Mauritanie : Fièvre aurifère

or_en_MAUT_O_101Depuis quelques mois, les mauritaniens sont pris de la fièvre de l’or. Une fièvre qui a relégué au second plan toutes les autres préoccupations. En effet un important gisement d’or a été mis à jours dans le nord ouest du pays dans un triangle situé entre les régions de Dakhlet Nouadhibou,l’Adrar et l’Inchiri.

Détecteur d’or à prix…d’or

Depuis que la nouvelle s’est propagée, le million de poètes s’est transformé en millions d’orpailleurs. Ils sont, selon diverses estimations, plus de trente milles mauritaniens et même quelques étrangers à avoir pris d’assaut cette zone pour profiter de cette manne inattendue. 3 a 5 kg d’or par jour, seraient extraits. Le kilo coute environ 13 millions d’um

Munis de leurs détecteurs d’or achetés à prix d’or, les orpailleurs arrivent à dénicher des pépites et certaines grosses paillettes sans trop de peine. En quelques jours les boutiques qui proposent en vente les détecteurs se sont multipliées et quels que soient les quantités et les qualités des machines proposées elles sont en rupture de stock en quelques heures.

Pour ceux qui arrivent à obtenir un détecteur, leur peine ne s’arrête pas là. La région est extrêmement hostile et désertique et il faut s’équiper en conséquence, un véhicule et une logistique importante doivent être disponible et ce n’est qu’après que ces postulants à la richesse rapide prennent la route deNouadhibou en direction du nord.

Arrivé au PK178 ils s’engagent sur une piste en remblai réalisée par une usine de production d’eau minérale qui va les mener à une sorte de campement ville créée de toute pièce au milieu de nulles parts à plus de 130 km de la route deNouadhibou et à laquelle on a donné le nom de Noughta Sakhina ( point chaud). Des centaines de tentes et d’abris sommaires à perte de vue et une véritable activité économique et commerciale.

Des restaurants, des vendeurs d’eau et de gasoil, des petits commerces, une véritable fourmilière qui pendant le jour subit une certaine torpeur du fait de la chaleur torride.

Site de Hmeyim

120 km plus au nord, se trouve le site de Hmeyim décrit comme véritable « poule aux œufs d’or ». Ici les récits les plus rocambolesques circulent. On parle de cueillettes de plusieurs centaines de grammes par jour. Certains interviennent même avec des engins excavatrices et bulldozer pour retourner la terre à la recherche du précieux métal.

En tout état de cause l’entreprise est très lucrative. Tous recueillent de l’or mais la quantité varie selon la chance et aussi l’expertise. Les plus malchanceux arrivent à couvrir tous leur frais au bout de deux semaines de dur labeur. De 11 heures jusqu’à 18 heures les hommes restent à l’ombre d’abris sommaires et dès que la chaleur baisse ils se lancent à l’assaut des ces étendues désertiques pour recueillir le précieux métal.

Une aubaine pour l’Etat

Bien évidemment l’Etat a été pris de court par ce phénomène sur lequel la législation mauritanienne avait fait l’impasse. Et dans la précipitation, des dispositions sont prises pour organiser l’activité. Au passage l’Etat en profite pour arrondir ses fins de mois en puisant dans la poche de ses citoyens.

Une autorisation d’exploitation de quatre mois est instituée et contre paiement d’un montant de 100 000 ouguiyas. Seulement cette autorisation est assujettie à la possession d’un détecteur qui coute plus d’un millions d’ouguiya et pour lequel il faut payer des droits de douanes de 305 000 ouguiyas.

Disposition instituée en toute illégalité car la loi de finance ne l’avait pas prévue. A voir les longues files pour obtenir l’autorisation et payer le détecteur, on sait que d’ores et déjà l’Etat en aura pour quelques milliards d’ouguiya de recettes directes. Bien entendu, la Police des Mines mais aussi la Gendarmerie ont commencé elles aussi à se sucrer indirectement sur le dos des prospecteurs en s’adonnant à une sorte de racket déguisé.

Il n’est pas rare de voir du matériel saisi et rendu contre paiement d’un bakchich. Pourtant jusqu’à présent l’état démissionne devant ses responsabilités « utiles ».Au lieu de réaliser des sondages d’eau ou de disponibiliser des citernes la voie est laissée libres aux spéculateurs qui vendent la barrique d’eau jusqu’à 5000 ouguiya, la même chose pour le gasoil et les autres denrées de première nécessité. Les prix des autres équipements : Téléphone Thuraya et GPS se sont envolés.

Attention a la malédiction de l’or

Jusqu’à quand va durer ce phénomène ? Personne ne sait. Selon des connaisseurs, le Sahara est un vrai Eldorado car «il est constitué en partie d’un craton archéen et c’est dans ces roches vieilles de plus de 2 milliards d’années que se sont formées les pépites d’or.

La forte érosion éolienne que subit le Sahara à contribué à mettre à nue des couches rocheuses riches en or et l’absence de végétation facilite grandement l’utilisation d’un détecteur d’or.» Ce qui se passe actuellement en Mauritanie n’est pas exceptionnel, il s’est passé exactement la même ruée vers l’or au Niger auTchad, en Guinée-conakry, au Mali, au Burkina-faso, et au Soudan.

Jusqu’à récemment ces pays n’étaient exploités que par des orpailleurs traditionnels qui creusent des puits ou des tunnels pour remonter la terre aurifère. Ce qui a changé c’est l’apparition des détecteurs d’or.

Leur arrivé au Soudan, il y a 5 ans, par l’intermédiaire d’un chercheur d’or français, a révolutionné l’exploitation aurifère en Afrique : le fait de pouvoir détecter facilement les pépites d’or à permis la découverte d’une importante quantité d’or. Les découvertes de pépites de plusieurs kilos ne sont pas rares.

Mais pour un chanceux qui détecte une belle pépite, beaucoup ne trouvent pas grand chose, principalement à cause d’escroqueries sur les détecteurs d’or certains magasins français ont vendu des détecteurs de métaux qui n’étaient pas adaptés à la détection de l’or.

Un autre problème est la circulation des détecteurs d’or de contrefaçon en provenance de Chine et transitant par Dubaï mais aussi toutes sortes de bidules que l’on fourgue aux plus naïfs.

En tout état de cause l’engouement pour l’or fait se lancer dans cette aventure des milliers de jeunes dont la plupart ne trouvaient pas à s’occuper. Mais attention aux conflits mal gérés et à la malédiction de l’or qui n’est pas loin de celle des diamants qui a été un facteur essentiel de l’embrasement de pays comme leLiberia la Sierra Leone et la Centre Afrique.

Source: Cridem

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