections casse-tête pour l’opposition

Ely-Daddah

Encore une fois, le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz met l’opposition – toute l’opposition – dos au mur. En cette fin de mandat pour le « président des pauvres » mais aussi pour ses soutiens au parlement et dans les conseils municipaux, ces élections là revêtent une importance capitale.

Elles doivent déterminer le vrai rapport des forces entre les différents protagonistes de la crise qui secoue le pays depuis la présidentielle de juillet 2009. Il ne s’agit plus pour le pouvoir de faire échec à des tentatives de déstabilisation menées par la Coordination de l’opposition démocratique (COD), sous l’emprise du « printemps arabe », mais de défendre des acquis. Le retour aux citoyens, comme arbitres par les urnes et non dans la rue, ne se fait pourtant pas sans accrocs. On peut même dire qu’il est plus difficile aux hommes politiques de convaincre les électeurs potentiels d’aller s’inscrire sur les listes que de manifester son soutien ou son opposition sur la place d’Ibn Abass.

Il reste cependant que le pouvoir semble voir trouvé, encore, la bonne stratégie pour embarrasser l’opposition. L’appel au dialogue, lancé par le Raïs, depuis Néma, lors de la quatrième édition du « liqa’e echab » (rencontre avec le peuple) et les concessions faites à l’opposition dialoguiste ont pour principal effet de mettre la COD dans la position défensive : refuser « l’ouverture » sur le pouvoir, et elle sera accusée par l’opinion publique nationale et internationale de va-t-en-guerre, ou accepter d’aller dans un processus fait sans elle, ce qui est synonyme, aux yeux de bon nombre d’observateurs, d’une nouvelle aventure !

C’est ce qui explique, en réalité, les divergences apparues au sein de la COD – et même de la CP-CAP. Cela ressemble, étrangement, au scénario de l’élection présidentielle de 2009, quand l’opposition, qui avait passé tout son temps à tergiverser, à demander des « accommodements » électoraux du genre « formation d’un gouvernement d’union nationale », a fini par céder sans savoir qu’elle courait à sa perte. Les protestations de l’opposition auprès de la communauté internationale, pour non application de l’Accord de Dakar, et ses tentatives de suivre la voie risquée des « révolutions » arabes, comme l’ont prouvé les scènes de guerre civile en Syrie, en Egypte, au Yémen et en Libye, ne lui ont apporté que désillusions et perte de crédit auprès de citoyens qui, sans être contents de la gestion du pays, se disent que rien ne vaut la stabilité que leur assure le pouvoir actuel.

Maintenant que le « zrig » des élections municipales et législatives est prêt, faut-il le boire ou le bouder ? That is the question.

Sneiba

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